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23 février 2014 7 23 /02 /février /2014 15:45

Araignées tueuses d'hyménoptères

      les THOMISES

Arachnides chrono825_1.
Une "Araignée-crabe" (Thomisus onustus - thomise) cachée dans une touffe de lavande vient d'attraper un bourdon par l'abdomen...

    

Arachnides chrono828_1
...elle le retourne pour planter ses crochets dans les glandes cérébroïdes
au niveau de la nuque.
Le bourdon est neutralisé rapidement.
Contre les hyménoptères à venin, les araignées savent d'instinct que c'est derrière la nuque que se trouve l'organe vital dont la liaison entraine une mort immédiate. (M.THOMAS)

    

Arachnides chrono834_1
Après l'avoir dévoré, l'araignée reprend son poste
mais on peut apercevoir sous elle le début du tissage de son cocon
dans lequel elle enfermera sa progéniture,
puis elle rabattra des tiges par dessus.
(automne)

    

Arachnides chrono835_1
Une autre araignée-crabe "thomisus onustus" sur une fleur de chicorée intybe.
Le mimétisme laisse à désirer !

Si on la déplace d'une fleur sur une autre,
il faut en moyenne 5 jours à la thomise pour changer de couleur
(J-Y. QUERO )

    

Arachnides chrono836_1
C'est comme cela que ça se passe : à gauche un diptère butine ;
à droite, une araignée-crabe, cachée sous le pistil et alertée attend...

    

  • La manière dont les victimes se laissent prendre au piège laisse supposer que la thomise attirerait ses proies en exduant un liquide dégageant une odeur agréable, capable d'attirer aussi bien les mouches que les hyménoptères.
    Source : Remy AMANN, in "L'univers du vivant", mars 1986, nr. 8 )

    

Arachnides chrono2219_1
Le bourdon des champs  (Bombus pascuorum agrorum) capturé par une "araignée-Napoléon" à l'abdomen noir cachée sur un épi de lavande - août -
Les abeilles domestiques, et les hyménoptères en général, payent un lourd tribu aux araignées qui chassent à l'affût sur les fleurs.

    

Une "araignée-Napoléon" , abdomen jaune, à l'affût sur un épi de lavande vient de capturer un bourdon des champs.
Notez la différence des tailles !
21 juin.
Arachnides chrono2521_1

    

Arachnides chrono2543_1
Une autre araignée-napoléon, abdomen rouge, capture une abeille sur une ombelle de fenouil - 22.06 -

 pieride-capturee-par-thomise---2.JPG

Cette pieride n'y a vu que du bleu, la thomise, dont on ne voit que les pattes, était cachée à l'intérieur du bouquet de fleurs de monnaie du Pape. Mais le papillon est moins apprécié qu'un hyménoptère. Ci-dessous la responsable retrouvée le lendemain : une "minusema vatia" femelle 

Misumena-vatia-femelle-sur-monnaie-du-pape-14.04.JPG

"800 millions  : c'est, en tonnes, la quantité de protéines animales qu'engloutiraient chaque année les araignées, d'après une étude de l'université de Bâle. Soit deux fois plus que ce que consomment les humains ! Il est vrai que les araignées, très nombreuses sur terre, sont toutes d'avides carnivores : elles mangent en moyenne 10 % de leur poids en insectes par jour."

"science et vie " Y.S

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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 14:35
Glandes séricigènes d'une araignée "Nephila madagascariensis" -

Glandes séricigènes d'une araignée "Nephila madagascariensis" -

" les glandes en forme d'ampoule (1 et 2 ) fournissent le fil sec le long duquel l'araignée se déplace, soit pour se mouvoir à l'intérieur de la toile, soit pour descendre et remonter. Le fil collant est produit de concert par deux autres types de glandes : la glande à  fil ( 3 ) émet le fil de base, que les glandes à colle ( 4 et 5 ) viennent simultanément  enduire de colle.Les autres glandes fournissent les matériaux suivants : 6 colle pour faire adhérer les fils secs sur leur support ; 7 un flot de fils très fins pour envelopper et enchaîner la proie; 8 fils pour fabriquer le cocon de l'oeuf, 9, 10 et 11 : filière antérieure, centrale et postérieure du côté droit au corps"

Source : "Architecture animale" de Karl Von Frisch. Editions Albin Michel 1975.Dessin de Tupid Hölldobler.

     
13.09.2016 : complément à "Tissu en soie d'araignée, ce n'est pas un mythe" *

 

* Les toiles des artaignées ne sont absolument pas toxiques – au contraire, on les utilisait même il y a très longtemps pour recouvrir les plaies à cause de leurs propriétés fongicide, anti-bactérienne, voire hémostatique.
extrait du Nouveau Dictionnaire de l’Académie françoise dedié au Roy (2e édition), Paris, 1718.

 

LE NEPHILA PLUMIPES
araignée fileuse de soie de la Caroline du Sud. 1864

"Un rapport fait dernièrement à la Société d'histoire naturelle de Boston signale l'existence d'une nouvelle ouvrière, appelée, à ce qu'on croit, à rendre de grands services à l'industrie, et peut-être à suppléer le ver à soie qui agonise dans nos magnaneries.

On ne rencontre, paraît-il, cette araignée, classée sous le nom de "Nephila plumipes", que sur un groupe d'îles qui longent la côte de la Caroline du Sud, et particulièrement vers l'île appelée Long-Island.

C'est une grosse araignée pacifique, qui jusque-là, filait tranquillement pour elle-même, et dont un chirurgien de l'armée fédérale des Etats-Unis, M.WILDER, a entrepris de confisquer les services au profit de l'humanité. Occupé, dans la Caroline du Sud à combattre l'esclavage, il s'est emparé chemin faisant de la liberté de "Nephila plumipes". Il l'a prise, la mise en cage, lui a fourni sa pâture en échange de son travail, et l'a présentée, vivante et bien portante, en double exemplaire, mâle et femelle, à la Société d'histoire naturelle, avec les produits obtenus : de gros cocons de soie d'un jaune brillant.

Un jour que les loisirs de la guerre laissaient au savant en campagne le temps de songer, ses yeux se fixèrent sur une grosse et "très-belle" araignée, la quelle était en train de filer une toile au sommet de sa tente . Il fut extrêmement frappé de la grosseur de cette espèce et de l'aspect particulier qui lui donnait des touffes de poils roides dont ses jambes étaient garnies. Cette passion pour l'utilité qui distingue les savants le porta tout de suite à soumettre à une expérience le sujet de son observation, et, pendant une heure et quart, il pelota sur une bobine la soie que filait l'araignée, et en obtint pendant cet espace de temps 150 pieds de long, ou 6 pieds par minute. (un pied : 30,48 centimètres)

Ceci avait lieu en 1864, M.WILDER s'affirme lui-même qu'il sortira de là quelque chose. Il poursuit ses expériences avec un autre officier et ses amis, et celui-ci, en substituant un cylindre mu par une manivelle à la bobine que M.WILDER roulait dans ses doigts, obtient une plus grande quantité de soie, et jusqu'à 3480 mètres en 4 heures 45 minutes."

 

Le cocon dans lequel la masse des oeufs et enfermée est de soie lâche, et pèse de du 320e au 655e d'un grain (64,79891 milligrammes). Les fils extérieurs qui le composent sont gros et forts, et ceux de l'intérieur une fois plus faibles et plus petits.

Nephila-plumipes-dessin-Freeman-1864.jpg

 

Le "Nephila plumipes", araignée fileuse de soie, mâle et femelle, grandeurs naturelles - dessin de FREEMAN.1864.

Source : extraits choisis d'un long article non signé, publié dans la revue "Magasin pittoresque" 1866.

"Nephila plumipes" a été décrite par Latreille en 1804. Ce n'est donc pas une nouveauté comme exposé dans cet article. En 1865, Burt Green WILDER (1841-1925) a rédigé un livre sur cette  araignée : "On the Nephila plumipes or silk spider of south Carolina" aux éditions Kessinger Legacy Reprints.

 

*A l'exemple de la soie d'araignée, des vêtements ultrarésistants avec du mucus de poisson !
Vivant dans les grands fonds marins, la myxine est une sorte d'anguille qui sécrète, pour se défendre, une substance gluante et fibreuse, aussi solide que la soie des araignées. Pourquoi ne pas utiliser ces fibres naturelles pour en faire des vêtements techniques ultrarésistants ? Comme on le fait pour produire de la soie d'araignée artificielle, par exemple, en introduisant les gènes des filaments intermédiaires dans les bactéries pour leur permettre de fabriquer des protéines adéquates. A nous ensuite des les assembler en fibres. (in "science et vie" - nr .1152 - Douglas FUDGE, biologiste à l'université de Guelph - Canada) 

*On avait déjà fait un rapprochement !

" A la fin du Ve siècle, tant elles sont contradictoires, les situations financières et sociales échappent à l'analyste - A part quelques dérogations, le poids des contrôleurs d'un règne à l'autre se fait sans cesse plus lourds ;  depuis l'honorable importateur d'Alexandrie qui distribue à travers l'Empire diamants, étoffes brodées et soie arachnéennes...

In "Les fortunes d'Apollon" de Maurice RHEIMS - le Seuil 1990. 

Les insectes de la Belle Époque 

LA SOIE PARISIENNE (1909) - extrait -

Il est probablement très peu de parisiens à se douter que leur ville pourrait devenir un centre de sériciculture n'ayant pas grand-chose à envier à nos départements du Sud-Est les mieux achalandés à cet égard.

Il est vrai qu'on n'y cultive pas le mûrier, mais, en revanche, le vernis du Japon (Ailantus glandulosa) y pullule. Et cela suffit.

La soie, en effet, n'est pas, exclusivement, le produit du Bombyx du mûrier. Sans parler des araignées, mises à contribution à Madagascar, il ne manque pas d'autres vers parfaitement capables de fournir de la soie, moins belle assurément que l'autre, mais ayant cependant sa valeur exploitable. C'est le cas, par exemple, de la chenille d'un papillon originaire de l'Orient, l'Attacus cynthia, qui vit sur le vernis du Japon, et donne des cocons contenant chacun 500 ou 600 mètres d'une soie ténue, mais solide - et élastique.

Pourquoi n'entreprendrait-on pas, à Paris même et dans sa banlieue, pour ne pas dire dans toute la France, où le vernis du Japon pousse merveilleusement partout, même dans les terrains impropres à toute culture, pourquoi n'entreprendrait-on pas l'élevage de cette chenille séricigène, dont la soie, sans avoir la prétention de faire concurrence aux belles " sortes " dauphinoises ou chinoises, n'en pourrait pas moins servir pour une foule d'emplois inférieurs et, en particulier, à la fabrication des articles à bon marché

Quelques tentatives ont été déjà faites, autrefois, et, il convient de le dire, sans aucun succès. Mais quelle est l'entreprise industrielle qui réussit d'emblée ? Si celle-ci a malheureusement avorté, ce n'est pas seulement parce que ses initiateurs s'y étaient mal pris, parce que les capitaux - ou la patience - leur ont fait défaut. C'est surtout parce que la guerre de 1870 est survenue sur ces entrefaites, et que tout a disparu dans la tourmente.

Revue de l'OPIE-insectes- INRA

 

Les origines de la soie du bombyx , faut un peu en parler aussi ! 
 

 "Le mûrier, comme le ver à soie, est originaire de la Chine.II fut apporté en Europe par deux moines grecs qui importèrent le bombyx du mûrier. Les premiers vers à soie furent élevés à Constantinople par la main de l'impératrice et des dames de la cour. Cette éducation devint bientôt à la mode et fut tentée par beaucoup de personnes. La culture du mûrier se répandit rapidement dans  le Péloponèse, et fit donner à cette partie de la Grèce son nom moderne de Morée. De là, les mûriers et les vers à soie passèrent en Sicile par les soins du roi Roger, et prirent dans la Calabre une extension rapide. Quelques gentilshommes qui avaient accompagné Charles VIII en Italie, pendant la guerre de 1494, ayant connu tous les avantages de ce pays retirait de cette branche de l'agriculture, voulurent en doter leur patrie et firent apporter de Naples des mûriers, qu'on planta dans la Provence et dans le Dauphiné. Il y a une trentaine d'années, on voyait encore à Montélimart le premier de ces arbres plantés en France ; il y furent apporté par Guy-Pope de Saint-Auban, seigneur d'Allan. Aujourd'hui les mûriers couvrent une grande partie du midi de la France et se cultivent avec avantage dans les provinces septentrionales.

In "esquisses entomologiques ou histoire naturelle" -des insectes les plus remarquables - par M. l'abbé Bourassé, professeur de zoologie au séminaire de Tours, membre de la société entomologique de France - éditions Mane et compagnie, imprimeurs libraires - 1844
 
Un escargot à dents.
Les "chapeaux chinois" fabriquent une fibre encore plus résistante que le fil des toiles d'araignée, qui passe pourtant pour détenir le record de tous les matériaux biologiques en la matière. Des ingénieurs de l'université de Portsmouth ont découvert que les dents de ces escargots marins renferment des  nanofibres minérales pouvant résister à une contrainte de 3 à 6,5  gigapascals, contre 1,1 pour le fil d'araignée. C'est plus que le kevlar, qui sert à faire des gilets pare-balles (journal of the Royal Society interface) - in "le point" février 2015.
NDLR: OK, mais pour l'araignée il s'agit d'un fil d'une fibre extensible  tandis que là il s'agit d'un matériau compact.du squelette.
 

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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 14:00

Tissu en soie d'araignée
 

Nota : les origines de la soie en bas de page.
 

LE TISSU EN SOIE D'ARAIGNÉE N'EST PAS UN MYTHE 


En 1710, REAUMUR étudie la soie des araignées et la possibilité de l'utiliser car les propriétés mécaniques exceptionnelles de cette soie en font un matériau d'avenir.
Mais c'est BON DE MONTPELLIER ou de SAINT-HILAIRE François Xavier (1678-1761) qui eu le premier l'intuition de l'utilisation de la soie d'araignée pour les filatures françaises.

Il publia un ouvrage "dissertation sur l'araignée" dans lequel il enseignait le moyen de filer la soie de cet insecte**, ouvrage traduit dans toutes les langues en Europe, et même en chinois.
Il présenta à l'Académie des sciences des bas et des mitaines fabriqués ainsi.
Rappelons aussi que REAUMUR anticipa la fabrication du papier à partir du bois en observant le travail des guêpes.

** À cette époque les araignées étaient encore classées parmi les insectes.

Le premier essai remonte à 1709.

Il y a longtemps que l'on se préoccupait de tirer parti des fils d'araignée.
C'est un missionnaire français à Madagascar, le Père CAMBOUE, qui, dans ces dernières années, reprit le problème et le poussa avec persévérance jusqu'à un premier succès qu'il est juste de ne pas oublier. Puis, les essais très satisfaisants furent continués par monsieur JOLLY, architecte de la colonie de Madagascar et directeur de l'école professionnelle de Tananarive. On a installé une véritable école de tissage de soie d'araignée.


Il y a, à Tananarive, un directeur de fabrication, un contremaître filateur et trois jeunes ménages indigènes. Ce petit personnel ne dispose pas moins, aujourd'hui, d'un approvisionnement de 200.000 mètres de fils à 12 brins, et la production s'élève à 50.000 mètres par mois.

Les étoffes en toile d'araignée rappellent les robes de la «Belle au bois-dormant» ; elles sont d'un éclat merveilleux et leur chatoiement envoi aux yeux étonnés les rayons de l'arc-en-ciel. La soie de l'araignée est d'un jaune d'or superbe et ses reflets sont variés et éblouissants. C'est le tissu rêvé des «Mille et une nuit» !

Toutes les araignées ne produisent pas cette soie privilégiée. L'araignée fileuse de Madagascar est l'Halabé , Néphiles (Nephila sp.)
*** bonne grosse bête qui n'est pas venimeuse. Elle fournit sept à huit fois la quantité de soie que donne pendant son existence, dans les magnaneries, le ver à soie ordinaire. Et pas de maladie.


Les colons de Madagascar, en ce moment, apportent les araignées fileuses à l'usine ; il vaudra mieux les laisser chez elles et apporter sur place les dévidoirs.

En 1898, Mr NOGUE, sous-directeur de l'école professionnelle de Tananarive construisit un appareil d'extraction des fils d'araignée qui donna des résultats appréciables.
Des essais furent effectués à Lyon, après l'envoi par le général GALLIENI, alors gouverneur de l'île, de pontes d' Halabé. Mais elles périrent toutes et on en resta là. (Henri de PARVILLE , in «les Annales» du 17 juin 1900, nr. 886, éditions Jules BRISSON.)

Autres anciennes origines de tentatives d'emploi de la soie d'araignée :

"Dans une des séances de la société centrale d'agriculture, Mr le Maréchal VAILLANT présenta un jour, de la part de M. BANCAL, attaché à l'administration coloniale de Saint-Louis (Sénégal) , une série de trés-beaux échantillons de soie fournis par des araignées.
Vers le commencement du XVIIIeme siècle, un académicien de Montpellier, le président BON, chercha à utiliser et montra qu'on pouvait s'en servir comme de la bourre de soie ordinaire. Il prépara, avec les coques que les araignées construisent  pour y déposer leurs oeufs, une certaine quantité de fil et il fit fabriquer, avec cette soie, des bas et des mitaines.
La question soulevée par BON en resta là pendant plus d'un demi-siècle, mais, en 1777, l'attention du public y fut appelée de nouveau par des essais tentés d'abord en Amérique, puis en Espagne et à Florance, par l'abbé Ramond de TERMEYER . Ce dernier, en opérant avec des araignées vivantes,parvint a obtenir assez de soie cardée pour confectionner quelques bourses et une paire de bas pesant deux onces et quart dont il fit présent au roi d'Espagne. Ces essais, commencés en 1762 et poursuivis jusqu'en 1796 ne lui donnèrent en tout que 22 onces de soie...
Vers la même époque, un voyageur français, PRELONG,, nous apprît qu'à Gorée les grosses araignées sont très utiles contre les blattes et que leur fil était gros et fort et pouvait servir pour faire des petits cordons.
Plus récemment, un négociant anglais, nommé ROLT, fit de nouvelles expériences avec l'épeire diadème.
Enfin, en 1842, M.MALLAT, donna au muséum d'histoire naturelle quelques échantillons de la soie brute et dévidée d'une grosse araignée de Java, "Epeira flavomaculata".
(Extrait de  " Au pays des merveilles " de Clarisse JURANVILLE - 1880 -, voir bibliographie)

*1864 : M.WILTER, un chirurgien de l'armée fédérale des Etats-Unis, découvrit l'araignée "Nephila plumipes" en Caroline du Sud et il entreprit avec succés des expériences pour extraire la soie de cette araignée.
  link


 

  • La néphile dorée est très commune dans les Hauts de la Réunion, où elle est appelée bibe.
  • On la trouve également aux Seychelles.

    Sous-espèces :
    Nephila inaurata madagascariensis serait une sous-espèce.

    Présentée comme une araignée endémique des Mascareignes et ayant toujours l'abdomen noir, Nephila nigra est un autre cas problématique. Plusieurs sources affirment qu'il s'agit d'une espèce différente, d'autres d'une sous-espèce (Nephila inaurata nigra) . Il semble qu'il s'agisse plutôt d'un synonyme servant à désigner les spécimens dont l'opisthosome n'est pas doré.

(Source : wikipedia)

 

Nephila madagascariensis

Nephila madagascariensis
 
Photo copyright Karl LEHMANN
http://www.lostworldarts.com/madagascar/madagascar_2.htm
 
  • L'Halabé (Nephila madagascariensis) . La femelle mesure 7 à 8 cms avec un corps d'environ 3 cms, ver luisant, décoré richement d'argent et d'or.
  • Le fil d' Halabé : 6 centième et demi de millimètre (diamètre de 0,065 mm) et 66 grammes de ténacité.
    Le fil de Mori : 31 centième et demi de millimètre (0,315 mm) et 65 grammes de ténacité.
    Chaque Halabé peut donner 3 à 4000 mètres de fil.
    (Ch. de LABONNEFON, in " croquis entomologiques").
  • Comparaison :
    Pour donner une livre de soie il faut 3500 vers à soie. Pour produire la même quantité il faut 22.000 araignées....

   

Arachnides/chrono849

Epeire diadème de nuit sur sa toile (photo au flash).
Les araignées européennes ne tissent sans doute
pas assez de fil pour une production industrielle. La longueur du fil d'une toile d'épeire diadème avoisine les 20 mètres.
Mais la chose pourrait-être tentée au niveau artisanal.
J'aimerais bien porter une cheminse en soie d'araignée !
Lire aussi : link

 

L'idée de se servir de la soie d'araignée n'est pas exclusivement européenne. Arachnéologiste Eugène SIMON montra aux membres de la Société Française d'Entomologie (1881) un porte-objet en forme de tube de 70 cms de long sur 10 cms de diamètre fabriqué par les indigènes des îles SOLO. Au XVII eme.siècle, les habitants du Paraguay fabriquaient des vêtements avec de la soie d'araignée. Les Indochinois aussi. Alcide d'ORBIGNY, au retour d' Amérique, présenta au musée d'histoire naturelle un échantillon de soie d'araignée dont il s'était fait fabriquer un pantalon qu'il porta longtemps.

François BON SAINT-HILAIRE est le premier européen qui pensa tirer parti de la soie des araignées. En 1709, il présenta à l'académie de Montpellier un mémoire et une pièce probante : des mitaines et des bas avec la soie de cocons récoltés dans la nature. REAUMUR fut chargé de mener une enquète sur la question (1710) mais ne se montra pas favorable : il fallait 4 grosses araignées pour une quantité équivalente du ver à soie et que...toutes les mouches du royaume ne suffiraient pas à nourrir les araignées ! L'empereur de Chine fut mis au courant de la question.

Ensuite l'Espagnol TREMEYER s'intéressa au procédé en conseillant d'extraire la soie sur dévidoir directement de la filière des arachnéides. Fabrication de bas et bourses avec la soie de l' épeire diadème - Epeira diademata -(photo ci-dessus). Peu de temps après , l'anglais ROLT opéra avec des épeires diadèmes et obtint en deux heures 18.000 pieds de soie. LATREILLE, dans "les crustacés et les insectes distribués en familles naturelles" (1809) rend compte de résultats obtenus par un industriel français.

Les premières tentatives sérieuses d'élevage furent faîtes par deux français : DUBOIS, père et fils. Entre 1800 et 1843, ils élevèrent environ 400.000 araignées, on pense des Tégénaires domestiques. Ils révélèrent ainsi que les araignées peuvent être élevées avec de la viande crue ***. On en revint à la suggestion de REAUMUR d'employer des espèces exotiques. VINSON, le premier, cita Néphila madagascariensis . Il reconnut que cette espèce produit des fils très longs et très forts et les créoles avaient tissé une superbe paire de gants dont il avait été fait cadeau à l'impératrice EUGENIE. En Amérique, WILDER parvient à extirper directement la soie des filières de Néphila plumipas et, WARDLE, démontra, chiffres à l'appui, la supériorité, à tous points de vue, de la soie de la grande araignée de la côte de Malabar sur celle du ver à soie.

Après Tananarive (début de cette page), MEGIN (1888), FALLOU (1889), puis l'abbé FAVIER et LABONNEFON (1902) reprirent les tentatives d'acclimatation des Néphiles en France. En 1928, Pierre BONNET, assistant de l'Université de Toulouse, reçut trois femelles qui laissèrent 5 à 600 jeunes Néphiles mais pas de résultats pratiques, sauf qu'il a su en profiter pour faire des observations intéressantes.

NDLR : enfin, Maurice THOMAS, l'auteur de ces lignes, était convaincu que la sériciculture aranéicole finira par triompher des difficultés.

*** J'ai donné de la viande crue à un Opilion (" faucheux ") et il l'a mangée.

Sources : "Vie et moeurs des araignées  de Maurice THOMAS, édition Payot 1953.
Le texte a été raccourci et arrangé pour le réduire .
 
  • A l'exposition universelle de Paris de 1900, on a vu un ciel de lit en soie d'araignée Néphila madagascarensis . Mais l'énorme prix d'une telle marchandise ne permit pas longtemps de se payer une telle fantaisie ! (Almanach Hachette 1902)
  • Les allemands sont arrivés à produire des toiles fines en soie d'araignée, utilisées en pharmacie comme antihémorragiques. (Larousse du XXeme siècle, 1933)
  • En tissage, l’usage des fils de soie des araignées a déjà été tenté, réussi, puis abandonné car il faut plusieurs dizaines de milliers d’araignées pour une maigre production. Et l’élevage n’est pas aisé !
    Dans un de ses ouvrages, Jacques BERGIER (voir bibliographie) donne un exemple insolite au sujet d’un chimiste allemand : "...il voulait d’abord reproduire chimiquement la toile d’araignée, puis s’en servir pour fabriquer des gilets pare-balles pour les soldats et des parachutes...au cours de ses recherches, il détruisit le seul gant en toile d’araignée connu au monde, qu’il confisqua dans un musée allemand"
  • Des millénaires avant l'homme, la fourmi "Polyrhachis laboriosa" qui habite le Congo, emploie la soie de l'araignée pour la confection de son nid (M.THOMAS)

 

 

 

Arachnides/chrono852

Proies et pollens fournissent l'araignée en acides aminés lui permettant de fabriquer ses fils de soie 100 pour 100 recyclables et biodégradables. Le fil est constitué de fibroïnes torsadées riches en alanine, qui lui confèrent une résistance de 1200 mégapascals, et en glycine, qui lui apporte une grande élasticité avec un étirement avant rupture de 31 pour 100(Science et vie - nr.1112 - mai 2010)

 

  • Les araignées ont la capacité de fabriquer jusqu'à sept fils différents. Celui qui a les qualités les plus surprenantes, c'est le fil de trame, celui qui sert à former les rayons et le contour de la toile. C'est aussi ce fil qui leur permet de descendre du plafond à toute vitesse.
  • Si on fabriquait avec du fil d'araignée un câble de la grosseur du pouce on pourrait soulever une dizaine d'autobus. On pourrait aussi en faire des gilets pare-balles et des sutures chirurgicales !
    (source : "découverte" Radio Canada 29.09.2002)
  • Araignée à tout-faire !
    "L'équipe du biologiste Randy LEWIS, de l'université du Wyoming, affirme faire fabriquer de la soie à des bactéries, auxquelles les chercheurs ont transféré de l'ADN extraite d'araignée. La soie tissée par cet animal étant d'une solidité inégalée, elle est ensuite utilisée dans des domaines aussi divers que la suture des cicatrices, la fabrication de prothèses vasculaires, celle de chambres à air pour vélos de course professionnel,etc" (Source : revue "ça m'intéresse" nr.166, décembre 1994)

    14 ans après....
    La soie artificielle d'araignée pour bientôt ?
    Une équipe de biophysicien dirigée par Sébastien RAMMENSEE, de l'université de Munich, vient de publier un article proposant un nouveau processus de fabrication de la soie à partir de fils de l'araignée, à l'aide de bactéries génétiquement modifiées pour recréer les conditions physico-chimiques indispensables à l'assemblage des protéines eADF3 et eADF4, à l'instar de ce qui se passe dans le corps de l'araignée.
    Mais la quantité obtenue n'est pas encore comparable à celle de la soie de l'araignée.
    Source : "science et vie" - N.A - nr.1090, juillet 2008.
    Une sacrée chimiste l'araignée !
  • Réaumur a dit dès longtemps que nombre de chrysalides fourniraient une belle soie. L'araignée en donnerait une, aussi fine que résistante. Voir l'admirable voile de soie d'araignée que l'on conserve au muséum (J.MICHELET, "l'insecte" 1858)
  • " A l'exposition de 1900, on a présenté une pièce d'étoffe en soie de Nephila. Cette soie, jaune d'or, est de qualité remarquable ; à ténacité égale, elle a bien plus de finesse que celle de " Bombyx mori " (ver à soie) ; mais on ne peut guère songer à l'exploiter de façon industrielle, car la Nephila, comme toutes les araignées, convient très mal à l'élevage collectif, en raison de ses moeurs carnassières, voire cannibales. " (Jean ROSTAND)
  • " Si nous pouvions - disait M.BON au XVIII eme. siècle - trouver le moyen d'élever en chambre de jeunes araignées, elles nous fourniraient beaucoup plus de soie que les vers à soie"
  • 1989 :
    Industrie : du tissu d'araignée.
    Les archnides possèdent des glandes secrétant  des qualités différentes de soie. Il peut être destiné à la fabrication d'un cocon, d'une toile ou d'un fil de capture dont la résitance est alliée à une élasticité remarquable. Cette soie a déjà été utilisée par des industriels. Une identification du gène codant safabrication permettrait une production de masse dont les applications seraient nombreuses : revêtement pour l'aéronautique, casques légers et solides, fils de sutures bien tolérés, ou même vêtements pour les élégantes. Etudes en cours aux Etats-Unis...(Revue "Terre sauvage" - un autre regard sur la nature -  nr. 34 , novembre 1989)
  • 2009 :
    Un tapis a été tissé avec la soie d'un million d'araignées et une somptueuse robe  !

    robe-en-soie-d-araignee.jpg

    Photo Adrian DENIS / AFP

    Voir sur ce site une autre extraordinaire réalisation !  link

    Il a fallu quatre ans de travail à une équipe de 80 personnes pour tisser les 3 mètres d'un tapis unique au monde, exposé au muséum d'histoire naturelle de New-York. La fibre de tissu doré provient de la soie de plus d'un million de néphiles dorées, de grosses araignées de Madagascar.  Chaque fil du tissage est constitué lui-même d'un tressage de 96 filaments de soie.A l'origine de cette prouesse technique : un partenariat artistique entre un historien de l'art et un designer de mode.

    (Revue "science et vie" nr.1106 de novembre 2009)

  • 2010 : Du fil d'araignée tissé par ....un ver à soie !
    "....cette prouesse a été réalisée en incorporant dans la séquence
    génétique de la célèbre chenille d'origine chinoise des petits morceaux
    spécifiques d'ADN extraits d'aranéides." ("science et vie" nr. 1119,
    décembre 2010)

Mai 2011 : On sait pourquoi la soie d'araignée est résistante :
Plus résistante que le kevlar et moins dense que du coton ou du Nylon, l'extraordinaire solidité de la soie d'araignée fascine.
Comment expliquer ces propriétés mécaniques uniques ? Frauke GRÄTER et son équipe de l'institut des études théoriques à Heidelberg (Allemagne) ont élucidé la question en analysant sa structure moléculaire. Elle alterne des composants cristallins , qui lui confèrent sa solidité, et des composants amorphes (des molécules désorganisées), qui lui donne son élasticité. On va pouvoir enfin la recréer artificiellement. (R.B)
in "science et vie"  - nr.1124 de mai 2011.
 
Avril 2013 : Le laser sonde la soie de l'araignée :
"A la fois dure, résistante, légère et élastique, la soie d'araignée est une substance unique dont les mystères échappaient aux physiciens... jusqu'aux dernières avancées de l'équipe de Jeff YARGER, de l'université d' Arizona (Etats-Unis), qui a eu l'idée de lui appliquer le procédé dit "de diffusion Brillouin" . En envoyant sur des toiles de plusieurs espèces d'araignées un laser qui recueillait modifié à sa sortie, et en étudiant la différence de fréquence entre les deux signaux dans la gamme des gigahertz, le chercheur a pu déterminer toutes les constantes élastiques du matériau sans le détruire..."
In "science et vie" B.R - nr. 1147 - spécial 100 ans. avril 2013. 

 

epeire-fasciee---aout.JPG


La soie d'araignée tisse la fibre de demain : L'araignée réussit à fabriquer une fibre aussi résistante que le "Kevlar" - qui peut arrêter les balles - sans la chauffer et sans utiliser des acides corrosifs. Le plus incroyable et que ces usines à huit pattes n'ont même pas besoin de forer du pétrole. À partir de mouches et de grillons, elles produisent un matriau de haute technologie. Les scientifiques d'Oxford ont trouvé un moyen d'en produire de façon synthétique sans recourir à des manipulations génétiques. Pour l'instant, les applications sont médicales : fils de suture, tendons ou ligaments artificiels. Mais demain, qui dit que cette matière mystérieuse ne va pas entrer dans la composition des câbles des ponts suspendus ?" (revue "Le Point"du 25.10.2012 - nr 2093) 

"L'araignée orbitèle produit sept soies. La plus solide, appelée fil de sécurité, est plus légère que le coton, mais à poids égal plus solide que l'acier et plus résistante que le kevlar. Une toile de la taille d'un terrain de football, tissée avec un fil de sécurité d'un centimètre de diamètre et ayant des mailles de quatre centimètres, pourrait arrêter un avion gros porteur en plein vol ! L'araignée produit son fil de sécurité à température ambiante, avec l'eau comme solvant" (in bulletin Watchtower  bible and tract society of Pennsylvania - 2010)


Les araignées ont appris à tisser des toiles plus tôt qu’on ne le pensait auparavant, comme en témoigne le fragment découvert emprisonné dans l’ambre et daté de 140 millions d’années. (futura-sciences)

Par rapport à l'araignée, voici la production du ver à soie en chiffres :
- Une femelle pond environ 500 oeufs.
- Une once de graines - oeufs - (30 grammes) donne en moyenne 30.000 vers.
Qui vont manger de 1000 à 1200 kg de feuilles.
Qui vont produire 100 kg d'escréments.
Qui vont tiisser 60 kg de cocons.
Qui seront transformés en 5 kg de soie grège.
- Un cocon est constitué d'un fil de 700 à 1500 mètres de longueur suivant les races.
(source "Aux Mées, quand on faisait des magnans...", associations "les amis des Mées .04" 1984)

Concurrence !

"La soie de l'araignée n'est pas inégalable.
Aprés cinq ans d'études, l'équipe de Philippe COLOMBAN, chimiste du CNRS, affirme que les propriétés de la soie d'araignée, particulièrement souple et résistante, sont comparables...à celles de la fibre des vers à soie, bien plus facile à produire !" (revue "science et vie" R.B. nr.1134
 


epeire-diademe-et-sa-toile-jpg


Il faut environ une heure à l'épeire pour construire sa toile d'une vingtaine de mètres de fils de soie.
D'autre part, elle peut ingurgiter cinq fois son poids en diverses proies dans une seule journée.

 
De l'araignée à la vache en passant par la chèvre !
 
"Des laboratoires militaires nord-américains, canadiens et la firme Du Pont de Nemours, disposent régulièrement, depuis 1991, des brevets sur des protéines dérivant de la soie d'araignée.
"Euprosthenops australis" est également étudiée actuellement par un groupe de biochimistes norvégiens et suédois, de même que l'épeire "Araneus diadematus" par une autre équipe de "biomolécularistes" et spécialistes des biomatériaux en Allemagne.
Plusieurs équipes tentent aujourd'hui une autre approche, faire produire cette soie dans le lait de chèvres, de brebis, de vaches, de cochons d'Inde, ou encore de lapins modifiés génétiquement... Frédéric YSNEL.   
(In "Arachna" - les voyages d'une femme araignée - Christine ROLLARD et Vincent TARDIEU - MNHN - éditions BELIN 2011)
SOUVENIR !
 
Synergie*** réalisa en france la publicité collective de la soie artificielle devenue aujourd'hui (1956) la rayonne. In "magiciens de la publicité" P.Bruneau, Gallimard 1956
 
*** Société publicitaire 1932.
 
Accordez vos violons !
 
"Un chercheur japonais, professeur de chimie, axe ses travaux depuis 35 ans sur la soie d'araignée. Il annonce avoir réussi à fabriquer des cordes de violon à l'aide des toiles d'araignées qui rendent, paraît-il, "un son doux et profond".
Des milliers de fils de soie peuvent être tissés en une corde résistante et souple" (Journal "Sud-Ouest" - mai 2012)

 
"Nephila madagascarensis" est la plus grande des araignées tropicales au point qu'elle est capable, en allongeant ses pattes, d'encercler la paume d'une main d'homme. Son système séricigène est assez semblable à celui de l'araignée "porte-croix" (épeire diadème). Elles possède des glandes qui aboutissent sur 6 filières. Selon ses besoins, l'araignée utilise telle ou telle sorte de glande pour sécréter le genre de fil qu'il lui faut. Ce fil est toujours fait de soie (qui est une protéine), mais peut présenter, suivant la glande dont il provient, des caractéristiques diverses, et être affecté à des tâches diverses." "Architectrure animale" de Karl Von Frisch" 
 
 
À savoir : du papillon ou de l'araignée, les origines de la soie :
 
"La soie existait bien avant que l'homme n'existât lui-même".
 
La tradition, basée essentiellement sur le "livre des Odes" de Confusius, veut que vers l'an 2640 av.J-C, la princesse chinoise Hsi-Ling-Shi, femme de l'empereur Haong-Ti, ait dévidé la première ce fil merveilleux d'un cocon sauvage trouvé dans un mûrier. Les chinois domestiquèrent ensuite le Bombyx du Mûrier, conservant jalousement pendant prés de 30 siècles ce secret biologique.
C'est l'empereur Justinien qui envoie en 552 vers l' Asie Mineure deux moines qui ramenèrent enfin à Byzance quelques graines du mûrier cachées dans un bambou..."
Source "les industries de la soierie" par Jean VASCHALDE, éditions PUF 1961.

À noter que l'auteur de ce livre fort complet n'écrit pas un mot, même humoristique, sur la soie de l'araignée !
 
LU :
 
"A Paris en 1583, le faste du parvenu irrite le peuple et le port de vêtements de dessus et de dessous en soie, ce qu'on nomme "soie sur soie" est autorisé seulement aux gens de la Cour - En 1471, Florence compte 83 filateurs de soie - La couronne du sacre de Louis XV, âgé de 12 ans, était composée d'un anneau d'or doublé d'une calotte de soie
couverte de diamants et de perles." (Maurice RHEIMS, in "les collectionneurs, Ramsay 1981)

* Le tissu en soie de bombyx ou de l'araignée n'est pas attaqué par les mites.
 
  Tissu en soie d'araignée -  deuxième partie -  ci-dessous
 

 

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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 13:45
 
Thomisus onustus - film cocon

THOMISUS ONUSTUS sur une grande marguerite. Juin - Marignane (13)


Rose, blanc et orange !
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Arachnides/chrono2151


Gros plan.
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Arachnides/chrono680
Arachnides/chrono682_1_2
Thomise en positions traditionnelles d'affût

Arachnides/chrono2182_1
Thomise "Thomisus onustus" sur une feuille de pomme de terre - 14 juillet 2010 -


Evolution d'une observation de la thomise (en cours 27.08.2010...)

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Arachnides/chrono715_1_2
La thomise se fabrique un cocon de soie
sur une feuille de... pomme de terre ! 15.07.2010
15.07.2010

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17.07.2010
19.07.2010

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23.07.2010
23.07.2010

Arachnides/chrono2212_1
27.07.2010. 10 heures.
L'araignée est totalement immobile, comme momifiée,
insensible au toucher, mais pourtant bien vivante


Arachnides/chrono729_1_1
Arachnides/chrono731_1_2
02.08 : aprés une pluie l'aprés-midi,
la thomise est sortie du cocon,
donc elle est bien vivante.
03.08 - 7 h : elle s'est replacée dans le cocon dans la nuit...
04.08 (21 eme jour) : à 14 h -T 30° - je l'ai surprise hors du cocon un bref instant.

Arachnides/chrono733_1_1.
Arachnides/chrono735_1_2
04.08
04.08
Arachnides/chrono737_1_1

 08.09 : Après une pluie et les feuilles bien fanées, j'ai ouvert le cocon : il n'y avait rien dedans !

Quelle idée d'aller construite son cocon sur une feuille
de pomme de terre !

La thomise ci-dessous dans sa cage d'ombelle de fenouil,
aura peut-être plus de chance...


10.08 ( 27 eme jour) : la thomise n'est plus sur sa toile....

07.09 : toujours rien. Le plant est fané.
Le cocon est là dans une boite car je l'ai recupéré : pas de naissance...

"Beaucoup d'araignées meurent après la ponte parce qu'elles ont accompli le cycle vital de l'espèce. La confection du cocon a absorbé leur réserve de soie et elles n'ont plus la force nécessaire pour maintenir une activité quelconque.
Elles meurent d'épuisement. Le cocon est attaché à une feuille (photos) ou à une large tige, nullement fréquentée par des insectes. Déjà épuisée par la ponte, la mère s'affaiblit de plus en plus et meurt au bout de peu de temps***"
(Maurice THOMAS, in "vie et moeurs des araignées" - Payot 1953)

2010_1007papiphoto0182

Cette thomise a construit son cocon dans l'ombelle d'un fenouil
en rabattant les tiges des fleurs (septembre)
-
voir la page "le sacrifice pour la vie : la thomise - lien  : link

 

jeune-thomise--5-mm--avril

 

Cette jeune thomise "heriaeus hirtus" sur un ciste cotonneux
n'a pas encore appris le mimétisme ! 
( 5 mm -avril 2011 )


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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 13:40

Thomise : l'envol de la progéniture.

J'ai rencontré la thomise dans son cocon terminé vers la fin de mois d'août. Je la crois morte mais elle est bien vivante, elle ressemble à une momie dans son sarcophage ouvert.La sollicitude maternelle des thomises est admirable et se double d'une abnégation que l'on ne rencontre guère chez les autres mères. Elle ourdit au milieu d'une grappe de fleurs (photo) ou parmi les feuilles, une pochette de satin blanc. Au-dessus de ce plafond s'élève une coupole de fils blancs formant une guérite pour la mère qui, désormais, ne quitte plus l'abri de ses oeufs. Elle ne chasse plus.

Emaciée par l'accouchement, affaiblie par le manque de nourriture et la construction de son cocon, elle traine une existence languissante et meurt d'épuisement peu aprés l'éclosion, n'ayant plus vécu que pour veiller sur sa progéniture et aider les jeunes à sortir du cocon.

Les premières petites araignées naissent le 13 septembre 2010. La mère n'est pas morte et elle a bougé quand je l'ai touchée avec le bout d'une brindille.

14.09 - 9 heures - 14 degrés - premiers départs discrets.

14.09 - 11 heures 30 - température 27 degrés - On s'envole par dizaines à partir des fils reliant le cocon aux alentours emportés par la brise. A 16 heures, il y avait encore des aéronautes et les fils scintillaient de partout dans tous les sens.

les araignées naissent riches en instincts de tout genres, de savoir-faire innés suffisants pour faire face aux nécessités les plus dures de l'existence.
Les bébés araignée s'envolent dans les airs en extirpant de leur usine abdominale de longs fils invisibles qui servent d'amarre et lorsqu'elles ont atteint un point culminant et que l'espace sans fin les surplombe seul, un nouveau fil est tiré de la corderie, fil que la brise fait flotter et, sans hésitation...

...les jeunes acrobates s'aventurent surle support. Lâchez tout ! Un remous de l'air brise le fil et entraine dans l'Ether bleu le hardi aéronaute qui est ainsi porté à des centaines, à des milliers de mètres de distance si l'air est vif et la brise persistante. Par un jour chaud,l'air, entre 300 et 1500 m d'altitude, contient de trés nombreux insectes, dont des araigfnées et des acariens suspendus à des fils de soie.

Les minuscules araignées montent sur le point culminant de la plante pour s'envoler, c'est leur rampe de lancement !

Les aéronautes !
On ne voit absolument pas les fils.

J'ai soufflé légèrement sur le cocon, déclenchant ainsi de nombreux départs ! les minuscules thomises mesurent tout juste un millimètre. On ne les aperçoit bien qu'à travers le verre grossissant de l'objectif. Quant aux fils, on ne le voit pas, pour contempler le feu d'artifice des départs il faut que le soleil les frappe et les fasse scintiller. On les appelle les "fils de la Vierge" dans le langage courant.
La mère bouge de temps en temps mais n'intervient pas.

15.09 - 10 heures - 21 degrés - il y a encore des thomises au départ.

16.09 - 13 heures - 26 degrés : la mère thomise est toujours vivante est bien vivante, elle s'est mise s'est enlevée de dessus son cocon et s'est placée aux alentours et elle a réagi à mon approche ! il y a toujours des départs . Depuis le début, c'est plus d'une centaine qui ont pris la voie des airs !
17.09 - 8 heures 30 - 18 degrés aprés pluie - la thomise est toujours sur le cocon.
11 heures - nuageux - 19 degrés - il y a des bébés thomise sur le cocon.
18.09 - 9 heures - 18 degrés aprés pluie nocturne - la mère thomise est hors de son cocon et Il y a encore des départs.
Je suis au jour le jour l'évolution et je présenterai des photos plus tard...

" Voyager prosaïquement à pied ou, aéronautes intrépides, s'élancer sur un fil-avion à travers les espaces sans fin, mollement portées par la brise : tels sont les seuls moyens de dispersion dont disposent les araignées. Point ne leur est besoin d'en avoir davantage puisqu'ils ont suffi à assurer la prospérité de leur race depuis l'époque lointaine de leurs premières apparitions sur notre planète"

Source : Maurice THOMAS in "Vie et moeurs des araignées" - Payot 1953 -
Je tiens à préciser que des informations de ce reportage sont extraites de cet ouvrage.

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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 13:39

 

RECAPITULATIF DES EVENEMENTS


13.09 - les thomises sont nées

14.09 - 9 heures - 14 degrés - les minuscules araignées lâchent leur fil invisible et se font emporter par la brise et les courants ascendants (les fils de la Vierge)
11 heures - la mère thomise n'est pas morte, je l'ai touchée et elle a réagi en bougeant ses pattes..
11 heures 30 - 24 degrés - ça s'envole de partout par dizaines à partir de fils reliant le cocon aux feuilles et rameaux alentours de la plante. Les fils d'envol sont invisibles sauf si le soleil frappe dessus et les fait scintiller.
12 heures 30 - le soleil frappe et c'est un véritable feu d'artifice ! Les brillent sous les reflets du soleil.
14 heures : toujours des départs...

15.09 - 10 heures - 21 degrés - il y a encore des thomises au départ.

Maurice THOMAS signale de 400 à 1200 araignées habitant un cocon. 

16.09 - 13 heures - 26 degrés : la mère thomise est toujours vivante est bien vivante, elle s'est mise s'est enlevée de dessus son cocon et s'est placée aux alentours et elle a réagi à mon approche ! il y a toujours des départs . Depuis le début, c'est plus d'une centaine qui ont pris la voie des airs !

17.09 - 8 heures 30 - 18 degrés aprés pluie - la thomise est toujours sur le cocon.
11 heures - nuageux - 19 degrés - il y a des bébés thomise sur le cocon.

18.09 - 9 heures - 18 degrés aprés pluie nocturne - la mère thomise est hors de son cocon et Il y a encore des départs. En prenant une photo, trois thomises me sont pas passées au-dessus de la tête !

 

19.09 - 12 heures 30 - 18 degrés - vent nord-ouest - la thomise est sur son cocon qui se vide et deux aéronautes s'envolent encore. On dirait que les bébés araignée quittent le berceau à regret !

Je me demande en cette saison et l'automne approchant avec ses intempéries, de quoi peuvent vivre ces araignées de tout juste un millimètre. J'en ai vu une atterrir dans ma stère bois ! Elle sera bien protégée mais elle mangera quoi ?

Je pense que ces minuscules araignées doivent se nourrir d'animalcules qu'elles trouvent dans le bois, dans les tapis de feuilles mortes, dans la terre...

21.09 - 11 heures - 24 degrés - nuageux -

La mère thomise se promène sur la tige du fenouil et le cocon est vide.

21.09 - 18 heures - 22 degrés -

L'ayant vu encore alerte aprés plus d'un mois de jeûne, je pensais qu'elle pouvait encore se mettre à l'affût sur une fleur ; c'est ce qu'elle a fait !
Elle est allée se poster sur une fleur d'un petit buddleia, arbuste situé à 30 centimètres du plant de fenouil. Comme le cocon est à 130 cms du sol sur le fenouil, le budleya à 30 cms du fenouil, et la fleur sur laquelle elle est à nouveau à l'affût à 120 cms de haut, elle a donc parcouru 280 cms en admettant qu'elle n'ait pas effectué des
détours.
C'est bien elle, je la reconnais. Elle a un mouvement de recul en me voyant.
Elle est en position d'affût, pattes écartées (photo).

Cette observation dans la nature montre que les mères thomises ne meurent pas toujours aprés la ponte mais gardent, suivant leur situation, assez de vie pour se déplacer aprés un long temps sans s'alimenter et peuvent reprendre la chasse..
Je lui ai arrosé le buddleia sur sa fin, pour ravigoter les maigres fleurs qui restent...si un butineur passe dans le coin...

Il y a , trés proche du plant de fenouil où se trouve le cocon abandonné, un buisson de romarin sans fleurs et le petit buddleia en fin de floraison. Comment e-t-elle repéré les fleurs ? Je pense que c'est tout simplement à la vue car, quand elle n'était pas en léthargie sur son cocon, elle m'apercevait et avait un mouvement de recul à mon approche (vers les 50 cms environ). 

22.09.2010 : C'est la fin. La thomise a quitté la fleur de buddleia fanée et se trouve au sol sur une feuille, il n'ya plus de fleurs aux alentours.

Elle prend un dernier bain de soleil...

Sans la mort, il n'y aurait pas la vie.

FIN.

22.11.2010 : Cette avant-dernière semaine de novembre, en taillant mes haies, j'ai observé de nombreuses minuscules araignées blanches (5 mm) qui tissaient des fils et se suspendaient aux rameaux ou aux feuilles. Elles ne peuvent pas être des épeires qui naissent au printemps. Je pense donc à des thomises issues éventuellement de  cette importante ponte que j'ai consignée sous le titre de " Thomise : le sacrifice pour la vie". Les petites thomises nées en septembre doivent obligatoirement se nourrir à l'entrée de l'hiver avant de se cacher jusqu'au printemps prochain. J'ai donc pensé qu'elles devaient manger des petits insectes au sol, mais ne serait-il pas possible aussi qu'elles en piègent en hauteur ? Toute la question est là....


2010_1021papiphoto0023.JPG

21.09 : La thomise fatiguée a repris l'affût sur une fleur de buddleia proche !

 

2010_1022papiphoto0026.JPG

 

22.09 : son dernier bain de soleil sur une feuille. 

 

2010_1022papiphoto0032.JPG

 

 J'ai ouvert le cocon délaissé : il est bien vide et propre .

Les jeunes araignées ne s'entredévorent pas comme se sera plus tard le cas, elles restent provisoirement pacifiques.


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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 13:32

 

thomis-et-cocon-sur-fenouil-fin-aout-soleil.JPG

 

J'ai rencontré la thomise dans son cocon terminé vers la fin du mois d'août. Je la crois morte mais elle est bien vivante, elle ressemble à une momie dans son sarcophage ouvert. La sollicitude maternelle des thomises est admirable et se double d'une abnégation que l'on rencontre guère chez les autres mères. Elle ourdit au milieu d'une grappe de fleurs (photo) ou parmi les feuilles, une pochette de satin blanc. Au-dessus du plafond s'élève une coupole de fils blancs formant une guérite pour la mère qui, désormais, ne quitte plus l'abri de ses oeufs. Elle ne chasse plus.
 

thomisus-anustus-sur-fenouil---cocon---le-soir.JPG

Emaciée par l'accouchement, affaiblie par le manque de nourriture,
elle traîne une existence languissante et meurt d'épuisement
peu après l'éclosion, n'ayant plus vécu que pour veiller
sur sa progéniture et aider les jeunes à sortir du cocon

 thomise-3-site-2-premieres-sorties-copie-2.JPG

Les premières petites araignées naissent le 13 septembre 2010.
La mère n'est pas morte et elle a bougé quand je l'ai touchée
avec le bout d'une brindille.

thomise-14-site-7-vu-travers.JPG

14.09 - 9 heures - 14 degrés : premiers départs discrets. 

  

thomise-19-site-1-sorties-devant-maman.JPG

 

14.09 - 11 heures 30 - température 27 degrés - 
on s'envole par dizaines à partir des fils reliant le cocon
aux alentours emportés par la brise.
A 16 heures il y avait encore des aéronautes
et les fils scintillaient de partout.

 

Les petites araignées naissent riches en instincts de tout genres, 
de savoir-faire innés suffisants pour faire face aux nécessités
les plus dures de l'existence. 

 

thomise-11---14-heures-site-4.JPG

 

Les bébés araignée s'envolent dans les airs en extirpant de leur usine abdominale de longs fils invisibles qui servent d'amarre et lorsqu'elles
ont atteint un point culminant et que l'espace san fin les surplombe seul, un nouveau fil est tiré de la corderie, fil que la brise fait flotter et, sans hésitation... 

 

thomise-11---14-heures-site-4.JPG

 

Les minuscules araignées montent sur le point culminant
de la plante pour s'envoler, c'est leur rampe de lancement !

 

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...les jeunes acrobates s'aventurent sur ce support.
Lâchez tout !
Un remous de l'air brise le fil et entraîne dans l'Ether bleu
le hardi aéronaute qui est ainsi porté à des centaines,
à des milliers de mètres de distance si l'air est vif
et la brise persistante.

 

thomise-13-site-6-volent--.JPG

 

J'ai soufflé légèrement sur le cocon, déclenchant ainsi de
nombreux départs !  Les minuscules thomises mesurent tout juste un millimètre. On ne les aperçoit bien qu'à travers le verre grossissant de l'objectif. Quant au fils, on ne les voit pas, pour contempler le feu d'artifice des départs, il faut que le soleil les frappe et  les fasse scintiller. On les appelle les "fils de la Vierge" dans le langage courant.
 

 

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La mère bouge de temps en temps mais n'intervient pas.
Elle attend sa mort proche, son devoir accompli.

 

15.09 - 10 heures - 21 degrés  : il y a toujours des thomises au départ.

 

16.09 - 13 heures - 26 degrés : la mère est toujours vivante et bien vivante, elle s'est retirée de dessus son cocon pour se mettre sur le pourtour.
À mon approche, elle a réagi. Il y a encore des envols de bébés thomise... à suivre...   link

 

"Voyager prosaïquement à pied ou, aéronautes intrépides, s'élancer sur un fil-avion à travers les espaces sans fin, mollement portéées par la brise : tels sont les seuls moyens de dispersion dont disposent les araignées. Point ne leur est besoin d'en avoir d'avantage puisqu'ils ont suffi à assurer la prospérité de leur race depuis l'époque lointaine de leur premières apparitions sur notre planète "

(Maurice Thomas in "Vie et moeurs des araignées" Payot 1953) 

Je tiens à préciser que des informations de ce reportage sont extraites de cet ouvrage.

 

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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 13:25

Épeire fasciée - coït et cannibalisme 
Le coït
L'accouplement des Épeires fasciées : baiser mortel

Cela se passe dans un buisson.
Intrigué par le fait que l'araignée ne dévorait pas un criquet pris au piège,
j'ai attendu et assisté à l'accouplement.
Le mâle arrive du feuillage et hésite...

 

L'épeire se désinteresse du criquet pris dans sa toile et qu'elle a enveloppé...
Arachnides/chrono2641_1.

 


Arachnides/chrono2642_1.
Les épeires fasciées femelles imprègnent les soies de leur toile d'un exsudat attractif pour solliciter les mâles à venir les féconder.

Le contact du petit mâle avec la grosse femelle est très bref...

 

...le gringalet tente de repartir...
Arachnides/chrono2643_1

 

Arachnides/chrono2644_1.
...le baiser de la mort : c'est pour lui le baiser de la mort car il n'a pratiquement aucune chance de s'échapper s'il ne réagit pas assez vite...

 

...bon appétit madame l'ogresse !

Que de théories sur les raisons de ce cannibalisme.
Lire des explications dans les pages de la mante religieuse.
Arachnides/chrono2645_1

 

Arachnides/chrono971_1_1
Arachnides/chrono973_1_2

 

Arachnides/chrono2788_1
Gros plan

"Monsieur de la Hire le fils, celui qui succéda à la place d'astronome de son père, m'a assuré qju'il;avait connu une demoiselle qui mangeait les araignées,qui, quand elle se promenait dans les allées du jardin, n'en voyait aucune qu'elle ne prît et qu'elle ne croquât sur le champ" (Réaumur)

    

  • " Un modèle mathématique explique enfin les centaines de kilomètres parcourus par les araignées dans les airs ! On savait qu'elles déployaient de petits parachutes très performants en fil de soie, mais c'est la fléxibilité du fil, sous estimée jusqu'ici, qui explique cette prouesse. " (Science et vie, nr.1068)

  • La guanine compose la couleur jaune des épeires fasciées. La guanine fait aussi partie de notre ADN : adenine, cytosine, thymine et guanine, les quatre bases.

 

  • L'araignée adepte de la ceinture de chasteté !
    Pour empêcher au maximum l'accouplement d'autres mâles avec sa partenaire, le mâle de l' épeire fasciée obstrue son orifice génital en y laissant le bout de son appareil copulateur. Chez certaines espèces d'araignée, comme l'épeire fasciée, "Argiope bruennichi", la femelle tente de dévorer son partenaire dés le début de l'accouplement. Quand le mâle parvient à se sauver après le rapport sexuel, il laisse souvent l'extrémité de son appendice reproducteur, le pédipalpe, dans l'orifice génital de la femelle. Lors d'expérimentations, les scientifiques ont démontré que cette mutilation avait peu d'effet sur la survie du mâle. En revanche, cela gêne considérablement les accouplements suivants. (revue "science et vie", nr.1079 d'août 2007, E.H)

  • MIMÉTISME VIBRATOIRE : c'est un mimétisme insolite particulier à cette épeire !
    Charles DARWIN écrivait en parlant d'une araignée Epeire rencontrée en Amérique du sud dans «L'origine des espèces» : «... et si on la dérange encore, elle se livre à une curieuse manoeuvre : placée au centre de la toile, qui est attachée à des branches élastiques, elle l'agite violemment jusqu'à ce qu'elle acquiere un mouvement vibratoire si rapide, que le corps de l'araignée devient indistinct». Puis, Lucien BERLAND mentionnait également ce fait au sujet d'une araignée «Pholous phalangicides».

    J'ai aussi observé ce manège à plusieurs reprises sur des araignées épeires fasciées. Lorsque dans la colline je vis ces araignées se balancer sur leur toile à toute vitesse à mon approche, je ne compris pas tout de suite , jusqu'au jour où je lus les observations de DARWIN et BERLAND. Tous les deux supposaient que les araignées imprimaient un mouvement vibratoire à leur toile afin de se dissimuler au regard quand elles étaient inquiétées. Elles font vibrer leur toile, tissée en général pas loin du sol, uniquement lorsqu'on approche, donc qu'elles sentent des vibrations. Elles ne font pas vibrer la toile si elle est construite en hauteur dans les buissons....

    Mais question troublante : comment l'araignée sait-elle que sa toile devient invisible en vibrant ?

 

Arachnides/chrono2787_1

   

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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 13:21

                       
Non dangereuse (lire fin de page ***)

"Après avoir manipulé des milliers d'araignées, j'ai été plusieurs fois mordu par des épeires ; je n'ai ressenti qu'une infime piqûre sans autre suite et j'estime que le danger représenté par les araignées de nos régions est pratiquement nul ; sur ce terrain, je redoute bien d'avantage les fourmis, les guêpes, les taons" (Jacques Denis "le venin des araignées" conférence années 50)

 

epeire fasciée dans haie 30.09

L'épeire fasciée, vue de dessus- haie -

L'épeire fasciée vue de dessous.


Il y a de l'électricité dans l'air !
Les toiles d'araignées sont attirées par l'électricité statiques de leurs proies acquise lors du vol par frottement des ailes contre les molécules d'air. La toile se déforme pour mieux les capturer. (science et vie - E.H - nr. 1152 )

 

Recyclage !

Pratiquement tous les jours la toile de l'argiope est abîmée. L'araignée s'emploie alors, le soir, à constituer une boulette, fil par fil, et avale le tout ; cette matière usagée et retraitée sera employée pour composer à 90 % sa nouvelle toile ! 
 
Épeire fasciée et le criquet
Épeire fasciée

Épeire fasciée et le criquet

C'est ce comportement qui m'avait mis la puce à l'oreille !
Le criquet s'est pris au piège mais l' épeire ne bronche pas...
c'est que sur le bord de la toile le mâle arrivait...
            Voir la page de l'accouplement : link
Épeire fasciée, le repas
Épeire fasciée, le repas


Parasitisme ; on a découvert dans l'intestin
d'une épeire fasciée un ver du genre "Filaria"
          
Epeire-Fasciee-capturant-une-Iphippigere.-haie 
épeire fasciée sur un gros gibier : une éphippigère !
 
Épeire fasciée et sa proie
Épeire fasciée et sa proie -
La proie enveloppée sommairement. L’ogresse n’a pas faim ou est alertée.     
 
Épeire fasciée et sa proie
Épeire fasciée et sa proie -
L’Épeire fasciée d’un mouvement tournant enveloppe sa proie.
Voir le film complet de l’attaque.
 
Toile de l’Épeire
Toile de l’Épeire
 
Épeire fasciée - la coque
Épeire fasciée - la coque


Dans un buisson la coque de «l’Épeire fasciée» contenant sa future progéniture. C’est la fin de sa vie.
Le cocon de l'argiope Bruennichi, qui a la forme d'une montgolfière inversée (photo) est constitué d'un trés grand nombre de couches de soies différentes.qui ont vraisemblablement des rôles particuliers (imperméabilité, protection thermique, protection contre les prédateurs, camouflage, etc)


Un criquet vient de se prendre dans la toile de l’Épeire fasciée en train de terminer un repas. J’ai assisté une fois à un manège insolite alors que j’approchais une épeire qui avait construit sa toile dans les hautes herbes. Alertée, elle s’est mise à exercer des tractions subites et rapides sur ses fils conducteurs, ce qui a eu pour effet de faire vibrer sa toile, la rendant invisible !

Charles Darwin avait observé la même chose sur une araignée en Amérique du sud (Voyage autour du monde d’un naturaliste). Ce processus serait en fait une forme de mimétisme, du mimétisme dans l’espace. Ce qui m’intrigue c’est comment sait-elle qu’un objet qui vibre à haute fréquence devient invisible ?

Voir la suite dans le film de l’attaque. Comme les abeilles (et les crabes), les araignées ont la capacité d’analyser la lumière polarisée. (Von Frisch).

L’éminent biologiste Rupert SHELDRAKE qui a émis l’hypothèse des champs morphogéneses et des structures dissipatives, a écrit dans son livre «Une nouvelle science de la vie» (1981) : «Si les problèmes posés par la morphogénese sont d’une grande compléxité, ceux posés par le comportement le sont plus encore. Il y a tout d’abord l’instinct. Demandons-nous, par exemple, comment les araignées parviennent à tisser des toiles sans jamais l’avoir appris d’autres araignées.»    
   
         
Attaque de l'Épeire fasciée
 
Le repas de l'Epeire fasciée. 
 
Arachnides/chrono845_1
Un petit criquet vient de se prendre au piège de soie (haie,juillet).
Voici le film du repas de l'Epeire fasciée à divers moments.
Sur la deuxiième photo du montage ci-dessous,
on voit bien le mouvement d'enroulement des pattes.
 
Arachnides/chrono1877_1
 
 
Arachnides/chrono848_1
L'Epeire fasciée a terminé son repas et répare sa toile.
Remarquez, sur la dernière photo prise de profil, l'alignement et l'ajustement
parfaits de la toile sur un seul plan. Géométrie dans l'espace !
 
Quelques chiffres Grande surface ! :
  • J'ai eu dans mon jardin en août une toile d'épeire qui avait les dimensions suivantes :
    Elle était retenue par le haut à 2 m 50 du sol à une branche d'acacia, par le bas à la terre, sur la gauche à un buisson de pyracanthas et à droite à un baguenaudier, la distance du pyracanthas au baguenaudier était de 4 mètres environ ! Le diamètre du piège presque circulaire de la toile était de 50 cms environ, soit une surface avoisinant les 7850 cms carrés ! Elle est restée en place une seule journée.
     
  • Le diamètre d'un fil d'araignée varie en 25 et 70 microns, les fibrilles enlaçées qui composent le fil 0 ,05 microns. La résistance d'un fil est évaluée à 149 kilos au millimètre carré ; une toile pèse environ 0,25 milligrammes et l'araignée 500 milligrammes, soit 2000 fois plus. L'élasticité du fil de soie lui permet de s'étirer d'un tiers de sa longueur avant de se rompre. (Yves MASIAC, voir biliographie 2).
***Extrait de "business insider"
  • Chris Buddle, un arachnologue de l'université McGill à Montréal, affirme en effet que les piqûres d'araignées sont beaucoup moins fréquentes que ce que l'on croit.

    Est-ce la fin d'un mythe ? Les préjugés sont-ils en train de tomber ? Les araignées ne piqueraient en réalité pratiquement jamais ! C'est en tout cas la théorie défendu par Chris Buddle, un arachnologue de l'université McGill de Montréal. En effet, les scientifiques affirment que ce que l'on prend pour des morsures d'araignées sont plus généralement des piqûres d'autres insectes, comme les puces, des réactions de la peau à des produits chimiques ou encore des infections. Ses recherches ont été récemment publiées dans le revue LiveScience et reprises par Business Insider.

    "Je suis en contact avec des araignées depuis près de 20 ans, et je n'ai jamais été mordu", affirme Chris Buddle dans cette revue. "Il faut réellement le vouloir pour arriver à se faire mordre par une araignée, parce qu'elles ne le veulent pas (…) Elles sont totalement inoffensives" poursuit le scientifique (Hum... il ne me semble pas avoir lu cela en anglais, il écrit plutôt qu'elles ne sont pas "offensives" donc qu'elles ne cherchent pas à attaquer, seulement à se défendre !!). Il estime en effet que les araignées ont tendance à fuir le contact avec les humains et n'ont donc aucune raison de mordre.

    Mais lorsque c'est le cas, c'est parce que les araignées sont surprises. Et Chris Buddle de certifier que de toute manière, la plupart des araignées n'ont pas la capacité physique de mordre la peau humaine : leurs crocs ne sont pas assez développés. Cette thèse est aussi avancée par Rick Vette, un arachnologue à la retraite. Il indique avoir menée une recherche en ce sens. Et celle-ci a montré que sur 182 patients soignés dans un hôpital de Californie du Sud pour cause de morsure d'araignée, seulement 3,8% des cas étaient réels. Et 85,7% des patients avaient en réalité une infection.
  • Mais ! L'araignée "Latrodectus mactans tredecimguttatus" (Rossi) se rencontre en Corse et sur le continent elle a été observée au col de Banyuls et Camargue. C'est une espèce suffisamment dangereuse pour justifier l'emploi d'un sérum anti-venimeux ( Michel HUBERT in "les araignées")                    
  • Soigner les morsures d'araignée suivant Pline l'Ancien !
    "Contre les morsures de ces sortes d'araignées servent de remède : la cervelle de poule avec un peu de poivre - cinq fourmis en boisson ; la cendre de crotte de mouton en liniment dans du vinaigre ; et les araignées elles-mêmes, quelles qu'elles soient, pourries dans l'huile"
    Pline l'Ancien - livre XXIX "remèdes tirés des animaux"

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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 13:12
EPEIRE DIADEME ou Porte-croix.

EPEIRE DIADEME ou Porte-croix.

Une toile d' Epeire diadème - Solarisation pour bien voir les fils

Une toile d' Epeire diadème - Solarisation pour bien voir les fils

L'araignée accorde sa toile .

"Des scientifiques anglais et espagnols ont reproduit en laboratoire, puis mesuré au laser, de légères vibrations sur la toile de l'araignée "Araneus Diadematus" (épeire diadème), minant l'action du vent, de proies, de partenaires ou de prédateurs. ils ont observé que les vibrations se propagent sous la forme d'ondes transversales et longitudinales, les premières influencées par la tension du fil, les secondes par la rigidité de la soie - deux paramètres que l'araignée sait parfaitement moduler lorsqu'elle tisse sa toile ! Elle optimise ainsi la transmission des ondes qui la renseigneront sur la source et la distance de la perturbation. Les différences de tension des fils renseignent l'araignée sur la position d'un éventuel intrus."
In "science et vie" - E.H - novembre 2016.

Épeire diadème

 

La magnifique toile géométrique de l'épeire diadème, et des araignées orbitèles en général, a sa petite histoire surnaturelle :
Arachné gagne un concours de tissage et de broderie contre Pallas. Pallas, jalouse, lui détruit son oeuvre. Arachné, désespérée, se pend. Pallas la ressuscite alors et la transforme en une bête qui sera l'ancètre des araignées (Arachnides).


L'ARAIGNÉE ORBITELE EN CHIFFRES :

Les araignées étaient présentes au Dévonien, il y a 400 milluions d'années, avant les insectes.
L'appareil de production de la soie est composé de 40.000 fusules, tigelles microscopiques de sortie de la soie.
Le fil de soie est constitué de l'assemblage d'un grand nombre (parfois plusieurs milliers) de fils élémentaires (nommés fibrillles), entrelaçés pour former un fil unique. Ces fils élémentaires sont souvent eux-mêmes constitués d'une partie externe et d'une partie interne. Les fibrilles ont un diamètre de 0,05 microns, c'est-à-dire un vingt millième de millimètre, et le fil varie entre 25 et 70 microns.
La résistance d'un fil d'araingée a été évaluée à 140 kilos par millimètre carré. Certaines fibrilles auraient une résistance supérieure à celle de l'acier. Enfin, des auteurs ont entrepris de calculer quelle longueur de fil il faudrait tisser pour que son poids entraine sa rupture.
Le résultat est éloquent : il est de plus de 40 kilomètres.
L'ensemble d'une toile d'épeire diadème pèse environ 0,25 micro-grammes et soutient un animal dont le poids dépasse souvent 500 micro-grammes, soit deux mille fois plus !
Une épeire diadème produit environ 20 mètres de soie par toile.
(source : Yves MASIAC)
 
Lire également link
 
PRODUCTION DE LA SOIE :
 
L'épeire diadème possède six paires de glandes séricigènes capables de produire la soie indépendamment les unes des autres.Leurs embouchures se situent à l'arrière du corps de l'animal, à l'extrémité de petites protubérances appelées filières.Selon ses besoins, l'araignée utilise telle ou telle sorte de glandes pour sécréter le ganre de fil qu'il lui faut. Ce fil est toujours fait de soie (qui est une protéine), mais peut présenter, suivant la glande dont il provient, des caractéristiques diverses, et être affecté à des tâches variées."
In "Architecture animale" de KARL VON FRISCH - prix Nobel - éditions Albin Michel 1975

 

epeire-diademe-11.11.jpg
L'épeire diadème (Araneus diademetus), ou porte-croix,
ou araignée papale, ou araignée des jardins, sur sa toile, vue de dessous.
araignée epeire diadème
 

Cette charmante bestiole a pris place depuis deux mois dans mon abri de jardin plastifié et ouvert.
Elle y est toujours le 26.11 avec une température de 3 degrés
à 5 heures. Disparue le 12.12.

 

Arachnides/chrono844_1


L'épeire sur sa toile la nuit, vue de dessus.

Cette araignée construit de magnifiques toiles géométriques
Elle tisse sa toile en une heure environ suivant un rituel trés précis
et en produisant 30 mètres de fil de soie.

Elle se nourrit de tous les insectes volants qui se prennent dans sa toile.

 
Ci-dessus, la parfaite géomètrie de la toile.(photo solarisée)
 
 
 
 
 
L'araignée répare sa toile.
J'en ai observé une tisser sa toile en pleine nuit le 15.11.2010 dans une haie
epeire_diademe_raccommode.jpg

 

Arachnides/chrono868_1.
...ou, cachée dans son buisson, elle tient son fil avertisseur
car elle ne se trouve pas toujours à l'affût sur la toile.
"Elle a l'une de ses pattes antérieures posée en permanence sur un rayon ou un fil témoin qu'elle a fabriqué spécialement. C'est la vibration des fils qui lui permet de savoir qu'une proie a été capturée. D'autre part, la tension des rayons lui permet de se rendre compte si sa victime est petite ou grosse. Enfin, et surtout, elle peut détecter, grâce à son toucher, l'endroit où se trouve cette proie.
Si celle-ci ne bouge pas, l'araignée va tirer légèrement, de son poste, sur tous les fils, les uns aprés les autres. Faisant preuve d'un doigté étonnant, elle trouve très vite l'objet de sa convoituse"
In "architecture animale" de KARL VON FRISCH, éditions Albin Michel 1975.
 
Chez les araignées porte-croix, le mâle "sonne" chez l'élue de son coeur. Il dépose sur sa toile un fil sur lequel il tire selon un rythme bien déterminé. A la façon dont la femelle réagit et selon les vibrations qu'elle provoque de son côté, le mâle sait qu'il court le risque d'être dévoré ou qu'il peut s'accoupler avec elle. (Erwin Tretzel.1963."die sprache bei spinnen")
 
Arachnides/chrono869_1.
Une feuille enroulée du buisson lui sert de cachette et d'abri

 

Arachnides/chrono870_1.

L'épeire vient de capturer un bourdon.

 

"La glu qui recouvre le piège de l'épeire diadème attire l'eau ambiante. En se déposant sur les fils de soie, celle-ci forme des gouttelettes chargées électriquement. Lorsqu'une proie approche, la toile lui saute alors dessus, sous l'effet de l'électricité statique."  ("science et vie" - L.C - mars 2014)
          

 

Épeire diadème ou araignée porte-croix . Elle n'est pas toujours sur sa toile le jour mais souvent en position la nuit... de jour, il lui arrive de faire une brusque et rapide sortie pour récupérer une proie énergique prise au piège.Souvent, elle laisse les petits insectes se débattre jusqu’à la nuit... (septembre/octobre). Toutefois, je viens d’observer la même araignée sur une autre toile. Celle-ci , au contraire, est toujours sur sa toile le jour mais jamais la nuit ! Quant à la première citée (la noctambule), elle a changé sa toile d’orientation. Dans un premier temps parallèle à un buisson, elle l’a retissée verticalement au buisson en prenant appui sur un piquet. Les prises ne devaient pas être assez importantes ! Nouvelle orientation le 21.10.2004 (20° à 5 h am) : la toile a été tissée à environ 2 mètres 50 de hauteur, le fil principal retenant toute l’architecture était accroché à un mur situé à 3 mètres du buisson. La toile se trouve alors sur le passage d’abeilles venant butiner sur des sédums... une abeille a été prise.

Bibliographie : " Vie et moeurs des araignées" de Maurice THOMAS et "La vie des araignées" de Jean-Henri FABRE (extrait des "souvenirs entomologiques"), deux livres incontournables sur l'épeire diadème.
 
  • ARABELLA (1976) :
    Au cours de leur vol orbital autour de la terre , les cosmonautes de la station de l'espace SKYLAB avaient amené une araignée (Arabella) pour juger son comportement en apesanteur. Quarante huit heures après son séjour dans l'espace, alors que les cosmonautes étaient indisposés, l'araignée tissait une magnifique toile ! (communiqué NASA).

 


 epeire-diademe-devorant-une-proie---10.JPG

L'epeire diadème finit une proie...

J'ai observé cette Epeire diadème ci-dessus (environ 15 mm) à partir du 13 octobre. Voici quelques relevés de son activité :
23.10 : tisse sa toile la nuit, à partir de 19 heurzes.
25.10 - 12° : l'araignée est sur sa toile la nuit et pas le jour - 15° -
29.10 : elle répare sa toile sous une pluie fine.
31.10 : elle a attrapé une proie et la mange sous la pluie - à 22 heures, elle répare sa toile.
Le lendemain elle est au milieu de sa toile le jour. Pour m'amuser, je lui donne un petit morceau de jambon qu'elle dévore !
02.11 : elle a capturé une Scolie hirsute - 21 ° -
03.11 : Après un gros orage, l'épeire est sur sa toile la nuit.
De jour, si je secoue le buisson où elle est cachée, elle se précipite au point central de sa toile et n'y bouge plus. Alerte !

Je ne l'ai plus vue à partir du 08.11.2008 (une autre jusqu'au 14.11 en 2010), la météo s'étant aggravée. Je ne l'ai pas trouvée dans son buisson.
L'épeire était sur sa toile soit de nuit, soit de jour. Elle la réparait tard le soir ou la nuit.

 

jeune epeure diadème 17.09


18.09 : jeune épeire diadème sur sa toile se sèche au soleil aprés une pluie nocturne. Elle mesure 10 mm x 8 mm. En cette saison, elle devrait être beaucoup plus grosse...

 

*"Chez l'épeire diadème les femelles grossissent considérablement chaque fois qu'elles ont consommé un mâle. Reste bien sûr le risque qu'une trop grande agressivité vis à vis de leurs prétendants fassent qu'elles ne meurent comme elles avaient vécu : de vieilles filles renfrognées" (Olivia JUDSON)

*Les araignées qui tissent des toiles orbitèles (Epeires) ne sont la proie exclusive que de deux genres seulement (Episytron, Caliadurgus) et de deux autres espèces (Cryptocheilus egregius et Batozonellus lacerticida). La toile découverte, le pompile incite la propriétaire à fuir en voletant à quelques centimètres de l'endroit où elle se trouve.
La réaction est d'autant plus rapide que l'Epeire reconnaît le danger, s'enfuit et grimpe au sommet des plantes que l'Episyron, en bon voilier, ne manque pas d'explorer. Il décrit de la sorte d'amples circonvolutions et partant des abords de la toile dont il s'éloigne de plus en plus, mais pour y revenir de temps en temps contrôler que l'araignée n'est pas revenue. S'il la découverte, il l'attaque car elle est comme inhibée devant son ennemi qu'elle ne cherche pas à capturer ! (Philippe FRANCOZ)

 

 guepe-pelopee-2-creusant-la-terre

La guêpe Sceliphron Pélopée capture en général des épeires.

epeire-diademe-amputee

Cette épeire diadème installée dans mon roncier a été amputée
des deux pattes postérieures gauches par je ne sais qui ou je ne sais quoi. Observée le 21.11, elle n'a pas pû reconstruire sa toile et a disparu.

 

INTERMEDE ONIRIQUE !

"Des conversations destinées à éclairer la signification de l'araignée du rêve mettent ces deux aspects au jour. D'un côté l'araignée est cet animal habile et artiste qui s'entoure de superstitions protectrices .
Son travail rétiforme devient le symbole d'une centralisation intelligente des énergies psychiques. Son oeuvre impressionne ; mais de l'autre côté elle éveille la répultion parce qu'elle guette et enlace, parce qu'elle est "le mauvais oeil". Elle est de la sorte devenue le symbole de la femme ensorcelante, de cette virago satanique dont le but réside dans la destruction du mâle. Souvent un rêveur voit une pièce pleine de toiles d'araignées, ou encore il se "trame" quelque chose dans un coin peu remarqué de sa chambre, c'est-à-dire en lui et indépendamment de sa propre volonté. De tels rêves obligent à une grande vigilance. - L'araignée et l'insecte se rapportent en fait au système nerveux qui n'est pas sous la dépendance de la volonté consciente. Ils semblent symboliser un événement se reliant au système neuro-végétatif."

In "les rêves et leur interprétation" de Ernest AEPPLI. 1986 - Payot -

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