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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 14:35
Glandes séricigènes d'une araignée "Nephila madagascariensis" -

Glandes séricigènes d'une araignée "Nephila madagascariensis" -

" les glandes en forme d'ampoule (1 et 2 ) fournissent le fil sec le long duquel l'araignée se déplace, soit pour se mouvoir à l'intérieur de la toile, soit pour descendre et remonter. Le fil collant est produit de concert par deux autres types de glandes : la glande à  fil ( 3 ) émet le fil de base, que les glandes à colle ( 4 et 5 ) viennent simultanément  enduire de colle.Les autres glandes fournissent les matériaux suivants : 6 colle pour faire adhérer les fils secs sur leur support ; 7 un flot de fils très fins pour envelopper et enchaîner la proie; 8 fils pour fabriquer le cocon de l'oeuf, 9, 10 et 11 : filière antérieure, centrale et postérieure du côté droit au corps"

Source : "Architecture animale" de Karl Von Frisch. Editions Albin Michel 1975.Dessin de Tupid Hölldobler.

" La soie de l'araignée peut aider les prématurés :

....les médecins suédois Jari Johansson et Anna Rising ont inséré dans des bactéries l'ADN codant pour une partie de la soie des araignées, ainsi que l'ADN codant pour le surfactant , est obtenu un composé testé avec succès sur des lapins prématurés ."
Source : "science et vie" août 2017 - C.H.

     
* Les toiles des artaignées ne sont absolument pas toxiques – au contraire, on les utilisait même il y a très longtemps pour recouvrir les plaies à cause de leurs propriétés fongicide, anti-bactérienne, voire hémostatique.

extrait du Nouveau Dictionnaire de l’Académie françoise dedié au Roy (2e édition), Paris, 1718.

 

LE NEPHILA PLUMIPES
araignée fileuse de soie de la Caroline du Sud. 1864

"Un rapport fait dernièrement à la Société d'histoire naturelle de Boston signale l'existence d'une nouvelle ouvrière, appelée, à ce qu'on croit, à rendre de grands services à l'industrie, et peut-être à suppléer le ver à soie qui agonise dans nos magnaneries.

On ne rencontre, paraît-il, cette araignée, classée sous le nom de "Nephila plumipes", que sur un groupe d'îles qui longent la côte de la Caroline du Sud, et particulièrement vers l'île appelée Long-Island.

C'est une grosse araignée pacifique, qui jusque-là, filait tranquillement pour elle-même, et dont un chirurgien de l'armée fédérale des Etats-Unis, M.WILDER, a entrepris de confisquer les services au profit de l'humanité. Occupé, dans la Caroline du Sud à combattre l'esclavage, il s'est emparé chemin faisant de la liberté de "Nephila plumipes". Il l'a prise, la mise en cage, lui a fourni sa pâture en échange de son travail, et l'a présentée, vivante et bien portante, en double exemplaire, mâle et femelle, à la Société d'histoire naturelle, avec les produits obtenus : de gros cocons de soie d'un jaune brillant.

Un jour que les loisirs de la guerre laissaient au savant en campagne le temps de songer, ses yeux se fixèrent sur une grosse et "très-belle" araignée, la quelle était en train de filer une toile au sommet de sa tente . Il fut extrêmement frappé de la grosseur de cette espèce et de l'aspect particulier qui lui donnait des touffes de poils roides dont ses jambes étaient garnies. Cette passion pour l'utilité qui distingue les savants le porta tout de suite à soumettre à une expérience le sujet de son observation, et, pendant une heure et quart, il pelota sur une bobine la soie que filait l'araignée, et en obtint pendant cet espace de temps 150 pieds de long, ou 6 pieds par minute. (un pied : 30,48 centimètres)

Ceci avait lieu en 1864, M.WILDER s'affirme lui-même qu'il sortira de là quelque chose. Il poursuit ses expériences avec un autre officier et ses amis, et celui-ci, en substituant un cylindre mu par une manivelle à la bobine que M.WILDER roulait dans ses doigts, obtient une plus grande quantité de soie, et jusqu'à 3480 mètres en 4 heures 45 minutes."

 

Le cocon dans lequel la masse des oeufs et enfermée est de soie lâche, et pèse de du 320e au 655e d'un grain (64,79891 milligrammes). Les fils extérieurs qui le composent sont gros et forts, et ceux de l'intérieur une fois plus faibles et plus petits.

Nephila-plumipes-dessin-Freeman-1864.jpg

 

Le "Nephila plumipes", araignée fileuse de soie, mâle et femelle, grandeurs naturelles - 

Source : extraits choisis d'un long article non signé, publié dans la revue "Magasin pittoresque" 1866.

"Nephila plumipes" a été décrite par Latreille en 1804. Ce n'est donc pas une nouveauté comme exposé dans cet article. En 1865, Burt Green WILDER (1841-1925) a rédigé un livre sur cette  araignée : "On the Nephila plumipes or silk spider of south Carolina" aux éditions Kessinger Legacy Reprints.

dessin de FREEMAN.1864.

 

*A l'exemple de la soie d'araignée, des vêtements ultrarésistants avec du mucus de poisson !
Vivant dans les grands fonds marins, la myxine est une sorte d'anguille qui sécrète, pour se défendre, une substance gluante et fibreuse, aussi solide que la soie des araignées. Pourquoi ne pas utiliser ces fibres naturelles pour en faire des vêtements techniques ultrarésistants ? Comme on le fait pour produire de la soie d'araignée artificielle, par exemple, en introduisant les gènes des filaments intermédiaires dans les bactéries pour leur permettre de fabriquer des protéines adéquates. A nous ensuite des les assembler en fibres. (in "science et vie" - nr .1152 - Douglas FUDGE, biologiste à l'université de Guelph - Canada) 

*On avait déjà fait un rapprochement !

" A la fin du Ve siècle, tant elles sont contradictoires, les situations financières et sociales échappent à l'analyste - A part quelques dérogations, le poids des contrôleurs d'un règne à l'autre se fait sans cesse plus lourds ;  depuis l'honorable importateur d'Alexandrie qui distribue à travers l'Empire diamants, étoffes brodées et soie arachnéennes...

In "Les fortunes d'Apollon" de Maurice RHEIMS - le Seuil 1990. 

Les insectes de la Belle Époque 

LA SOIE PARISIENNE (1909) - extrait -

Il est probablement très peu de parisiens à se douter que leur ville pourrait devenir un centre de sériciculture n'ayant pas grand-chose à envier à nos départements du Sud-Est les mieux achalandés à cet égard.

Il est vrai qu'on n'y cultive pas le mûrier, mais, en revanche, le vernis du Japon (Ailantus glandulosa) y pullule. Et cela suffit.

La soie, en effet, n'est pas, exclusivement, le produit du Bombyx du mûrier. Sans parler des araignées, mises à contribution à Madagascar, il ne manque pas d'autres vers parfaitement capables de fournir de la soie, moins belle assurément que l'autre, mais ayant cependant sa valeur exploitable. C'est le cas, par exemple, de la chenille d'un papillon originaire de l'Orient, l'Attacus cynthia, qui vit sur le vernis du Japon, et donne des cocons contenant chacun 500 ou 600 mètres d'une soie ténue, mais solide - et élastique.

Pourquoi n'entreprendrait-on pas, à Paris même et dans sa banlieue, pour ne pas dire dans toute la France, où le vernis du Japon pousse merveilleusement partout, même dans les terrains impropres à toute culture, pourquoi n'entreprendrait-on pas l'élevage de cette chenille séricigène, dont la soie, sans avoir la prétention de faire concurrence aux belles " sortes " dauphinoises ou chinoises, n'en pourrait pas moins servir pour une foule d'emplois inférieurs et, en particulier, à la fabrication des articles à bon marché

Quelques tentatives ont été déjà faites, autrefois, et, il convient de le dire, sans aucun succès. Mais quelle est l'entreprise industrielle qui réussit d'emblée ? Si celle-ci a malheureusement avorté, ce n'est pas seulement parce que ses initiateurs s'y étaient mal pris, parce que les capitaux - ou la patience - leur ont fait défaut. C'est surtout parce que la guerre de 1870 est survenue sur ces entrefaites, et que tout a disparu dans la tourmente.

Revue de l'OPIE-insectes- INRA

 

Les origines de la soie du bombyx , faut un peu en parler aussi ! 
 

 "Le mûrier, comme le ver à soie, est originaire de la Chine.II fut apporté en Europe par deux moines grecs qui importèrent le bombyx du mûrier. Les premiers vers à soie furent élevés à Constantinople par la main de l'impératrice et des dames de la cour. Cette éducation devint bientôt à la mode et fut tentée par beaucoup de personnes. La culture du mûrier se répandit rapidement dans  le Péloponèse, et fit donner à cette partie de la Grèce son nom moderne de Morée. De là, les mûriers et les vers à soie passèrent en Sicile par les soins du roi Roger, et prirent dans la Calabre une extension rapide. Quelques gentilshommes qui avaient accompagné Charles VIII en Italie, pendant la guerre de 1494, ayant connu tous les avantages de ce pays retirait de cette branche de l'agriculture, voulurent en doter leur patrie et firent apporter de Naples des mûriers, qu'on planta dans la Provence et dans le Dauphiné. Il y a une trentaine d'années, on voyait encore à Montélimart le premier de ces arbres plantés en France ; il y furent apporté par Guy-Pope de Saint-Auban, seigneur d'Allan. Aujourd'hui les mûriers couvrent une grande partie du midi de la France et se cultivent avec avantage dans les provinces septentrionales.

In "esquisses entomologiques ou histoire naturelle" -des insectes les plus remarquables - par M. l'abbé Bourassé, professeur de zoologie au séminaire de Tours, membre de la société entomologique de France - éditions Mane et compagnie, imprimeurs libraires - 1844
 
Un escargot à dents.
Les "chapeaux chinois" fabriquent une fibre encore plus résistante que le fil des toiles d'araignée, qui passe pourtant pour détenir le record de tous les matériaux biologiques en la matière. Des ingénieurs de l'université de Portsmouth ont découvert que les dents de ces escargots marins renferment des  nanofibres minérales pouvant résister à une contrainte de 3 à 6,5  gigapascals, contre 1,1 pour le fil d'araignée. C'est plus que le kevlar, qui sert à faire des gilets pare-balles (journal of the Royal Society interface) - in "le point" février 2015.
NDLR: OK, mais pour l'araignée il s'agit d'un fil d'une fibre extensible  tandis que là il s'agit d'un matériau compact.du squelette.
 
La soie de l'araignée peut aider les prématurés :
Pour le bon fonctionnement des bébés prématurés, les médecins leur donnent des composés naturels, les surfactants, extraits de poumons de porcs ou de boeufs. Mais l'extraction est longue et non dénuée de risques sanitaires. C'est pourquoi les médecins suédois Jan Johansson et Anna Rising ont inséré dans des bactéries l'ADN codant pour une partie de la soie des araignées, ainsi que l'ADN codant pour le surfactant , et obtenu un composé testé avec succès sur des lapins prématurés. C.M
 
revue "science et vie" août 2017.
 

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Publié par BERNARD - dans Arachnides
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