Partager l'article ! MANTES RELIGIEUSES - 2 - Oothèque, l'amante dépravée !: Le cannibalisme de la mante. des moeurs qui surprennent les ...
Le cannibalisme de la mante. des moeurs qui surprennent les hommes !
Voici ce que Wolfgang von BUDDENBROCK écrit à ce sujet : " L'instinct meurtrier des femelles est en corrélation avec le fait que, par suite de la rapide production des oeufs, les femelles ont
un très grand besoin de protéines...En ce qui concerne les mâles nous trouvons là une confirmation de l'antique loi qui veut que la nature n'a souci que de l'espèce, mais non pas de
l'individu. Quand le mâle a déposé sa réserve de semence à l'endroit qui convient, il a accompli son devoir pour l'espèce. " ( cité par P.RIETSCHEL in "le monde animal", voir bibliographie )
Et une explication humoristique mais scientifique !
"Chère docteur Tatiana, (1)
Je suis une mante religieuse et j'ai constaté que je prenais d'avantage de plaisir quand je commençais par croquer la tête de mes amants. En effet, quand je les décapite, ils entrent dans des
spasmes prodigieux.Ils se montrent alors moins inhibés, plus pressants, et c'est fabuleux..."
Réponse :
" Monsieur Mante joue vraiment de malheur. Tant qu'il a toute sa tête,son cerveau adresse des messages à son appareil génital pour lui recommander la sagesse. Cela bloque sa libido, tant
qu'il ne se trouve pas en position de coït. Mais une fois sa tête avalée par la femelle ces messages d'inhibition cessent d'être émis - et le mâle redevient affamé de sexe. Du coup, il est
encore en mesure de copuler, alors même qu'il ne reste plus grand chose de lui. Cela démontre clairement qu'il s'est spectaculairement adapté au cannibalisme femelle. Du fait, ce reflexe -
"perds la tête s'il le faut, mais baise ! " - est assez répandu chez les insectes mâles."
( 1 - Olivia JUDSON - in "manuel universel d'éducation sexuelle à l'usage de toutes les espèces"- Seuil - "science ouverte". 2004 pour la traduction française )
|
|
Suite gourmande : : Sur un calyoptéris en septembre, quelques hyménoptères au déjeuner ! |
|
LE REPAS DE LA MANTE RELIGIEUSE (premières photos de la page 1 ) Au mois d’octobre, l’automne a parfois des poussées de fièvre printanière. Quelques hirondelles montrent encore leur ventre blanc au soleil qui faiblit. Il y a encore quelques papillons qui voltigent ça et là, ainsi que de nombreux criquets, ce qui montre que l’automne est encore chaud. C’est l ‘époque où je rencontre la mante religieuse dans les friches. Les mantes, dîtes «religieuses» parce qu’elles prient faussement au soleil. On pourrait aussi dire qu’elles sont en position de karatéka ! Je les comparerais plus volontiers à des moines gourmands ! Il y a trois espèces de mantes assez courantes ici dans les herbes ; «l’empuse appauvrie» aux pattes foliacées, la mante religieuse verte ou brune (plus rare) et la «mante décolorée» qui se confond bien avec les couleurs de l’automne. J’ai rencontré la mante religieuse à l’affût sur un genêt bas et je l’ai vue capturer un «criquet rubané» (Oedipoda germanica). Dés qu’elle aperçoit sa proie, à une distance d’environ 20 centimètres, la mante prépare son attaque et se tient parfaitement immobile comme un chien de chasse à l’arrêt devant le gibier. Elle a quelques gestes raides pour s’approcher au mieux et, une fois sûre de son affaire, elle lance ses deux longues tenailles qui capturent le criquet sans problème (1). Le pauvre n’est pas de taille, une fois saisi par les pattes ravisseuses ! La mante est avide. Elle ne mange pas sa proie morte mais vivante. Elle plonge littéralement son museau dans les entrailles chaudes du criquet qui se débat de toutes ses forces pour se libérer de cette tête qui le dévore vivant ! Mais il ne peut rien contre les deux bras puissants en dents de scie qui le maintiennent. Il ne peut que souffrir, horriblement, sans se plaindre, et son agonie doit être un avant-goût des enfers (2). La mante, elle, continue a aspirer la substance du criquet, ne se souciant même pas de ma baguette qui la touche et la pousse pour essayer de lui faire lâcher prise… Elle se contente seulement de relever la tête, sans desserrer son étreinte. Chez la mante, la faim est la plus forte et elle prend le pas sur la peur car, habituellement, lorsqu’une mante religieuse est taquinée de prés, elle tourne sa tête triangulaire vers moi et prend une pause spectrale tout en me gratifiant d’un «fffttt…», car la mante souffle, c’est un moyen d’intimidation. J’ai même été le témoin, un jour, d’une mante religieuse qui avait été longuement agacée, sauter à maintes reprises sur les jambes de la personne qui l’importunait ! Véridique. Je me suis souvent imaginé un scénario d’épouvante dans lequel les mantes religieuses seraient à notre échelle, des mantes de deux mètres… brrr… (3) Petit à petit, le criquet laisse son corps déchiré à la mante. A moitié dévoré il n’est pas encore mort, la mante continue son repas… La mante a vidé le criquet de toute sa substance, ne laissant subsister que les élytres et la chitine que l’on dirait desséchés par le soleil. Elle a les mandibules et la tête luisantes de la substance du criquet et, à tout instant, j’imagine qu’elle va s’essuyer d’un revers de patte ! Son ventre, vert et gonflé traîne sur l’herbe. Rassasiée pour un moment, elle va attendre au soleil sa prochaine victime, le temps d’une digestion, à moins que, entre temps, un lézard vert l’ait aperçue… La Nature ne fait pas de sentiment. Pierre-jean BERNARD, octobre,Lubéron (04) 1- A la vitesse relative de 150 kilomètres à l’heure ! 2- Veuillez excuser ce langage anthropomorphique ! 3 - Il y aurait là matière à philosopher sur les critères de beauté. Les insectes sont, parmi les êtres vivants les seuls qui, à notre échelle des dimensions, ne répondraient pas à nos critères de la beauté et de l’esthétique. Les arachnides aussi. Qui semble sympathique petit, ne l’est plus grand. Les insectes ont une morphologie hors du commun : ils possèdent le squelette autour du corps pour préserver les organes vitaux ; alors que nous, nous possédons le corps autour du squelette ! |
|
Mante, Oothèque
Oothèque de Mante religieuse fixée à un plant de centranthe (photo 1). C’est une capsule ovigère ovale. Les petites mantes naîtront l’année suivante au printemps. (septembre, haie) En Provence, on appelle l’oothèque de la Mante «tigno». Elle était réputée préserver de divers maux, le mal aux dents par exemple, et les paysans en gardaient une sur eux !
L'oothèque de la mante était considéré aussi comme un remède contre les angelures et les maux de dents si on le recueillait à la bonne lune ; Sébillot signale que dans le
Mentonnais il passe pour guérir les dartres.
Oothèque veut dire boite à oeufs.
C’est une merveilleuse protection contre les prédateurs et les intempéries. «L’oothèque de Mantis religiosa (Mante religieuse) comporte une chambre centrale divisée par des cloisons transverses et renfermant les oeufs. Cette chambre est entourée d’une masse d’écume solidifiée (photo), battue en neige, constituée par des cellules aériennes formant un ensemble très mauvais conducteur de la chaleur ; de plus les parois des cellules empêchent les mouvements de l’air et par suite la convection de la chaleur ; leur complication arrête également, tant le chemin est long, toute transmission de chaleur pour conductibilité. Cette enveloppe spumeuse présente donc un isolant thermique qui protège contre la dessiccation et contre le froid les oeufs déposés dans la chambre centrale, tout comme le ferait une éponge de caoutchouc mousse. L’analogie du résultat entre la thermos et l’oothèque de mante est frappante.» Andrée TETRY (voir bibliographie). Les oothèques de mantes sont parasitées par «Podagrion splendens» et «Mantibaria manticida» (Riela manticida) des hyménoptères.
L'adulte ailé du parasite de la mante religieuse européenne s'attache
au corps de la mante femelle, se trainant jusqu'à la base des ailes. Dés que la mante s'arrête pour pondre, le parasite court vers l'extrémité postérieure du corps de son hôte, et quand les oeufs de celui-ci sont pondus, il y ajoute ses propres oeufs ( d'aprés L.CHOPARD ) |
|
Mantis attitudes.
" Seule parmi les insectes, la mante religieuse dirige son regard ; elle inspecte, elle examine ; elle a presque une physionomie " ( J-H.fabre) |
|
|
|
|
Et gros bisous !
|
|
Diverses attitudes d'affût
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Religieusement en prière : «Envoyez-moi un bel hyménoptère...»
|
|
|
|
|
C'est presque toujours la nuque de la proie qui est attaquée en premier avec une telle précision qu'il semble que la mante en connaît l'anatomie et les capitales fonctions.
|
|
Cachée au milieu des ombelles d'un sédum spectabile, une mante verte vient de capturer un bourdon des jardins. Septembre.
C'est presque toujours la nuque de la proie qui est attaquée en premier avec une telle précision qu'il semble que la mante en connaît l'anatomie et les capitales fonctions. |
|
|
|
La mante religieuse brune déguste son mâle après l'accouplement. Un acte qui nous dépasse ! On définirait aisément les moeurs des mantides comme un mythe en acte : le thème de la femelle démoniaque dévorant l'homme qu'elle a séduit par ses caresses ( CAILLOIS) 16.10.2008 - Hyères (83). Photo : Ramon Bruneliere.© L'acte parfois "contre nature", selon notre morale, qui consiste à dévorer et à digérer l'Autre, s'inscrit dans cette lignée des prodiges du Vivant, en particulier chez l'insecte qui peut y puiser sa vitalité et quelques uns de ses traits les plus originaux ( P.DOUZOU ) Il (l'insecte) faut qu'il soit ardent, cruel, aveugle, d'un appétit implacable. Loin de lui la sobriété, la modération, la pitié ! Toutes ces vertus de l'homme et des êtres supérieurs seraient des non-sens qu'on ne peut même imaginer. ( Jules MICHELET , "l'insecte" ) L'approche du mâle vers la femelle consiste à rendre ses mouvements invisibles par celle-ci tant qu'il n'a pas réussi à sauter sur son dos ; toute erreur d'approche ou de position sur la femelle lui est fatale.
|
|
|
La mante religieuse et Roger CAILLOIS : "... Il arrivera même que Roger Caillois parle de « biologie comparée » pour évoquer les mœurs de la mante religieuse et les croyances humaines - qui relèvent de l’imaginaire - concernant cet insecte . Globalement, il croit en une sympathie entre l’univers spirituel et le monde . Mais c’est véritablement avec la mante religieuse que l’idéogramme lyrique révèle sa dimension universelle. Caillois raconte ainsi qu’enfant il faisait collection d’insectes, et que, vivant en Champagne, il n’avait pu en observer un spécimen. Ce n’est que des années plus tard, à Royan, qu’il put capturer « avec émotion » une « très belle mantis religiosa ». Là encore, c’est en parlant de cet insecte avec Breton qu’il devint conscient de sa dimension « objectivement émouvante et évocatrice » : ainsi, l’auteur des Champs magnétiques avait également ressenti pendant longtemps un attrait pour la mante, projetant, en 1924, de créer une maison d’édition « avec comme marque distinctive à reproduire sur tous les ouvrages un dessin qu’il avait fait spécialement exécuter par Max Ernst, représentant une mante religieuse dans l’attitude spectrale » . Caillois note au sujet de Breton : « Cet insecte l’intéresse tellement qu’il en a dans un des tiroirs de son bureau un spécimen « séché » ; il avait d’abord dit « momifié », lapsus qui n’est pas sans confirmer l’identification latente dont j’ai signalé l’extrême probabilité en remarquant l’allure extraordinairement anthropomorphe de la mante » . Celle-ci peut être qualifiée de « foyer naturel de surdéterminations », ne serait-ce que par son nom (la prophétesse) et par l’ajout de l’adjectif « religieuse », lequel est inspiré par l’observation de son attitude prosternée. Et surtout, ses mœurs (on sait qu’elle dévore le mâle pendant l’accouplement) la relie à un ensemble de phantasmes humains et de peurs ancestrales que Caillois analyse dans une étude remarquable associant anthropologie, ethnologie et entomologie, où il est autant question des mœurs de l’insecte sur la plupart des continents du monde que de la représentation ou de l’interprétation de celles-ci à travers les activités sociales des hommes." Laurent MARGANTIN. NDLR : Roger CAILLOIS ( 1913 - 1978 ), écrivain sociologue, critique littéraire français. ![]() La mante cachée dans l'ombre de l'ombelle de "Fatsia japonica" attend une proie - octobre - |
| Juin 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | ||||||||
| 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | ||||
| 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | ||||
| 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | ||||
| 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | |||||
|
||||||||||