On peut remarquer que les branches de l'arbuste
ne sont pas encore habillées de leur feuillage.
- Villemus (04) haie, avril.
" Rossignol, rossignol de mes amours
Quand ton chant s'élèvera
Mon chagrin s'envolera
Et l'amour viendra peut-être.
Ce soir sous ma fenêtre
Reviens gentil rossignol."
(F.Lopez - L.Mariano)
"Avez-vous entendu le travail du rossignol ?
Il peine. Il hésite. Il racle. Il s'étrangle. Il s'élance et retombe.
Et soudain, il trouve. Il vocalise. Il bouleverse" ( Jean Cocteau)
Le rossignol aime fréquenter les ruchers parce que les abeilles jettent dehors leurs larves mortes dont cet oiseau est friand ! Il remplit ainsi le rôle d'agent de nettoyage.
Ils sont fous ces romains !
"J' avais espéré vous offrir des cailles farcies, farcies aux langues de rossignol", dit Hérode," mais malheureusement, ce n'est pas encore la saison des rossignols " (G. Messadié, voir bibliographie)
A UN RUISENOR
Canta en la noche, canta en la mañana,
ruiseñor, en il bosque tus amores ;
canta, que llorarâ quando tu llores
el alba perlas en la flor temprana.
Teñido el cielo de amaranta y grana,
la brisa de la tarde entre les flores
suspirarâ también a los rigores
de tu amor triste y tu esperanza vana.
Y en la noche serena, al puro rayo
de la cellada luna, tus cantares
los ecos sonarân del bosque umbrio.
Y vertiendo dulcisimo desmayo,
cual bâlsamo süave en mis pesares,
endulzarâ tu acento el labio mio.
José de ESPRONCEDA
© in Poesias liricas.1840. El estudiante de Salamanca . Collection Austral nr.917. éditorial Espasa Calpe SA
Fantastique : la voix de l'Invisible
L'histoire commence dans le jardin de la chapelle San Michele où vécut si longtemps Axel MUNTHE.
En visite à ce lieu, la grande comédienne Marie BELL y trouva un rossignol blessé qu'elle recueillit pour le soigner. Elle le nomma "Auguste".
Mais, malheureusement, l'oiseau mourut. Elle l'enterra sous une petite dalle de marbre dans une jardinière de sa maison parisienne de retour dans la capitale. Elle y planta un camélia.
"Quelques jours s'écoulèrent.
Un soir, des amis étant venus chez moi pour dîner, je demandai à mon fidèle secrétaire, Blanche, de faire dresser la table sur la terrasse. Il faisait beau. Le temps était tiède. Nous bavardions de choses et d'autres et en étions au dessert. Un bouchon de Champagne sauta bruyamment...
Soudain un rossignol chanta...
Et je vis sur la petite pierre tombale un rossignol qui continuait à s'égosiller, sans le moins du monde s'inquiéter de ma présence.
Je le pris dans ma main.
Il se tut.
Ses yeux en "boutons de bottines" brillaient.
Une fois dans ma chambre, je le lâchais.
Il ne bougea pas, resta sur mon lit. Il s'endormit, tassé dans ses ailes. Le lendemain matin j'ouvris la fenêtre. Il s'envola "
Auparavant, une idée folle, Marie BELL lui avait mis autour du cou une mince cordelette de soie bleue nouée d'une agrafe !
Un an passa. Un soir de juin, la comédienne dînait à nouveau sur la terrasse avec des amis. Quelqu'un parmi eux, entre deux silence, se mit à dire des vers de Baudelaire... lorsque retentit soudain le chant d'un rossignol. Marie BELL se leva et se dirigea tout droit vers Auguste.
"Ce que j'espérais, avec une espèce d'angoisse délicieuse, était en train de se produire : un rossignol, sous mes yeux, le cou entouré de la cordelette - la même, essentiellement la même puisque j'en vérifiais la couleur et le noeud de soie bleue - nous faisait entendre le pétillement de sa voix tandis qu'en bas, sur les Champs-Elysées, s'écoulait le tintamarre des voitures ! "
(In "confidences fantastiques de Jean-Pierre DORIAN - chapitre : Marie BELL - éditions "Presses de la cité" Paris 1969)