TOUS LES MIMETISMES. ou l'art de la tromperie et dissuasion

TOUS LES MIMETISMES

Les differentes formes du mimétisme
MIMETISME ( du mot grec «phasma» - prodige - ) : terme d'histoire naturelle. Faculté qu'ont certains animaux de prendre une apparence conforme aux objets qui les entourent ( E.LITTRE ).

  • Le mimétisme correspond à un système d'interactions entre trois acteurs : le modèle, émetteur de stimulus ; le mime qui plagie le modèle ; le dupe, ennemi ou victime du mime réceptif au stimulus émis par le modèle ; il est trompé, dupé par le mime, parceque celui-ci est la source de stimulus semblables à ceux qu'émet le modèle ( Georges PASTEUR,1995, in "Pour la science")

    Dans ma page, par extansion, à comprendre dans le sens de moyens de dissimulation, de défense et d'attaque, c'est-à-dire comme moyens de camouflage, leurre, dissuasion,etc.

 

Toutes les photoss ci-dessous se retrouvent accompagnées de textes sur le site.
Voici quelques exemples de mimétismes avant de lire la suite...

 
Mimétisme défensif procryptique : couleur identhique au support. Le plus simple.
La coloration pseudo-aposématique (batésien) : un insecte inoffensif prend la forme d'un insecte dangereux. Ici le Chenophore jaune et son faux dard.
 
La coloration disruptive de Cott : l'intensité des couleurs éblouie le prédateur. Ecaille chinée.
Coloration-leurre : le grand-apon-de-nuit ouvre brutalement ses ailes et montre ses "yeux" qui surprennent le prédateur.
 
Une autre astuce : faire le mort : thanatosis. Chenille de Lysiocampa.
Autre exemple du mimétisme disruptif de Cott d'un papillon migrateur : la petite tortue.
 
Mimétisme homochromique, homotypique et immobilité totale : Saga pedo.
La coloration aposématique du zygène : attention les oiseaux, je suis empoisonné, acide cyanhydrique !
 
eristale-opiniatre-3-site.JPG
 


Une forme du mimétisme batésien : l'eristale ressemble à l'abeille et copie ses mouvements en visitant les fleurs. Les oiseaux croient y voir un repas piquant et l'évite !
   
                     
 
 
     
   
 
     
 
 
 
  Les explications détaillées des mimétismes    
 
     
 
   
 

Quand la nature en fait trop !
Mimétisme hypertélien
Hypertélie : désigne dans le mimétisme un insecte qui reproduit
son environnement au-delà du but utile. Le papillon "feuille morte du chêne" par exemple.
Homochromie, plus homotypie, plus homomorphie !

 

"J'ai en ce moment un spécimen de papillon particulièrement bruyant : un sphinx tête de mort. Il conique comme une souris et le son me paraît vocal.On dit du papillon kalima, lequel ressemble à une feuille morte, qu'il imite la feuille morte.Mais le sphinx tête de mort imite-t-il les ossements ?"
Charles FORT, in "le matin des magiciens" - Louis PAUWELS/Jacques BERGIER.1960.

 
L' Opilion des murailles (Opilio parietinus) emploie l'autotomie
pour se débarasser d'un agresseur.

 

  • LA COLORATION DEFENSIVE ( homochromie ) : la plus simple. La sauterelle verte qui se dissimule dans l'herbe en est un exemple.

    L'homochromie ne se manifeste pas si les yeux de l'insecte sont vernis ou garnis d'un cache ( SOUCHON)
    Homochromie évolutive, périodique ou facultative, action purement automatique commandée par la vision rétinienne la plupart du temps ( Pouchel, Poulton, Cope )
  • Schématiquement, les changements de couleur proviennent de la dispersion ou agrégation des granules de pigment des cellules pigmentaires (chromatophores ) sous l'influence d'hormones libérées en fonction de stimulus variés. ( Georges PASTEUR )
  •  
  • LA COLORATION DEFENSIVE SPECIALE ( homochromie , homotypie et homomorphisme ) : l'insecte emploi la couleur plus la forme de son support avec une immobilité complète. Le Phasme de Rossi, Saga pedo et la Feuille-morte du chêne.
  •  
  • LA COLORATION OFFENSIVE : dans ce cas, c'est le prédateur qui se camoufle pour mieux intercepter sa proie. La Mante décolorée et la Mante religieuse dans les herbes.
  •  
  • LA COLORATION OFFENSIVE SPECIALE : Elle allie la couleur et la forme, voire reproduit des motifs comme «l'araignée-crabe» cachée au milieu des pétales du sainfoin ( photo). Ou l'Araignée-crabe dissimulée dans les pétales du tournesol. L'araignée a posé son abdomen jaune sur un pétale tandis que sa tête et ses pattes repliées, noires, sont sensées représenter une graine !
  • LA COLORATION APOSEMATIQUE : les papillons Zygènes signalent aux oiseaux qu'ils sont incommestibles. Leur message se compose de couleurs bien voyantes, chatoyantes, inscrites sur leurs ailes qui veulent dire «attention, danger». Si l'oiseau ne se souvient pas de l'information, il risque d'avoir une digestion difficile car la chair de ces charmants petits papillons contient de l'acide cyanhydrique, l'un des poisons les plus redoutables que l'on connaisse ! Il est assimilé au venin du cobra...

    La répugnance d'un prédateur pour une proie ( mimétisme aposématique) s'explique par la transmission de la mémoire, transmission du caractère acquis : l'oiseau apprend à éviter les insectes (papillons, coccinelle,etc) aux couleurs criardes = poison.

    «Les points noirs sur leur dos absorbent l'énergie solaire et leur couleur effraie les éventuels prédateurs qui associent, pour la plupart, les couleurs vives au poison. Les coccinelles produisent aussi une substance chimique qui a un goût et une odeur horribles; de sorte que les prédateurs les laissent tranquilles» (Daniel TAMMET).
  •  
  • LA COULEUR SYNAPOSEMATIQUE OU Mimétisme müllerien ( Fritz MÜLLER ) isotypique : la coloration en commum «incommestible» de plusieurs insectes d'espèces différentes. Les longs poils urticants de plusieurs espèces de chenilles, par exemple.

    Anecdote : Fritz MÜLLER, dans la jungle brésilienne, gardait sur lui un papillon «Papilio grayi» pour en respirer de temps en temps le parfum !
  • LA COLORATION PSEUDO-APOSEMATIQUE ou mimétisme batésien * , nommé aussi mimétisme MERTESIEN ( de Mertens, herpétologiste allemand ) :
    Dans ce cas, un insecte inoffensif prend la forme d'un insecte dangereux, comme le Cténophore jaune ( photo ). La chenille «Stauropus fagi» ou Chenille écureuil qui ressemble à une mante religieuse en position d'affût sur son perchoir. Celui qui la baptisé «écureuil» ne devait pas être un bon observateur !
    Inversement, dans le mimétisme PEEKANIEN, un prédateur simule un insecte inoffensif pour ses proies.

    * Henry Walter BATES, «Contribution à l'étude de la faune d'insectes de la vallée de l' Amazone», 1863.
  • En réalité, les dispositifs de protection des insectes sont excessivement complexes et, bien qu'il soit utile de parler de mimétisme batésien et de mimétisme müllerien, il y a toutes les transitions entre ces deux types de processus (J.V.HIGGLESWORTH , voir bibliographie)
  • La peur du serpent ?
    Lorsqu'on dérange la chenille du «Grand sphinx de la vigne» ( Deilephila elpenor ) elle rentre sa tête dans le thorax et gonfle ses premiers segments abdominaux qui mettent en relief leurs grandes ocelles. Ce comportement lui donne l'aspect d'un petit serpent et il peut provoquer la fuite de certains petits prédateurs...

    Si l'homme peut y voir un reptile ( c'est d'ailleurs évident ), est-ce qu'on peut vraiment supposer que la chenille prend cette aspect pour éloigner un prédateur ? Des reptiles aux lépidoptères il y a un sacré fossé que notre chenille aurait franchi, même si tous les deux rampent au sol ! Il faudrait donc admettre «une réalité transcendante» ( Briggs et Peat ) qui régit ce mimétisme pseudo-aposématique ...
    Il pourrait aussi s'agir d'une coincidence...
  •  
  • LA COLORATION DISRUPTIVE DE COTT ( Augh B.Cott - «adoptive coloration in animals»,1940.) : ici l'intensité des couleurs éblouit le prédateur, comme les couleurs de «l'écaille chinée» (photo). Lorsqu'il se sait démasquer, le papillon ouvre brutalement ses ailes antérieures et laisse apparaître les couleurs vives. Le prédateur, surpris, marque un temps d'arrêt ce qui permet, parfois, à notre papillon de s'envoler. A l'inverse, le papillon «Silène» lorsqu'il se sent en danger, se pose vite sur un tronc d'arbre où il disparaît totalement par homochromie. Une fois, j'en ai vu un se poser sur le tronc d'un tilleul puis j'ai demandé à quelqu'un de me désigner le papillon sans s'approcher... introuvable ! ( lire plus bas «le dégradé» )
  • LA COLORATION LEURRE : le papillon possède des ocelles qui ressemblent à des yeux , «tiens, mon oeil !». Le prédateur, un oiseau en général, attaque les ocelles situées en bordure des ailes et ne détruit aucune partie vitale. Combien de fois voyons-nous ces papillons ( Papilio machaon, Flambé ) aux ailes mutilées ! Mais ces sacrés prédateurs n'ont pas encore appris à frapper quelques centimètres plus haut...
  •  
  • LA COLORATION LEURRE DISSUASIVE : il y a des papillons qui possède sur les ailes postérieures des ocelles en forme d'yeux dissuasifs. Attaqués, ils ouvrent brusquement les ailes antérieures montrant au prédateur les yeux des ailes postérieures. Le prédateur, surpris, marque un temps d'arrêt qui permet au papillon de s'enfuir.

    Ce que fait , par exemple, le «Paon du jour» (Inachis io).
  • MIMETISME EN «FAIRE LE MORT» : l'animal, comme ici sur la photo une chenille de Lysiocampa trifoli, se laisse tomber au sol et «fait le mort», totalement immobile pendant un long moment. «Faire le mort» est une expression que n'aurait pas apprécié Jean-Henri FABRE, pour qui la notion de mort n'existe pas pour les animaux en général.Dans le cas de cette chenille, son attitude serait un reflexe d'hypnose par la frayeur ; a moins qu'elle ait conscience de la mort par instinct : un reflexe instinctif de mort provoquant la position immobile...

    Thanatosis : comportement reflexe de certains insectes pour simuler la mort.

    "Ces deux phénomènes, tétanose musculaire et atténuation des reflexes, sont également caractéristiques de la catalepsie. Nous pouvons donc regarder la simulation comme un état cataleptique. C'était le sentiment de FABRE, qui a été suivi sur ce point par HOLMES, par BOHN, et tout récemment par RABAUD....

    ...la prétendue simulation est un phénomène de sensibilité differentielle» ( E-L.BOUVIER, «La vie psychique des insectes», voir bibliographie 2 )

    «J'ai recuilli des faits précis qui montrent que l'immobilité ne trompe guère les prédateurs» ( RABAUD ).
  • MIMETISME VIBRATOIRE : c'est un mimétisme insolite !
    Charles DARWIN écrivait en parlant d'une araignée Epeire rencontrée en Amérique du sud dans «L'origine des espèces» : «... et si on la dérange encore, elle se livre à une curieuse manoeuvre : placée au centre de la toile, qui est attachée à des branches élastiques, elle l'agite violemment jusqu'à ce qu'elle acquiere un mouvement vibratoire si rapide, que le corps de l'araignée devient indistinct». Puis, Lucien BERLAND mentionnait également ce fait au sujet d'une araignée «Pholous phalangicides».


J'ai aussi observé ce manège à plusieurs reprises sur des araignées Epeires fasciées. Lorsque dans la colline je vis ces araignées se balancer sur leur toile à toute vitesse à mon approche, je ne compris pas tout de suite , jusqu'au jour où je lus les observations de DARWIN et BERLAND. Tous les deux supposaient que les araignées imprimaient un mouvement vibratoire à leur toile afin de se dissimuler au regard quand elles étaient inquiétées. Elles font vibrer leur toile, tissée en général pas loin du sol, uniquement lorsqu'on approche, donc qu'elles sentent des vibrations. Elles ne font pas vibrer la toile si elle est construite en hauteur dans les buissons....

Mais question troublante : comment l'araignée sait-elle que sa toile devient invisible en vibrant ?

AUTOTOMIE : C'est un moyen de défense qui consiste pour l'insecte à s'amputer d'une patte pour se libérer lorsqu'il est saisi. Le cas le plus connu et le plus courant est celui du lézard chez les reptiles qui s'ampute de sa queue lorsqu'on l'attrape. La sauterelle qui s'ampute d'une patte, chez les insectes ; ainsi que l' Opilion des murailles de la photo . ( Phalangidae ).

LA CONTRE-TONALITE DE THAYER Abbott ( avant la malheureuse histoire du flamand rose ! ) :
Le principe de la contre-tonalité consiste en ce que les couleurs d'un animal sont distribuées selon une gradation, de façon à contrer les effets de l'ombre et de la lumière. Sur le support, l'animal s'évanouit complètement, en deux dimensions, sans relief. «Le mimétisme fait qu'un animal paraît être autre chose que ce qu'il est, tandis que, dans le cadre de la contre-tonalité, il semble ne plus exister du tout» ( Thayer ).
J'ai souvent observé la contre-tonalité avec le papillon «Silène» ( Brintesia circe ) aux ailes blanches et noires. Il se posait sur le tronc d'un arbre et disparaissait complètement, même en l'ayant vu se poser !

Nota : THAYER, qui découvrit la contre-tonalité fut ensuite discrédité fort justement car il avança que les flamands roses étaient roses pour se confondre avec....le soleil couchant !!

LE DEGRADE
La contre-tonalité correspond aussi , je pense, au orincipe du dégradé, observé et décrit par Niko TINBERGEN. Il a surtout observé le dégradé chez les larves de Sphingides et de Lépidoptères. ( Carnets d'un naturaliste ). L'insecte, par un jeu de lumière, n'est visible qu' en deux dimensions sur son support et il est également fractionné en petites unités par ce qu'on pourrait appeler une «brisure de relief». Grâce à ces deux expédients, il se fond magnifiquement dans le décor. Même les larves adultes, grosses comme le petit doigt, sont souvent très difficiles à repérer ( études de TINBERGEN, RUITER et SÜFFERT ).

LE MELANISME INDUSTRIEL
Le «Mélanisme indutriel» dû à la pollution. La «Phalène du bouleau» a noirci dans les zones industrielles et a développé une pigmentation mélanique. Elle redevient normale si la pollution cesse. ( Joyce POPE, voir bibliographie ).

L' OLFACTO MIMETISME :
Le papillon «Galleria melonella» ( Fausse-teigne ) s'introduisant dans les ruches, dégage une odeur qui trompe les abeilles alors qu'elles pourraient très bien le tuer quand il entre. Seules les larves de ce papillon sont attaquées. ( M. MATHIS )
NDLR : il n'est pas précisé quelle odeur.

MIMESTISME OLFACTIF ET PARASITISME INEDIT ( lire aussi «duperie», bas de page ) :
A peine sorties de leurs oeufs les larves de «Meloe franciscanus» s'agglutinent pour dégager une substance imitant les phéromones d'une abeille solitaire femelle. Berné, le mâle s'approche et les laisse s'agripper à lui, direction...un nid d'abeilles dont elles dévoreront les réserves et même les oeufs. C'est le seul insecte à coopérer pour créer un signal mimétique agressif. C'est l'entomologiste Leslie SAUL-GERSHENZ qui a mis à jour le perfide manège : «C'est cette coopération qui permet aux larves de produire une odeur suffisamment forte pour attirer l'abeille mâle. Car, à elle seule, une larve ne peut pas produire un signal détectable par l'abeille ; il leur faut donc coopérer pour parvenir à leur fin.»
Source : revue «Science et Vie» , nr.1072, janvier 2007.


 
 


Cette chenille arpenteuse «Géométridé» fixée droite sur son support est en état d'alerte.Elle prend la forme d'une tige de bois et demeure totalement immobile pendant un certain temps. Ni vu, ni connu !

Quand on dérange cette chenille, elle prend très rapidement cette position ( photo ), ce qui prouve bien qu'elle agit ainsi pour passer inaperçue.

C'est, à mon avis, un des exemples qui confirment la théorie du mimétisme pour certain cas. Ici mimétisme homochromique, homotypique et homomorphique passif.


 
Question:
Pourquoi les piérides, elles, sont-elles d'un beau blanc lumineux très voyant ?

Les ailes blanches des pierides sont
dues à des substances isolées,
les Ptérines (Leucoptérine) accompagnées d'acide urique, de Xanthine,etc. (WIGGLESWORTH)
Pieride-21.10.JPG 

 
Sur cette palette de couleurs de la Nature, voyez-vous la punaise ?


 
La coloration aposematique de l' Ecaille martre (Arctia caja)

 

ILS ONT DIT....LE POUR ET LE CONTRE

 
  • «... le mimétisme est, à mes yeux, une puérilité. Si je ne tenais à rester poli, je dirais : c'est une niaiserie ; et l'expression traduirait mieux ma pensée.». «Le mimétisme est une illusion que nous ferons bien de rejeter dans l'oubli».
    In «Souvenirs entomologiques», Jean-Henri FABRE.
  • «Mais tout cela ( NDLR : l'utilité protectrice du camouflage), quoique fort séduisant, paraît bien n'être qu'anthropomorphisme romancé. A côté de quelques cas de structures où l'intelligence humaine a beau jeu de trouver une explication plausible, combien l'Insecte en offre-t-il qui la laissent déconcertée !» Jean ROSTAND, voir bibliographie.
  • «Le mimétisme, corollaire de l'instinct de conservation, plonge des racines profondes dans l'instinct même de la Vie. Il en est inséparable.» In «mimétisme et instinct de défense», Marcel ROLAND.
  • «La croissance et le développement de n'importe quel système vivant semble être gouverné par quelqu'un qui serait installé sur l'organisme et en dirigerait tout le programme.»
  • «L'apparition de formes nouvelles pourrait aussi résulter d'une sorte de principe créateur encore inconnu, mais inhérent à la vie ou à l'Univers. Ou bien il pourrait exister un agent conscient ou une réalité transcendante supervisant la totalité de l'Univers, qui créé de nouvelles formes ?» In «L'Univers miroir» de J.BRIGGS et D.PEAT.
  • «Mais cette querelle ( sur le mimétisme ) est aujourd'hui historique et le problème presque classé. Certains critiques soutiennent encore bravement mais obstinément leur point de vue dans une bataille maintenant sans espoir. Dans un grand nombre de cas, l'hypothèse du camouflage a été soumise à des expériences qui en ont révélé le bien-fondé.» In «Carnets d'un naturaliste», Niko TINBERGEN.
  • «Il semble donc qu'on puisse assurer que si homochromie, homotypie et mimétisme sont des faits indiscutables, à notre oeil tout au moins, leur valeur en tant que moyen de protection est extrêmement faible, sinon nulle.» In «La vie des sauterelles», L. CHOPARD.
  • «Les biologistes s'en doutaient, mais la preuve est maintenant faites : le papillon "Paon du jour" (Inachis io) effraie ses prédateurs en ouvrant ses ailes ornées de quatre taches ressemblant à de gros yeux menaçants (photo page précédente intitulée "tiens, mon oeil !" ). Le bluff est donc efficace " (Science et vie.Août 2005,expérience d' Adrian Vallin,université de Stockholm)
  • Transfert d'ADN : et si cela expliquait le mimétisme ?
    «Des échanges génétiques entre l'animal et le végétal ? BIRNSTEIL signale déjà un cas qui défit les lois génétiques : c'est la possibilité que certaines plantes aient acquis une partie de leur matériel génétique d'insectes. Et là, c'est absolument vertigineux, puisqu'il ne s'agit pas de transfert entre des invertébrés, comme pour l'oursin ou le mollusque, mais des transferts entre des espèces appartenant cette fois à des règnes différents, de l'animal au végétal. Là, il faut se résoudre à penser l'impensable : à la faveur de circonstances particulières, certains fragments d'ADN pourraient franchir les barrières réputées hermétiques qui séparent règnes, embranchements, classes, ordres, familles...»" ( Alexandre VAN ZUYLEN in revue «Science et vie» )
  • Et gènes "sauteurs".
    "La capacité d'imitation semble limitée à des espèces et à des genres caractérisés par une grande variabilité génétique. Il n'est pas interdit de penser qu'il existe chez ces papillons ( famille des Rhophalocères et certaines familles d' hétérocères ) des transposons ( ou gènes "sauteurs" ) , analogues à ceux qui ont été mis en évidence chez les bactéries ou chez la drosophile " ( J-L FISCHER et J-G HENROTTE in "Pour la science" - voir bibliographie )
  • «Il est nécessaire de supposer que les ancêtres des papillons mimétiques aient accidentellement ressemblé au membre d'un autre groupe protégé de la prédation, à un degré de ressemblance suffisant pour que cela leur ait conféré à leur tour quelque légère protection, ceci ayant jeté la base de l'acquisition ultérieure de la plus parfaite des ressemblances.» ( Charles DARWIN ) -
    NDLR : «stades initiaux des structures utiles» suivant la définition de la biologie moderne.
  • «Mais que dit la biologie ? Pour elle, le mimétisme reste une énigme absolue. Il fait partie de ces phénomènes inexplicables qui mettent à l'épreuve la théorie classique de l'évolution par mutation et sélection naturelles.» ( Jean-Marie PELT, voir bibliographie).
  • Il manque à l'évolution son E=MC2, comme la physique moderne a bouleversé l'univers de NEWTON." (Pierre-Jean BERNARD, " la planète des insectes " )
  • «Personne ne soutient sérieusement aujourd'hui qu'un insecte, ou tout autre animal, ressemble à celui dont il fait sa proie, ni inversement, et qu'il y ait dans cette ressemblance un avantage quelconque ; cette notion a été reconnue comme entièrement fausse car elle ne correspond pas à la réalité» ( Lucien BERLAND, voir bibliographie).
  • Dans un grand nombre de cas l'hypothèse du camouflage a été soumise à des expériences qui en ont révélé le bien fondé - il est quasi absurde de voir dans le camouflage autre chose qu'une adaptation, résultat de la pression exercée par des prédateurs extrèmement habiles. ( N.TINBERGEN, voir biblio )
  • «Les processus du mimétisme où un individu calque la couleur du sol ou celle d'un autre animal sont aussi purement réflexes et d'origine visuelle.» ( Paul CHAUCHARD, voir biblio )
  • «L'anthopomorphisme est peut-être un piège dans l'erreur duquel les hommes de science se laissent parfois glisser ( Roger HEIM ).»
  • «Le problème du mimétisme est tout autre que ce qu'on imagine» ( Rémy CHAUVIN ).
  • «Parmi les utopies, la simulation de la mort attribuée à l'insecte a fait, et fait encore naïvement l'admiration des paysans de nos contrées» ( J-G.MILLET )
  • "Il y a, dans la concordance entre comportement et coloration, qu'il s'agisse d'homochromie, de coloration aposematique ou d'un autre type de coloration, un ensemble de faits stupéfiants. Une attitude exagérément critique, réaction contre la téléologie "en chambre", minutieuse à l'excès, professée auparavant, avait fait mettre en doute et même nier la valeur de survie de telles adaptations visuelles. Sur la base de données expérimentales récente ( SUMNER, 1934,1935 ; ISELEY , 1938 ; DICE, 1947 ) cette valeur de survie est toutefois établie de manière indiscutable, dans de nombreux cas." ( Niko TINBERGEN, voir bibliographie
  • C'est la sélection naturelle qui perfectionne le mimétisme par des variations, car les animaux porteurs de ces variations seraient moins attaqués que ceux qui ne les portent pas, et produiront donc plus de descendants car les tués et les blessés sont moindre que dans le reste de la population ( reproduction différentielle ) ( G.PASTEUR )
    NDLR : j'ai schématisé le texte de l'auteur.
  • L'effet protecteur de l'homochromie, du mimétisme et des colorations aposématiques a été démontré par d'innombrables expériences, plus probantes les unes que les autres. Poussés par l'enthousiasme, un certain nombre de biologistes, au siècle dernier et au début de celui-ci (XX eme.), ont vu partout homochromie et mimétisme, ce qui est absurde, évidemment - Si l'évolution veut quelque chose, l'homochromie et le mimétisme nous le diront peut-être - ( Remy CHAUVIN )
  • Perfectionnement de la ressemblance (homomorphie) : " L'invisibilité a cependant une limite qui est de se confondre entièrement pour un oeil donné, avec l'environnement, à partir de cette limite, l'invisibilité ne change qu'en cessant d'exister, ce qui nous conduit aux confins de l'absurde" ( RABAUD)
  • " Le mimétisme serait a définir correctement comme une incantation fixée à son point culminant et ayant pris le sorcier à son propre piège " ( CAILLOIS)




 
La coloration leurre dissuasive du  paon du jour ( Inachis io ).
Le papillon, attaqué, ouvre brusquement ses ailes. Le prédateur , surpris, marque un temps d'arrêt ce qui permet au lépidoptère de s'enfuir. Mimétisme leurre dissuasif.
Brrrr ! Ces gros "yeux" sur les ailes postérieures !

Une petite remarque liée aux ocelles :
En ouvrant brusquement ses ailes pour montrer ses "yeux" (ocelles) au prédateur, le grand-paon-de-nuit montre des "yeux" qui ne correspondent pas à ceux de son espèce, à la structure des siens véritables, il expose des yeux de vertébrés !
Toutefois "les ocelles sont des taches qui ressemblent à des yeux. Ces taches circulaires, fixes et brillantes, constituent un instrument typique de fascination. Les ocelles ont une puissance fascinatrice, le cercle fixe est naturellement hypnotisant" (R.CAILLOIS)
Ce qui n'explique pas tout. 

 
les gros "yeux" vus de prés
Il est vrai que le prédateur a de quoi être surpris !
Il y manquerait une "bouche" leurre.

 

 


 
"Depuis un siècle et demi on explique que les ocelles présentes sur les ailes des papillons (notamment) protègent ceux-ci de prédateurs, qui y voient les yeux de leur propres prédateurs.. Vérification faites, par Martin STEVENS et son équipe (Université de Cambridge, Royaume Uni) il n'en ai rien " ( A.FRAVAL in "épingles entomologiques" article nr. 500 - 2008)
"L'expérience mettait "en compétition" des faux-yeux réalistes de prédateurs - de prédateurs de papillons - (comme on n'en voit pas sur les ailes du "paon du jour" ci-dessus) et des marques criardes et grossières (à l'instar des ocelles naturels). Les premiers ne dissuadent pas les attaquants qui se méfient en revanche des seconds.
Les ocelles jouent aussi un rôle dans le rapprochement des sexes."


  • La plupart des naîvetés dont le mimétisme est responsable n'auraient point été émises si on s'était donné la peine de lire la III eme. série des «souvenirs entomologiques» de Jean-Henri FABRE. ( Marcel COULON, voir bibliographie 2 )
  • l'homochromie mobile des araignées est certainement intéressante par elle-même, mais son sens biologique nous échappe s'il en a un (M.THOMAS).
  • Frédérik Gowland HOPKINS ( 1861-1947) a suggéré que les pigments utilisés par les espèces mimétiques peuvent être chimiquement très différents de ceux employés par les modèles, bien que les dessins colorés soient très semblables.
  • Le mimétisme végétal et animal est certainement l'aspect le plus fascinant de l'intelligence de la Nature. Il dénote l'élaboration manifeste de plans devant aboutir à un résultat utile.(José CITA,voir bibliographie 2 )
  • La question du mimétisme, ou plus généralement des colorations animales,est une de celles qui ont fait couler le plus d'encre et qui ont suscité les discussions les plus passionnées chez les biologistes - Peu d'expériences ont été faîtes sur le mimétisme vrai ; elles semblent cependant suffisantes pour prouver qu'il existe une protection réelle chez les espèces à coloration voyante et que les prédateurs s'attaquent de préférence aux proies dont les couleurs sont ternes. ( Lucien CHOPARD in "la grande enigme du mimétisme", voir bibliographie 2 )
  • Le mimétisme, tout comme le parasitisme, ou toute autre forme d’adaptation, n’a pu apparaître d’emblée ; sa genèse a nécessairement suivi les lois générales de l’évolution. Cette évolution met ici en cause trois types d’actions : une action sélective liée au système mimétique lui-même, une action génétique impliquant des remaniements chromosomiques², une action éco-ethologique complexe dépendant du milieu ou de l’adaptation à un certain mode de vie. ( Yveline LEROY, in « la recherche », voir bibliographie)
  • Les recherches sur les insectes révelent la valeur certaine de l'homochromie et de l'homotypie comme caractères de défense à l'égard des oiseaux ; le mimétisme est réel et valable pour les prédateurs comme à nos propres yeux ; mais il faut se garder d'étendre son rôle à des imitations de détail qui n'ont de signification que pour notre esprit ( Louis BOUNOURE, professeur à la faculté des sciences de Strasbourg, voir bibliographie 2 )

 
grand-paon_de_nuit_b-yeux.jpg 
Paon-du-jour-yeux.jpg 
Une ocelle du grand-Paon-de-nuit
Une ocelle de Paon-du-jour.

Une histoire d'oeil ?
 
Nous faisons des constats erronés. On s'émerveille de la formidable adaptation du monde vivant, par exemple les yeux dessinés sur les ailes des papillons pour leurrer les prédateurs. On se dit que c'est trop bien fait, que ça ne peut être dû au hasard ( Gérald BRONNER, in "science et vie" )

 

 
flambe-attaque-coloration-leurre-2.JPG 

Un exemple de la " coloration leurre " : le prédateur a attaqué les ocelles de la queue croyant avoir à faire à la tête du flambé.
Champs, Lubéron (04 ). Mai.

 

 
Le sylvandre, marqué d'une flèche, disparaît complètement sur le tronc du tilleul (somatolyse). On voit juste une patte sur la tache blanche. Ce papillon emploi la contre-tonalité de Thayer Abbott et l'homochromie. 


silene-3-site.JPG

 

                                                  Mais vu de profil ! Il m'est souvent arrivé de le voir se poser sur un tronc et de ne plus le retrouver (somatolyse)!

 

Copyright P-J.Bernard  "la planète inconnue"
 


Cette page a été créée le 21-09-2007 et elle a été modifiée le 28-01-2009

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