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26 mars 2020 4 26 /03 /mars /2020 15:56

 "Résurrection" 

Une observation insolite que je vous fais partager : 

Aujourd'hui 26.03.2020 il faisait 3° à 5 h du matin et 12° à midi avec un léger mistral frisquet avec soleil.
Pluie légère dans la nuit juste de quoi mouiller les feuilles comme l'on dit.

Vers 11 h je suis allé nettoyer la coupelle de ravitaillement des abeilles et bourdons terrestres qui s'invitent de temps en temps.
La coupelle était pleine d'eau et deux abeilles gisaient totalement inertes à côté sur le support, recroquevillées et, seule une patte de l'une d'elles remuait légèrement, je les ai manipulées : rien !
Comme aucune abeille  n'était encore présente autour cela voulait dire que les deux accidentées avaient passé la nuit dehors !

Il m'est venu alors à l'idée de tenter un sauvetage voué à l'échec : j'ai placé les deux abeilles sur un morceau de papier buvard dans une boite posée en plein soleil dans le jardin, la coupelle étant placée à l'abri du vent et à  l'ombre contre une haie.

Incroyable ! Au bout d'un moment elles ont commencé à frémir très légèrement, puis à remuer et après un quart d'heure environ elles s'envolaient sous mon regard ahuri ! 

Ce n'est que longtemps après que les premières abeilles, comme d'habitude, sont arrivées pour butiner le *miel que j'avais mis dans une cuillère à café.

Voici une observation qui en dit long sur le métabolisme et la résistance d'une abeille mellifère. 

*J'ai une réserve de 5 kilos de miel pour la maison !  

Les abeilles au ravitaillement sur la coupelle et un bourdon  terrestre qui s'invite de temps en temps (photos d'archives)
Les abeilles au ravitaillement sur la coupelle

Les abeilles au ravitaillement sur la coupelle et un bourdon  terrestre qui s'invite de temps en temps (photos d'archives)
et un bourdon  terrestre qui s'invite de temps en temps.

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9 février 2014 7 09 /02 /février /2014 00:20

Le saviez-vous ?
 

Apis mellifera, en latin signifie "qui transporte le miel" 
 
Sur 20.000 espèces recensées dans le monde, seules près de 400 vivent en colonies et stockent le miel.

En voici quelques unes :
 
Apis dorsata (Asie) - Apis mellifera (la notre) - Melipona beechei - Trigona scaptotrigona - Melipona fasciculata (Brésil) - Melipone friseomellita sp. (Amazonie) - Melipona seminigra pernigra (Amazonie) - Melipona flavolineata (Amazonie) - Tetragonisca augustula (Brésil).
(Source : revue "terre sauvage", spécial abeilles - été 2012)
 
  • L'abeille pendant son sommeil replie ses antennes contre sa tête et décontracte ses muscles. Elle semble également les éléments appris dans la journée ("science et vie" juin 21)
  • Au-delà de 2 mètres 50 de la ruche les abeilles ne piquent jamais.
  • On cite des exemples de ruches ayant subsisté 25 ans
  • Des charretiers de Provence m'ont affirmé avoir déniché des colonies d'abeilles dans des trous d'arbre ayant accumulé plusieurs centaines de kilos de miel.
  • L'apier était l'ancien nom du rucher.
  • La glande de Nasanoff sécrète une phéromone qui est l'odeur de la colonie. Une glande située sur le segment apical de l'abdomen de l'abeille.
  • Le marronnier d'Inde butiné par les abeilles donne un miel dépourvu de parfum qui peut servir à édulcorer le café ou le thé sans dénaturer le parfum
  • "Abeillauds" c'est le nom donné dans certaines régions de France aux faux-bourdons de la ruche. 
  • "Calice de gland"  autre nom des cellules royales.
  • Le rat est un des rares êtres vivants à ne pas craindre l'abeille !
  • Les abeilles ont une sainte horreur de l'odeur du cheval !
  • L'ancêtre commun des insectes et des mammifères remonte à 550 millions d'années.
  • Le vernis clair et transparent dont les abeilles tapissent les parois intérieures des cellules à oeufs s'appelle le baume.
  • Les abeilles le savent. Pour éviter d'intoxiquer les larves elles mettent dans le breuvage divin un peu d'acide formique préservateur.
  • Dans la ruche, si le miel emmagasiné fermentait il deviendrait de l'hydromel.
  • Les abeilles essaiment au printemps
  • Comment l’essaim de l’Abeille domestique est-il guidé vers sa nouvelle ruche par celles des ouvrières – 5% de l’effectif - qui en ont repéré l’emplacement ?
    Selon une première hypothèse, les éclaireuses s’installent au cœur de l’essaim et leurs voisines, s’efforçant d’éviter les collisions, volent ainsi de concert avec ces consoeurs déterminées.
    Autre proposition : les guides volent au-dessus de la masse à une vitesse supérieure, entraînant ainsi la troupe (plus ou moins soudée par les phéromones de cohésion). D’après « Bee Swarms Follow High-speed 'Streaker' Bees To Find A New Nest », ScienceDaily, 3 octobre 2008, lu à www.sciencedaily.com/

Pour arrêter un essaim en vol, inutile de taper sur des casseroles ! il suffit de projeter dessus, en le bougeant, le faisceau lumineux du soleil reflété par un miroir. (M.CRENILLIER, apiculteur, 1974)

ou, si vous trouvez un essaim chez vous, pour le faire enlever, regardez les apiculteurs de votre région qui sont disponibles, sur ce lien

Rappelons que les abeilles en essaim ne piquent pas.

Anatomie de l'abeille 

Anatomie de l'abeille

Une véritable fourrure recouvre l'oeil de l'abeille !

Entre les 2500 yeux simples de l'oeil à facettes, d'innombrables petits poils sensoriels jaillissent à l'air libre.
Ils sont disposés de manière à ne pas gêner la vue ; ils prennent la mesure de chaque coup de vent afin que l'animal puisse immédiatement entreprendre les manoeuvres aériennes nécessaires pour ne pas être détourné de sa route. (Vitus B.Drôscher)

Les ailes de l'abeilles battent à 440 coups à la seconde soit 25.000 à l'heure.
Le rythme de la respiration est de 150 contractions à la minute (KHALIFMAN)

NDRL : en fait elles battent à 190/200 coups !

Francesco Stelluti fut le premier en 1625 à dessiner des planches décrivant l'anatomie externe d'une abeille.

Premier dessin de l'anatomie d'une abeille .
Premier dessin de l'anatomie d'une abeille. 

Dessin de Francesco Stelluti (1577-1652)
qui inventa le premier microscope.

Extrait de "métamorphoses" - le monde fascinant des insectes -
Mémoires et Merveilles de la Bibliothèque Nationale de France -
éditions France-loisirs 2004.

Le cerveau à deux faces des abeilles :

Même les abeilles ont un cerveau droit et un cerveau gauche ! Cette division affecte la façon dont elles retiennent les informations affirment les chercheurs dans "PLOS Biology".
Des expériences suggèrent que l'antenne droite et les structures cérébrales dédiées constituent la base de la mémoire temporaire à court terme, alors que la gauche est dévolue à l'apprentissage à long terme. (source : " science et avenir " juin 2008 )

Où déféquer en société ? Pour les abeilles, même les plus jeunes, c’est au fond du jardin, par vol spécial ! 

Cette vie qui loge dans le minuscule cerveau d'une abeille la mémoire d'une danse langagière (J. ROSTAND)

Super bee !

L'abeille n°15 de l'observatoire de Toula (URSS) s'est envolée à plusieurs mètres de la ruche 5 jours seulement après sa naissance ! (J.HALIFMAN)

Quel est le seul aliment qui ne se gâte pas ?
Le miel !

Diverses utilisations du miel et dérivés

Il est tout à fait normal que le miel granule en hiver.
Un miel vieux qui ne granule pas est un miel trafiqué.
 

  • Le miel apaise les brûlures
  • Comme le préconisaient les égyptiens, le miel pur, non traité et non dilué, a bien un effet cicatrisant et antibactérien lorsqu'il est appliqué sur les brûlures.
    C'est la conclusion d'une équipe belge, qui a compilé les résultats de sept études. ("BURNS", juillet 2013) 
  • On vend maintenant dans le commerce du miel en... tube !
  • Le propolis peut servir à mastiquer lorsqu'on greffe un arbre.
  • Ou pour embaumer les morts en Egypte ancienne.
  • Certains apiculteurs emploient les piqûres d'abeilles (apipuncture) pour soigner les rhumatismes, la goutte et les dermatoses tuberculeuses.
  • La «gelée royale» contient les acides aminés suivant : l'argine, l'histidine, la lysine, le tryptophane, la phénylanine, la cystine, la méthionine, la thrionine, la leucine, l'isoleucine, la valine, l'acide glutamique, l'alanine, l'acide aspartique, la glycine, la sérine.
  • Le miel avait un rôle, ainsi que de nombreux produits naturels, dans la fabrication des couleurs de la peinture ancienne (oeuvres d'art  M.H.RABATE in PASSERON, voir biblio)

À noter :

Les abeilles préfèrent les pelouses tondues tous les 15 jours,
trois semaines pour le renouvellement de la flore.

Les soleils des abeilles

Des cellules spéciales présentes à la surface des pétales des fleurs
facilitent les visites des insectes pollinisateurs.

Abeilles-domestiques/chrono2382_1

En une même sortie, l'abeille ne butine qu'une seule espèce de fleur
tant qu'elle est productive (fidélité trophique).
L'abeille est polygolectique (visite plusieurs variétés de fleurs),
le contraire est oligolectique.

Le pollen de tournesol est constitué de grains lourds, épineux, adhérents, caractéristiques propres aux pollens nécessitant un transport par les insectes.
La production de semences hybrides qui exige un transfert de pollen des lignées mâles au lignées femelles est donc strictement sous la dépendance d'une pollinisation entomophile dont l'abeille est le principal agent.
(M. H . Pham-Delègue, G. Arnold, D. Thierry et C. Fonta in " Science et vie " HS entomologie 1987)

Albert EINSTEIN prophétisait :
« Si les abeilles venaient à disparaître,
l'homme n'aurait plus que quelques années à vivre». 

La première apparition de cette fausse citation attribuée à Einstein remonte à janvier 1994, dans un communiqué de presse de l’Associated Press rédigé par le journaliste Paul Ames à l’occasion d’une manifestation d’apiculteurs lors d’une réunion des ministres européen de l’Agriculture à Bruxelles.
Il a repris cette citation d’un tract distribué à l’occasion par le syndicat d’apiculteurs - Rendons à César....

PÎQURES d'ABEILLES & autres

Il faut environ 50 piqûres d'abeilles pour tuer un homme bien portant contre trois 3 piqûres de frelons.
Mais ce sont les hyménoptères les plus inoffensifs hors du nid.
Par contre, la guêpe est beaucoup plus dangereuses par allergie car elle mange souvent un peu de tout, viande avariée, fruits gâtés etc  et pique pour un oui ou pour un non, elle est susceptible.
Le seul geste à ne pas faire et d'essayer de la chasser de la main quand on mange dehors ou en pique-nique.
Le xylocope, quoique imposant, n'est absolument pas dangereux ainsi que les autres abeilles solitaires.

Voir articles  "frelons" et "Xylocope violacé

"Des insectes dans nos assiettes" ?

"Difficile de lutter contre nos préjugés et nos réticences, même si certains curieux qui y ont goûté nous vantent aujourd'hui le goût délicieux d'une fricassée d'abeilles au miel ou de fourmis au chocolat ! " In revue "mutualiste" nr. 331/2016

Les abeilles sauvées... par erreur :

Dès la loi sur la biodiversité adoptée, Ségolène Royal a "trompetté" : la France "protège la santé et les pollinisateurs".
Pourtant, la disposition essentielle de la loi a été adoptée... par erreur.
La députée UDI Marina Sage, qui a voté pour, a précisé sur le compte rendu de la séance "qu'elle avait voulu voter contre".
Or l'amendement qui proscrit les néonicotinoïdes  a été adoptée avec une voix d'avance ("le point" mars 2016)  😀 

Les abeilles ne se plaignent pas de Paris !

La Monnaie de Paris lance une souscription pour installer trois ruches sur ses toits, quai de Conti.
Elles seront gérées par Audric de Campeau, apiculteur de prestigieux toits parisiens, dont ceux du musée d'Orsay. (l
e point" 2202)

Elles y trouvent tant d'espaces verts bien entretenus, si peu d'insectes concurrents, qu'elles produisent en moyenne plus de miel (excellent) par ruche que leurs soeurs campagnardes. ("science et vie" nr.887, août 1991)

En 2020 on compte près de 2000 ruches sur ses toits. Soit plus de 120 millions d'abeilles prêtes à polliniser les arbres et  les fleurs de la capitale. 

Marcel PAGNOL détestait les abeilles !

Je ne puis m'approcher d'une ruche sans éprouver un sentiment de mépris,
de dégoût et d'horreur."
Pourquoi ?

Parce que les abeilles ne font pas l'amour, seul "un bref clystère suivi d'une longue diarrhée" (la ponte) pour la reine seule, parce que les faux-bourdons (les mâles* ) sont exterminés et parce que la reine est condamnée à pondre toute sa vie dans le noir.
"Ainsi, la ruche ou la fourmilière m'apparaissent comme des ruines vivantes, mais irréparables, et leur existence, si lugubre, si effrayante, devrait être pour les hommes un avertissement, et une éternelle leçon."
Il y voit le danger de l'uniformisation des individus dans le but de l'optimisation du rendement, qui fait disparaître la poésie et la beauté.
(Jacqueline et Fréderic PAGNOL, voir bibliographie)

Dans son texte, M.PAGNOL appelle les faux-bourdons : les frelons.

Saint Patron :

C'est Saint AMBROISE (340 - 397), père de l'église latine, qui est le patron des apiculteurs.
Quand il était jeune, ce saint aurait reçu un essaim dans la bouche, la multitude serait aussitôt ressortie... bénie ! (c'est moi qui ajoute ! )
On peut retrouver plusieurs histoires relatives à Saint AMBROISE, qui fut préfet des gaules et archevêque de Milan au IVe siècle.
Les apiculteurs russes honorent d'autres saints.
(renseignements communiqués par Mr Jacques GOÜT, Musée vivant de l'apiculture)

Météorologie & dictons

"Si l'abeille tarde à rentrer, c'est signe de pluie".
Sentence vérifiée par les spécialistes, le degré hygrométrique de l'air facilite la production du nectar, donc retarde la présence de l'insecte sur les fleurs.
Cette prévision n'est valable qu'un certain temps, quelques heures.

Il va pleuvoir si les abeilles s'éloignent peu de la ruche.

Puisque je vous parle de météo, sachez, pour la petite histoire, qu'il a fait 38°4 à Paris le 19 juillet 1881 et on a relevé 75°2 sur un thermomètre posé sur une pelouse sèche en plein soleil ! Il a fait aussi 43°6 à Montpellier en 1907 et 40° à Paris le 26.08.1765.
(source : " les Annales ", août 1900, nr 896)

"En mai, un essaim vaut une vache à lait ."
“La femme est un papillon qui pique comme une abeille.”
“Abeille : Petit insecte capable de fabriquer du ciel.”
“L'abeille qui reste au nid n'amasse pas de miel.” 

«Ni les abeilles ni le vent n'obéissent aux règlements» Prince Charles, opposant aux OGM.

Crise du logement !
Ou lorsque les abeilles et les hommes conjuguent leur effet :

L'ornithologue Mc KINLEY vient d'expliquer pourquoi le perroquet de Caroline, très abondant dans cette région il y a 100 ans, en a aujourd'hui presque disparu complètement. Ce ne sont pas les chasseurs, mais les abeilles et, indirectement, la crise du logement qui en fut la raison.
Les perroquets nichaient dans les arbres creux qui furent utilisés également comme refuges par les abeilles importées d'Europe.
Comme les pionniers n'hésitaient pas à abattre ces arbres pour se procurer du miel, les perroquets se firent rares.
La crise du logement finit par éteindre presque complètement leur espèce de cette région ("Science et vie", nr. 525 de juin 1961)

Abeilles-domestiques/chrono68_1.

Crise du logement : les abeilles chassent les perroquets de la Caroline !
© Maurice Henry 1961

INSECTICIDES & PESTICIDES

Gaucho, Régent et tournesols :
Pour la première fois depuis 10 ans, les récoltes de miel de tournesol ont augmenté en France. Elles sont mêmes passées dans le Sud-ouest de 10 kg en 2004 à 50 kg par ruche en 2005.
Les apiculteurs attribuent ce progrès à l'interdiction toujours discutée des insecticides Gaucho et Régent (Science et Vie. nr. 1059, décembre 2005)

Les insecticides Klartan et Maurik, à base de Fluvalinate, et la Phosalone seraient non toxiques pour les abeilles (1987)

Une abeille peut explorer un point sur une superficie de 7200 hectares autour de sa ruche (PARTOT).
D'où le danger d'employer des pesticides dans les environs d'un rucher !

Les abeilles vendangent... hic !... hic !

Un grand viticulteur téléphone à un oenologue de grande réputation :
"Je crois que je vais commencer à couper. Les abeilles n'ont jamais été aussi virulentes ! Elles attaquent les raisins les plus mûrs. Vous devriez venir voir ça ! Bientôt ce ne sera même plus la peine de vendanger." (Emile PEYNAUD, voir bibliographie).
 

L'avenir de nos grands vins, et des autres, passe par la sélection olfactive.
À nos amis ampélographes d'avoir enfin du nez !

NDLR : et si on embauchait les abeilles ?
 

Le miel et le vin :

​​​​​On a des raisons de penser que l'usage du sucre existait avant CHAPTAL.
ROZIER conseillait, dans le cas des moûts trop aqueux, d'ajouter, outre le moût bouilli et concentré, ce qu'il appelait du "muqueux doux" et le miel de préférence.
Il préconisait une livre de miel pour cent litres de moût, ce qui ne fait qu'à peine cinq grammes par litre et donc un gain d'alcool insignifiant. (Emile PEYNAUD)

 BOISSONS PRÉFÉRÉES DES ABEILLES 

L'abeille paraît présenter une véritable dépravation de l'odorat, puisqu'elle préfère, c'est un fait bien établi, les eaux sales à l'eau pure : il n'est mare si infecte qu'elle ne recherche pour venir s'y désaltérer. Les apiculteurs parisiens (il en existe beaucoup) n'ignorent pas que leurs chères avettes vont s'abreuver dans les urinoirs.
Les allemands ont prouvé que c'étaient les traces d'indol et de sestol, substances tout spécialement malodorantes, présentes dans l'eau sale, qui attirent ainsi les chastes buveuses de rosée ! 
(Remy CHAUVIN, voir bibliographie)

"La joie des abeilles" : un peu de coke, tant pis si le sirop est mauvais, leur danse est frénétique.

Les abeilles aiment le café.

Le café améliore la mémoire des abeilles.

Des chercheurs de l'université de Newcastle  ont découvert la présence de quantités infimes de caféine dans le nectar d'orangers et de citronniers.
Des tests ont prouvé qu'à très faibles doses la caféine stimule la mémoire des abeilles qui, du coup, retrouvent plus facilement le chemin de la plante.
Ainsi en distillant de la caféine dans son nectar, la plante s'assure une meilleure fréquentation, et donc une meilleure pollinisation. (Science)

Coopération gourmande :

Les rossignols aiment fréquenter les abords des ruchers parce que les abeilles jettent en dehors de leur ruche les larves mortes dont ces oiseaux sont friands !
Irascible, le rossignol ne supporte pas la compagnie de ses congénères, sauf dans ce lieu gourmand.

L'utilité du rossignol en apiculture :

Un spécialiste, Mr MORAUD, a communiqué au journal "l'apiculteur", une observation curieuse sur l'utilité qu'il peut y avoir, pour un apiculteur, à posséder des rossignols près de ses ruches.
Il a pu en effet surveiller les rossignols qui avaient coutume de se poster à l'entrée de ses ruches, et il a constaté qu'ils capturaient uniquement les mâles.
Il fit une expérience probante : il tua une douzaine de bourdons et six ouvrières, et les posa devant la ruche sur une planche ; quand la rentrée des abeilles mâles fut terminée, les rossignols se mirent à rôder, aperçurent la planche, enlevèrent tous les mâles, mais ne touchèrent à aucun corps des ouvrières. (Source : CNAM et OPIE, juin 2008)

Superstitions :

Les abeilles ont la moralité tatillonne et répugnent absolument à s'établir en Irlande et, même, sur un lopin de terre que l'on aurait fait venir de là-bas.

Sur le toit des ruches vides il ne faut pas manquer de placer, en croix, deux brins de paille que seul le vent ensuite pourra toucher. (R.MOREL et S.WALTER, voir bibliographie 2)

MALENTENDU

Marcel ROLAND décrit dans son ouvrage "Appel au bercail" des abeilles qui se posent sur l'eau : "Les abeilles doivent se faire aussi vaporeuses que des flocons de neige pour que l'air emmagasiné dans leurs petits ongles leur serve de flotteur.
Alors, sans bouger, elles boivent".

Les guêpes se posent sur l'eau (voir "hyménoptères") mais pas les abeilles.

À moins que celles du Quercy.... mais j'en doute.

D'où provient l'expression "Lune de miel" ?

Une coutume vieille de 4000 ans, à Babylone, voulait que pendant le mois qui suivait un mariage, le père de la mariée devait offrir à boire à son beau-fils autant de "mead" qu'il pouvait.
Le "mead" était une bière à base de miel, et comme le calendrier était basé sur les cycles lunaires, cette période était appelée le mois du miel, et d'où, de nos jours la "Lune de Miel" ! (source Internet, avec autorisation)

Et chez les Goths, les nouveaux conjoints devaient se nourrir presque exclusivement de miel pendant les 30 jours qui suivaient leur mariage.

Pacem in terris !

Une équipe dirigée par Jerry BROMENSHENK à l'université du Montana est parvenue, en 2002, à entraîner des abeilles au déminage.
Après que leur ration d'eau sucrée alimentaire ait été associée à la diffusion d'effluves d'explosif, les insectes se dirigeaient naturellement vers les zones où l'odeur est perceptible : détectée par radar, la concentration des insectes trahit alors la présence de mines.
C'est maintenant au tour des guêpes "Microplitis croceipes"  de renifler drogues et explosifs ! ("Science et vie" nr. 1066, juillet 2006)

NDLR : le système avait déjà été entrevu en Russie dans un rucher de Kolkloz dans les années 50. Expliquation dans le livre "les abeilles" de khalifman, éditions russes en français, 1955, page 229.

Une fois ce réflexe conditionné acquis, les insectes ont pu reconnaître des substances explosives comme la dynamite, le plastique C-4 ainsi que le TATP (triacetone-triperoxide), souvent utilisées par les terroristes kamikazes.

Les scientifiques ont également pu prouver que les abeilles pouvaient renifler ces explosifs en la présence de substances pouvant potentiellement faire interférence tels des parfums, l'huile de moteur ou des agents répulsifs pour les insectes.

"Les abeilles ont un odorat aussi développé que celui des chiens", souligne Tim Haarmann, le responsable de ce projet de recherche de 18 mois.
Le dressage prend deux heures et les abeilles peuvent être déployées immédiatement après. (Nouvel Observateur 30.11.2006)
 

LES ABEILLES - Le saviez-vous ?

DIVERSES INFORMATIONS
 

  • Dorothy HODGES (1758-1800) était une excellente dessinatrice anglaise qui réalisa de merveilleuses planches sur les abeilles et illustra des ouvrages. Voir sur le Web mondial.
    Illustration Dorothy Hodges
  • DJEBAHS : ruches cylindriques utilisées en Afrique du Nord. (1974).
  • Le congrès APIMONDIA a eu lieu pour le première fois en France du 8 au 14.09.1975 à Grenoble. Karl Von FRISCH faisait partie du comité d'honneur.
  • Un petit goût d'éternité ! Bacillus subtilis est une bactérie qui survit dans l'espace ! 
    On l'a aussi retrouvée, vivante, dans l'organisme d'une abeille emprisonnée dans l'ambre depuis plus de... 20 millions d'années ! (Science et vie, nr.239, hors série "les nouveaux mondes", juin 2007)
  • Dans le livre "les insectes" de Jean ROSTAND (1936), page 59, on voit la photo d'un essaim d'abeilles sur des gâteaux nidifiés en plein air sans protection sur les branches d'un arbre.
  • Informatique : Une méthode de communication entre les serveurs d’un réseau, inspirée de la danse des abeilles, augmente leur efficacité !  revue "Pour la science"
  • "La peur des abeilles" : leur vrombissement suffit à faire claquer certaines chenilles des mandibules. (OPIE)
  • Dans le Midi de la France, quand un apiculteur décédait, on l'annonçait aux abeilles et des morceaux de crêpe noir étaient suspendus aux ruches. Les coutume du deuil sur les ruches sont révélatrices du lien contractuel entre l'apiculteur et les abeilles.
    Est-ce que cette tradition existe toujours ?
  • Un essaim d'abeilles avait élu domicile dans un grand Christ en fonte au milieu de la place publique d'un village. Il était resté plusieurs années dans cette sainte demeure ! Et Hérodote nous raconte que les habitants d'Amathonte, dans l'île de Chypre, assiégés par Onésilius, lui avaient tranché la tête et la suspendirent au dessus d'une des portes de la ville.
    Avec le temps, la tête étant devenue creuse, un essaim d'abeilles s'y retira et y déposa des gâteaux de miel !
  • On trouve dans la cire de la cérine, de la myricine, de la céroléine et des hydrocarbures saturés. (Alin Caillas 1927)
  • "Dans la nature on le trouve (hydrocarbure saturé) dans le dard et les piqûres de plusieurs insectes de l'ordre des hyménoptères, comme les abeilles et les fourmis, mais aussi sur les poils qui composent les feuilles de certaines plantes de la famille des urticacées (orties)" - Wikipedia -
  • Les rêves dans lesquels apparaissent des abeilles sont rares.
    Ils sont symboliquement positifs.
  • 990 plantes principales, c'est la flore mondiale apicole (Apiservices)
  • Pays du froid : on rencontre de l'apiculture jusqu'à 63° de latitude nord (Finlande) - source : Apiservices
  • Les abeilles essaiment au printemps, les fourmis en automne. Essaimage d'une colonie de fourmis dans mon jardin le 27.09.2006, ce qui a attiré... un vol de mouettes ! Toutes les années en cette période, c'est le grand départ des "aludes" (fourmis ailées en provençal)
  • L'Ordre de la mouche à miel fut institué par la duchesse du Maine, au château de Sceaux, le 11 juin 1703. Cet ordre, créé par caprice et divertissement dura fort peu.
  • Maurice MAETERLINCK (1862-1949) était aussi apiculteur.
    Il décrivit très précisément "la vie des abeilles" (1901) et découvrit "l'intelligence des fleurs" (1907), provocation dans le monde de la botanique 
     
  • À propos de Jean-Henri FABRE : une jolie image.
    "Il a butiné comme un miel les plus neuves, les plus poétiques observations sur l'étrange existence des petites bêtes" (Edouard HELSEY, " les annales " nr.1453)
    Et notre grand entomologiste a écrit : "Nous regardons les ruches, autour desquelles les abeilles font comme une fumée rousse"
     
  • La Fontaines-aux-fées (1911)
    À côté de la maisonnette, s'étend un long rucher presque complètement abandonné. Seule une ruche de bois garde encore des abeilles. La Fontaine-aux-fées est dans l'enclos même. (E.HINZELIN)
    NDLR : lieu où vécu Jeanne d'Arc.

Qui cherche trouve !

FABRE, VERLAINE, G.BONNIER, TURNER, BETHE, H. VON BUTTEL-REEPEN, ROMANES, E.YUNG, FERTON, DESLY, E.L. BOUVIER, MARCHAND, GIARD, E. RABAUD (ce dernier adversaire de FABRE "de si médiocres expériences") ont réalisé des expériences et ont écrit sur l'orientation des hyménoptères et en particulier des abeilles, sans découvrir les points majeurs .
"Des faits bien établis relatifs aux hyménoptères volants permet une conclusion ferme. L'orientation de ces insectes ne met en jeu que des repères sensoriels.
Ces repères sont sûrement, et peut-être exclusivement, d'ordre visuel, dès l'instant où l'insecte part en direction du nid, jusqu'au moment où il arrive sur l'emplacement du nid."

J-H.FABRE a expérimenté sans conclure, et c'est K.V. FRISCH qui mit tout le monde d'accord en découvrant le rôle du soleil, de la lumière polarisée, de l'odorat et de la danse frétillante dans l'orientation des abeilles.

 (voir bibliographie).

Voisinage dangereux !

L'Aigle huppé (Nisaetus cirrhatus) de la sous-espèce ceylanensis est commun au Sri Lanka.
27.02.2016, Uvni Senanayake, Praneeth Ratnayake, Sahan Siriwardena et Dinith Pathirge ont découvert près de Rattota une aire de ce rapace construite à 16,5 mètres du sol dans un fromager rouge (Bombax ceiba) où étaient aussi installés trois essaims d'abeilles géantes (Apis dorsata), dont un était placé sous la branche supportant le nid des oiseaux. Le 5 mars, la femelle a été vue couvant dans son nid, son partenaire évoluant à proximité. Aucune interaction avec les abeilles n'a été notée, les deux oiseaux s'approchant toujours en venant du sud-ouest et s'envolant en direction du nord-est, certainement pour éviter tout risque de contact. C'est à priori le premier cas connu d'un Aigle huppé nichant près d'hyménoptères. (Ornithomedia.2018)

* Sir Charles Malet (1752-1815) raconte qu'un nombre prodigieux d'abeilles ont établi leurs ruches dans les cavernes de Salsette et d'Eléphanta (île de l'Inde anglaise). Elles déposent leur miel dans les fentes de rocher et aux intervalles que laissent entre elles les statues ; en divers endroits, elles sont suspendues avec leurs travaux en grappes immenses (C.Juranville). 

CHANTECLER

Chanteclerc Edmond Rostand

Le coq, un volatile un peu borné, est la vedette de "Chantecler", la pièce en quatre actes et en vers d' Edmond ROSTAND, le père de Maurice et de Jean (le fameux biologiste).
Par contre, les abeilles, insectes très évolués, ont seulement un rôle invisible dans les choeurs .
On les entend dire dans la pièce :
"Engouffrons - Nos fronfrons - Dans l'iris - Et le lys !"

et

* Chantecler : ...À tout le Pintadisme assemblé sous ces treilles;
   Laissez le potager - N'est-ce pas les abeilles ? -
   Travailler à changer en fruits sa floraison.
Les abeilles : Il a raison, il a raison, il a raison !
* Chantecler : Rien ne se fait de bon dans le fruit. Il empêche 
   La branche...
Les abeilles : Il a raison !
* Chantecler : De mettre à point sa pêche ;
   La grappe...
Les abeilles : Il a raison !
* Chantecler : De mûrir sur le cep.

Edmond ROSTAND (1910)

Ils ont chanté les abeilles :

VIRGILE, Fernand GREGH, Mme L. ACKERMANN, MICHELET
("Les annales " 1890,1900)

Une fleur est pour elle une mer de délices,
Elle sort trébuchant sous une poudre d'or.
Son fardeau l'alourdit, mais elle vole encor
Dans son enchantement, au fond de cent calices.
(Mme L. ACKERMANN, extrait de "L'abeille" in "Les annales  1890)

APICULTEURS EN COLÈRE

On vole les d'abeilles !

Le 10.08.2006, la télévision régionale Provence-Alpes-Côte d'Azur,
diffusait des images d'apiculteurs en colère :
des bandes organisées volent les ruches dans les Alpes-de-Haute-Provence !
La nuit sans doute.

L'abeille africaine :

L'abeille africanisée, race hybride de l'abeille domestique, en compétition avec d'autres abeilles locales, les élimine progressivement.
Au Brésil en 1956, l'introduction d'une abeille africaine, envahissant le continent sud-américain, s'est tristement rendue célèbre pour le nombre des victimes humaines suite à des réactions allergiques consécutives à des piqûres.

ANECDOTES
 

Une tenue pleine de piquants !

On n'a pas battu le record du monde de 40 kg d'abeilles depuis 1998, mais un jeune apiculteur chinois, de la province de Hunan, en short et lunettes de piscine, a attiré plus de 230.000 insectes contre lui. Comment ? En accrochant la reine dans une petite boite en plastique juste en dessous de son menton. Les abeilles de la ruche vont alors naturellement s'agglutiner près d'elle. Comme pendant l'essaimage, lorsqu'elles partent en quête d'un nouvel habitat en suivant leur souveraine. Un apiculteur de l'Hérault, Bernard FRAYSSE, a pratiqué l'expérience à plusieurs reprises..
(In revue "ça m'intéresse", nr.367, septembre 2011)

 

abeille robot telegramme-de-Brest-.06.2012 
 Document "le télégramme de Brest" du 22.06.2012
par Julie LALLOUÊT-GEFFROY 

Les requins tuent moins que les abeilles !

Quelques chiffres communiqués par l'ISAF (International Shark Attack File) toutes espèces confondues :

1990 - 35 attaques dont 2 mortelles dans le monde -
1995 : 65 attaques dont 10 mortelles -
2000 : 78 attaques dont 11 mortelles -
2005 : 59 attaques dont 4 mortelles.

 Chaque année plus de 1200 personnes sont tuées par les abeilles
et 2500 dévorées par les crocodiles !

in "la gazette des pontons" Toulon - nr 55.

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9 février 2014 7 09 /02 /février /2014 00:15

Les abeilles - Éthologie - 1 -

C'est REAUMUR qui créa le premier l'éthologie à propos
des abeilles et qui eut,
après ARISTOTE, la première intuition sur la parthénogenèse.

C'est DZIERZON, apiculteur-naturaliste de Silésie
qui découvrit la parthénogénèse facultative normale chez les abeilles.

Abeilles-domestiques/chrono72_1

Abeille faisant une récolte de pollen sur un ciste cotonneux en Provence.

23 Royales dans une ruche !

Un biologiste français, le docteur M. MATHIS de l'institut Pasteur de Tunis, a réussi à faire nourrir 23 reines par les habitants de la même ruche à feuillets (genre HUBER) d'abeilles «Apis mellifica» variété «Punica».
Ce résultat n'a pu être obtenu qu'en provoquant par deux «orphelinages» successifs un nouveau reflexe éducateur, qui modifie radicalement le comportement habituel des abeilles. (source : collection revue «Science et vie», septembre 1948, nr.372, par Georges PAULET)

Guidage précis par la danse, le son et l'odeur.

* «Pendant longtemps on a cru que les abeilles communiquaient entre elles que par le geste ou, plus exactement, en exécutant des danses soigneusement réglées et précises (VON FRISCH, 1920).
Bien que la valeur de ces ballets plein de sens ne soit toujours pas discutée, on sait aujourd'hui qu'elles joignent la parole au geste, ou plus exactement qu'elles émettent des messages sonores.
Ceux-ci permettent aux abeilles de faire connaître des renseignements précis sur les sources de nourriture qu'elles ont découvertes.
Ce sont vraisemblablement les antennes qui sont l'organe de cette communication.
Mais elles font aussi appel aux odeurs pour échanger des informations entre elles.

Danses, sons, odeurs,
c'est donc à trois niveaux que se situe ce qu'on a appelé le langage des abeilles.


De récents travaux permettent enfin de dévoiler un peu leur mystère.»
(M.C.BUSNEL, maître de recherche à l' INRA).

* Capable d'identifier le moindre principe actif d'une molécule odorante, diffusant elles-mêmes des substances qui sont autant de messages de sexualité, d'alarme ou de marquages, les abeilles ont atteint au plus haut niveau de la communication olfactive («fabuleux insectes» in «Science et vie» HS entomologie 1987)

* Si l'homme trouve insolite les moyens de communication des abeilles qui se palpent le corps, les antennes, émettent des phéromones (ou phéro-hormones) et dansent en rond , qu'en est-il quand on voit le moyen de se saluer des tibétains : ils ôtent leur chapeau, tirent la langue et se grattent l'oreille droite, tout cela en même temps ! (source : Alexandra David Néel, voir biblio).

* Les abeilles ont la mémoire des odeurs et du temps, la mémoire d'un lieu (voir mes observations).

* Chez les abeilles, les organes du goût se trouvent sur les antennes et les tarses.

* Comparées à l'homme, il faut donner aux abeilles une solution sucrée d'une concentration 10 fois supérieure pour qu'elles en perçoivent le goût ! (Von Frisch).
La sensibilité de l'abeille est du même ordre de grandeur que celle de l'homme pour les substances à goût salé et pour les acides ; en revanche, l'abeille est nettement moins sensible aux corps amers.

* On constate que les capacités olfactives de l'abeille est tout à fait comparable à celles de l'homme et tiennent sans doute un rôle très important dans la recherche alimentaire (E.BAUMGARDT, voir biblio)

Sur le sens olfactif...

J’ai mis du très bon miel parfumé (AOC de Corse !) sur une soucoupe au milieu de rares fleurs mellifères par temps de disette, les abeilles ne l’ont pas trouvé.
C’est par le plus grand des hasards qu’elles le trouvent, ou si je leur pose la langue dessus ! Et cela à plusieurs reprises…

Un "nez" !

Parmi 34 sucres et substances voisines, 30 nous paraissent sucrées mais seulement 9 le sont pour l'abeille, substances qui sont d'ailleurs présentes dans leur nourriture naturelle. Le sens de l'odorat chez l'abeille a été clairement prouvé par LEFEBVRE en 1838.
Elle peut, par exemple, distinguer une essence d'orange parmi 43 autres huiles volatiles et son acuité olfactive ne semble pas très différente de celle de l'homme (WIGGLESWORTH, voir bibliographie)

  • Travaux et expériences de WENNER et de son élève JOHNSON aux USA, ESCH en Allemagne et du professeur LOBASHEW en Russie. (source : revue «Science et Avenir» Nr. 252, février 1968).
    Odeur : perception spatiale d'un message olfactif.

PARASITE & ENNEMI

  • «Aethina tumida» est un scarabée parasite des abeilles. Elles ne peuvent s'en débarrasser parce que cet insecte est insensible à leurs piqûres.
    En Afrique du Sud, les abeilles ont trouvé la parade : elles enveloppent le vivant scarabée dans du propolis !
  • «Philanthus triangulum» est une guêpe solitaire des sables qui attaque uniquement les abeilles.
    Ce fut le premier insecte que Niko Tinbergen étudia dans le Hulshorst en Hollande. Cette guêpe repère l'abeille par l'odeur.

CHROMATIQUE

  • Il est difficile d'affirmer qu'un animal perçoit les mêmes qualités chromatiques que nous. C'est pourquoi nous avons usé systématiquement des guillemets lorsque nous disions que l'abeille percevait le "rouge" ou le "jaune". (J-C.FILLIOUX, voir biblio)
     
  • Beaucoup de fleurs que nous croyons rouges comme celles des bruyères, du trèfle incarnat, des rhododendrons et des cyclamens sont en fait plus pourpre que rouges ; les abeilles n'y voient que le bleu qu'elles contiennent et les visitent comme des fleurs bleues ! (J-M.PELT, voir biblio)

    NDLR : Personnellement, sur la nappe de coquelicots qui fleurit sur mon terrain, je n'ai jamais vu des abeilles butiner sur ces fleurs. Par contre, elles sont très visitées par les bourdons des prés (Bombus pratorum) , quoique la distinction entre bourdons des champs, bourdons des prés, bourdons des jardins et bourdons des bois soit assez difficile sans recourir à la loupe, donc sans les tuer pour les distinguer. Bourdons qui, quelle que soit l'espèce, semblent avoir une autre vision de cette fleur que l'abeille... mais cela peut aussi vouloir dire qu'à l'époque des coquelicots les abeilles, qui sont sélectives dans leur choix de l'espèce à butiner, ont d'autres plantes plus attractives à visiter.
     
  • Les abeilles sont attirées par l'iridescence des fleurs, qui dépend de la structure de la surface des pétales. Elle les attire plus que les couleurs.
    (Science et vie, nr. 1098, mars 2009)

Pour qui travaille l'abeille ?

À en croire certains sociobiologistes, les abeilles, travailleuses infatigables et modèles de dévouement altruiste, sont en définitive bien plus égoïstes qu'il n'y paraît.
Ainsi, elles nourriraient préférentiellement leurs soeurs, qu'elles reconnaîtraient parmi les dizaines de milliers d'individus que compte une ruche («Science et vie» Nr.879, 1990)

La polarisation

est une des caractéristiques de l'onde lumineuse, invisible à nos yeux : elle détermine en quelque sorte le plan dans lequel se font les oscillations de l'onde.

Le principe de la lumière polarisée à laquelle sont sensibles les abeilles a été découvert en 1815 par le physicien écossais David BREWSTER.

Comment l'abeille interprète la lumière polarisée :

Dans les yeux à facettes de l'abeille, les bâtonnets conducteurs de lumière apparaissent comme un "casier à bouteilles", tuyaux vitreux de 60 millionièmes de millimètre de diamètre accolés avec la cellule visuelle qui correspond.
Ces minuscules tuyaux microscopiques et parallèles renferment une substance optique qui transforme la lumière en stimulation nerveuse.
Si l'on prend la coupe, transversale d'un oeil simple avec ses huit bâtonnets, les couches des petits tuyaux ("les bouteilles") ne sont pas disposées dans le même sens.
La lumière polarisée vibre dans le sens des couches superposées d'un petit tuyau, les quatre cellules visuelles qui lui appartiennent sont excitées au maximum et les autres très peu.
Une partie des cellules voit "clair" et l'autre "sombre". cela suffit pour définir en gros le sens de la polarisation.
L'action conjuguée de plusieurs yeux simples voisins permet ensuite de se définir plus précisément.
Source : docteurs T.H.GOLDSMITH et D.E.PHILPOTT «The microstructure of the compound eyes on insects». 1957
In «Le merveilleux dans le règne animal» de V.B.DRÖSCHER.

Génétique :
 

* Le génome de l'abeille domestique "Api mellifera" a été décrypté en mars 2006 par plus d'une centaine de scientifiques.

* L'abeille méllifère aurait un hétérochromosome (chromosome Y) mais la chose n'est pas certaine (1976). Les hyménoptères n'ont pas d'hétérochromosome.

* Les cellules reproductrices de l'abeille (ovule, élément mâle) portent chacun 16 chromosomes.
L'oeuf fécondé en contient 32, et c'est le même nombre que l'on trouve dans toutes les cellules de l'abeille femelle.
Les bourdons se développent avec 16 chromosomes seulement.
Une objection à cette théorie, suivant Jules CARLES (voir bibliographie), objection encore irrésolue (1963), vient de ce que dans les hybridations les mâles devraient toujours être du type permanent maternel, puisque les oeufs proviennent de la seule mère et ne sont pas fécondés : or, une partie des mâles semble assez souvent hériter des caractères nettement paternels !
Quoi qu'il en soit, ce type de parthénogénèse facultative arrhénotoque est assez répandue chez les hyménoptères.
 

* «...dans les cellules des mâles chez les fourmis, les abeilles et les guêpes, les chromosomes de sont pas organisés par paires et ne possèdent que le stock transmis par la mère.
Les mâles n'ont donc pas de père, et leurs cellules contiennent donc moitié moins de chromosomes que chez les femelles... ce système génétique peu courant est appelé l'haphodiploïdie.» (S.J. GOULD, voir biblio)

Haplodiploïdie : mécanisme de déterminisme de la sexualité qui caractérise tous les hyménoptères. Ces insectes ne possèdent pas de chromosome X et Y.
C'est le nombre global des chromosomes qui détermine le sexe.
La femelle est diploïde (2 n) et le mâle haploïde (n).

NDLR : Suivant GOULD, la fougère «Ophioglossum réticulatum» possède 630 paires de chromosomes et la fourmi... une !
Rappelons que l'homme en possède 23 paires. Cela laisse rêveur.

Similitude de comportement :

«On admet en général, depuis les observations de l'italien JUCCI sur les termites Flavicolle et Lucifuge, que l'élection des nymphes de seconde ou de troisième forme à la fonction reproductrice est le résultat d'une alimentation spéciale... on pourrait donc comparer l'action de l'aliment stomodéal servi par les termites aux nymphes élues à celle de la gelée royale que les abeilles offrent à leurs futures reines.» (Jean de FEYTAUD, voir bilblio)

NDLR : il y a une autre théorie.

"Similitudes entre choses dissemblables
aux yeux du commun des mortels."


D'ARCY Thompson WENTWORTH. professeur à l'université de Saint-Andrews en Ecosse, au début du XXe siècle.
Des alvéoles d'abeilles aux bulles de savon, il a multiplié les parentés inattendues

Surface : l'hexagone.

«Prenez une bulle de savon. Elle va forcément adopter la forme qui lui permet de minimiser sa surface, et donc les tensions entre ses molécules.
Isolée, elle prendra alors la forme d'une sphère.
Mais lorsque plusieurs bulles de même taille sont entassées, elles se mettent spontanément en hexagone.
La raison est d'ordre mathématique ; les structures hexagonales permettent de recouvrir un plan avec des cellules de surface identique en minimisant la longueur des frontières.
On comprend alors mieux pourquoi les ruches regorgent d'hexagones : puisque la chaleur dégagée par ces insectes au travail ramollit la cire et la met dans un état semi-fluide assez proche de celui des bulles, il suffit que les abeilles construisent des cellules à peu près rondes et de la même taille pour qu'émergent des hexagones.»

Source : revue «Science et vie», supplément gratuit au nr. 1067 d'août 2006. "Le monde comme vous ne l'avez jamais vu"

 

Abeilles-domestiques/chrono74_1

Il n'y a pas que les abeilles qui construisent des alvéoles hexagonales.
Les guêpes aussi.
Ici un nid abandonné de Polistes méridionales (Polistes nympha Chr).
Ce nid est souvent aérien et attaché au support par un pédoncule.

L'apparence du monde échappe au consensus :

«S'imaginer, par exemple, que l'on peut se représenter ce que voit une abeille sous prétexte que l'on connait l'organisation de ses yeux et son spectre de sensibilité visuelle est une sorte de leurre anthropomorphique.
Cela revient en effet à imaginer ce que verrait une abeille si ses yeux étaient connectés à un cerveau humain.
Drôles de chimères sensorielles !
Si l'on voit avec ses yeux, on voit aussi avec son cerveau.
Et le cerveau de l'abeille est évidemment fort différent du cerveau humain, même si les deux sont faits de neurones. » («La stratégie du caméléon», J-F.BOUVET)

Insolite !

Chez les insectes mordre son prochain peut être une forme de communication.
L'éthologue américain Sean O'DONNELL a découvert le rôle de ce comportement chez les abeilles : inciter les "feignants" à se mettre au travail !
En retirant les butineuses actives d'une colonie de "Polybia occidentalis" il a observé que les matériaux vitaux se faisant rares, les ouvrières se mettaient à mordre les butineuses habituées à rester au nid pour les forcer à travailler. (E.H) (Revue «Science et Vie», Nr. 1065, juin 2006)

Je fus fort étonné quand les lavandes furent venues...

...de ne voir presque pas d'abeilles sur leurs épis fleuris.

Je sais maintenant pourquoi : sur la façade sud de ma maison grimpe une vigne semi vierge dont je ne connais pas l'espèce.
Elle produit de toutes petites grappes de quelques grains de couleur bleuâtre (comme le prunellier) et, vers la fin juin, de minuscules fleurs jaunes.
Ce sont ces minuscules fleurs qu'ont choisi mes abeilles de préférence aux lavandes pour y butiner le pollen et de la miélure !
Elles sont d'ailleurs accompagnées de bourdons et de colonies de fourmis

Vision dynamique :

La faible acuité visuelle des insectes est partiellement compensée par un grand pouvoir de résolution dans le temps : leur fréquence de fusion ne sont pas, comme chez les vertébrés, de l'ordre de quelques dizaines par seconde, mais peuvent atteindre trois cents.
L'abeille peut distinguer des variations rapides de stimulations visuelles, telles qu'elles se présentent justement pendant son vol, lui-même très rapide.
Plus le champ de vision d'une ommatidie est étendu, plus est élevée la vitesse de vol permettant encore une résolution satisfaisante, la fréquence de fusion étant élevée mais toutefois limitée par les propriétés du système nerveux.
Ainsi, l'ommatidie* de l'oeil de l'abeille est allongée dans la direction horizontale (direction du vol) et rétrécie dans la direction verticale. (E.BAUMGARDT, voir bilio)

*Ommatidie : chaque facette de l'oeil composé d'un insecte.

Pour se repérer, les objets en relief sont plus provoquants pour les abeilles que les objets plats.

À L'HEURE

  • Les abeilles ont un sens de l'heure extraordinairement développé et savent exactement à quel moment une fleur qui les intéresse vaut la peine d'être visitée.
     
  • 1955 : une expérience conçue par le savant autrichien Von FRISCH, et seulement réalisée l'an dernier par un de ses élèves, a permis de trancher la question : elle a démontré sans ambiguïté l'existence d'un sens interne de l'heure chez l'abeille. («Science et vie» in HS : «200 ans de science», 1989)

RECHERCHES

En 1927, le biologiste J.B.S. HALDANE écrivait : «Nous serons un jour capable de dire à nos abeilles de féconder tels pommiers, situés à cinq minutes de vol vers le sud-est.
Pour cela, nous aurons probablement besoin d'une maquette d'abeille, capable de mouvements corrects et, peut être, d'émettre le son et l'odeur appropriés.
C'est fait en 1989 ! On a parlé abeille. Grâce à une abeille artificielle, qui bat des ailes et vibre, des chercheurs (Michelsen, Andersen, Kirchner et Lindauer) ont réussi à communiquer avec des abeilles et à leur donner des instructions qu'elles ont exécutées.» («Science et vie», nr.872)

L'OSMOGUIDAGE (Von Frisch)

consiste à distribuer aux abeilles à l'intérieur de la ruche un sirop dans lequel on a fait macérer des fleurs, de trèfle par exemple, pour diriger les abeilles vers un champ de trèfles.

Au niveau de l'atome !

Les atomes de carbone d'une particule de graphite sont disposés en couches superposées, chaque couche formée d'une série de cellules hexagonales accolées les unes au autres comme les cellules d'un gâteau de cire d'abeilles. (J.BRONOWSKI, voir biblio.)

Ectogenèse :

Un jour peut-être quelque savant trouvera le moyen de produire des grands hommes à l'aide d'enfants ordinaires, comme les abeilles transforment leur larve commune en reine à l'aide des aliments qu'elles savent lui préparer (Alexis CARREL)

Abeilles-domestiques/chrono76_1

L'abeille.

Par nos cercles d'essaims la rose est couronnée.
L'air est suave, il faut commencer sa journée ;
Notre labeur est doux , puisqu'il s'achève en miel.
Mouillons-nous, sur les fleurs, aux gouttes d'arc-en-ciel,
Et nous enlèverons dans un vol d'étincelles,
Le poids de la rosée au tulle de nos ailes.

Pierre COURTOIS (voir bibliographie)

Les prémices :

C'est au Dévonien actuel (- 340 à - 280 millions d'années, durée 60 ma) qu'apparaît le sens social chez les insectes.
La régularité de son expansion fait qu'il n'y a pas d'ère des insectes. (E. Basse de MENORVAL)
 

«Ce qui appelle les insectes, c'est uniquement le pollen et le nectar» -
«Avouons que nous ne savons pas encore en quoi les parfums sont utiles à la fleur.»
(M. MAETERLINCK in «les Annales»1907, Nr. 1243)

Disette :

Dans le Luberon (04), la sécheresse est tellement présente (août 2006) que j'ai observé des abeilles qui essayaient de butiner sur l' éperon, sorte de cornet très nectarifère des ancolies (Aquilegia). Quand on connait la difficulté qu'ont les abeilles pour butiner ce genre de fleurs...

Seuls les bourdons fréquentent ces fleurs en les malmenant. Les abeilles se contentaient de sucer la queue de l'éperon, dépitées ! Photos ci-dessous.

Abeilles-domestiques/chrono78_1

Ce petit bourdon terrestre a courbé l'éperon de l'ancolie
pour le forcer.

Un exemple de confusion
sur le raisonnement collectif des abeilles :

Gaston BONNIER, de l'institut, appâte des abeilles avec du sirop de sucre.
Puis il change la nourriture et présente des gouttes de miel.
Les abeilles, auparavant peu nombreuses, arrivent en masse.
Une fois le miel épuisé, elles reviennent autour de lui, bourdonnantes et furieuses ?
Le comité directeur de la ruche aurait dit : "S'il y a du miel c'est qu'il y a une ruche à piller"

Au bout d'un moment, puisqu'il n'y a plus rien à butiner, tout redevient calme.

Confusion de Mr BONNIER : averties (voir K. Von FRISCH) , je crois plutôt que les abeilles «furieuses» lui tournaient autour pour quémander du miel. (Tiré d'un article de G.BONNIER, in «les Annales», Nr.1257 de 1907).

Voir l'article "le seigneur des abeilles" dans la même catégorie.

Chauffage fleuri :

Les insectes pollinisateurs peuvent évaluer la température d'une fleur à sa couleur. L'insecte butine plutôt les fleurs plus chaudes, et apprend à les reconnaître de loin à leur couleur et à préserver ainsi sa température corporelle. L'expérience des chercheurs de l'université de Cambridge a été effectuée sur des bourdons. (Source : «Science et vie», Nr.1069 - 2006).
Sans doute que l'abeille doit opérer de même...

Déclin des abeilles dans le Nord-Ouest de l'Europe :

Les abeilles sont bien sur le déclin en Europe.
Depuis 1980, la biodiversité des abeilles est en baisse, tout comme les fleurs qui dépendent d'elles pour se reproduire.
Constat établi par l'équipe de Jacobus BIESMEJEIR de l'université de Leeds.
La biodiversité des abeilles diminue de 52% sur les sites britanniques, 67% sur les sites néerlandais.
Aux Pays-Bas, les plantes pollinisées exclusivement par les abeilles reculent.
Le phénomène touche d'autres régions de l'Europe du Nord-Ouest, mais il n'y a pas d'hypothèse sur les raisons de ce déclin. (source : «Science et vie», Nr.1069-2006)
 

La sociabilisation :

La théorie du super-organisme a été élaborée par William Morton WHEELER (1911) à partir des sociétés d'insectes (abeilles, fourmis, termites, guêpes), leur fonctionnement étant assimilé à celui d'un organisme multicellulaire.

HAMILTON s'est appuyé sur le modèle des insectes sociaux, l'individu stérile mais altruiste assure la propagation de son propre patrimoine héréditaire en favorisant sélectivement la reproduction de congénères fertiles avec lesquels il est apparenté de façon suffisamment étroite.
Grâce à lui, la génétique et le comportement allaient valider le postulat darwinien de la sélection familiale, proposé un siècle plus tôt.

WILSON a perçu les implications du raisonnement d'HAMILTON, celui-ci, pour la première fois, apportait un modèle d'explication génétique à l'apparition du comportement social au cours de l'évolution, «l'évolution génétique du comportement social», soit la théorie de la parentèle.
Les abeilles et les bourdons étant les hyménoptères les plus récents passés à la sociabilisation.
Sur les 27.500 espèces d'hyménoptères que comptent probablement cet ordre, 16.500 sont vraiment sociables : 13.500 fourmis, 2500 abeilles et bourdons et 1000 guêpes.
Le coopéron social est apparu chez les insectes il y a 200 millions d'années
(sources : Pierre JAISSON, «La fourmi et le sociobiologiste» , voir bibliographie)

Polyandrie bénéfique :

La reine de la ruche s'accouple avec plusieurs mâles (polyandrie) et sa spermathèque peut contenir jusqu'à 6 millions de spermatozoïdes.
Le mâle en fabrique environ 10 millions.
L'ancêtre de la reine de l'abeille devait être monandre (un seul mâle).

La polyandrie produit un brassage favorisant des prédispositions individuelles différentes mais complémentaires, pour les comportements sociaux essentiels à la survie de la société. Ces données devraient inciter les apiculteurs à veiller encore plus attentivement à la pratique de l'insémination artificielle des jeunes reines pour favoriser l'hétérogénéité génétique. (P.JAISSON, voir bibliographie 2)

L'intelligence en essaim :

Chez les insectes sociaux (abeilles, fourmis, termites), le comportement collectif qui émerge des comportements simples des individus est nommé intelligence en essaim.
Ces phénomènes d'intelligence en essaim sont de plus en plus étudiés en informatique et en robotique, où des systèmes de contrôle centralisés gagnent à être remplacés par d'autres, plus autonomes et plus flexibles, fondés sur les interactions d'éléments simples.
(source : «Pour la science» (scientific american), mai 2000. Eric BONABEAU et Guy THERAULAZ.)

L'éthologie cognitive :

«Notre observation concorde avec celle de J.GOULD et suggère que les abeilles disposent d'une carte géographique cognitive.
Pourquoi ne seraient-elles pas capables, dans certaines limites, de penser ?
Et si les résultats diffèrent selon les abeilles, ne devrait-on pas considérer ces insectes comme individus distincts ?
D'aucuns objecteront qu'il s'agit d'un anthropomorphisme peu fiable : il n'en est rien.
Si nous pensons et si nous descendons d'animaux, alors la pensée doit être un instrument issu de la sélection naturelle.
L'évolution de l'homme est incluse dans l'évolution générale des êtres vivants et n'est pas une oeuvre des «esprits», comme le croyait encore le naturaliste britannique Alfred WALLACE ( 1823-1913)...»
(In revue «Pour la science» - les génies de la science -1983 -voir bibliographie 2)

 

Cognition :

Les abeilles savent faire la différence entre récompense et punition.
Les abeilles étirent leur trompe et retirent leur dard selon l'odeur présentée, sous l'effet respectivement de l'octopamine et de la dopamine. (Sources : revue «Science et vie», nr.1076 de mai 2007, «frelon tueur» de Marie LESCROART)

Fallait y penser !

Si Karl POPPER ne nie pas le langage des abeilles qui constitue une forme remarquable de communication, il lui reproche ses limites : les abeilles ne peuvent pas mentir !
 

Calcul ajusté :

Les abeilles surestiment parfois la distance qui sépare la ruche de la source de nectar qu'elles ont repérée : lorsqu'elles reviennent à la ruche en volant contre le vent, elles communiquent ensuite à leurs congénères, par leur danse frétillante, une distance surévaluée.
Plus les efforts furent importants, plus la distance est agrandie.

Trichoderma harzanium :

Pour protéger les fraises de la pourriture grise, les maraîchers doivent investir dans les ruches ! C'est le conseil de chercheurs de l'Université de l'Ohio et de l'Université Cornell (état de New-York).

Il suffit de placer un fongicide à la sortie de la ruche : les abeilles y trempent les pattes et le répandent ensuite sur les plants de fraisier, c'est mieux que la pulvérisation.
Ce produit serait sans danger pour les abeilles... («Science et vie» nr.999, décembre 2000)

FRELON TUEUR D'ABEILLES :

Frelon asiatique

Venu d'Asie, le frelon noir (Vespa velutina) a envahi en quelques mois le Sud-Ouest de la France, où il menace de décimer les ruchers.
Les chercheurs sont actuellement sur la brèche afin d'établir le profil exact de ce super prédateur. Les abeilles organisent d'elles-mêmes la résistance... (Sources : revue «Science et vie», nr.1076 de mai 2007, «frelon tueur» de Marie LESCROART)
Le premier frelon, découvert l'été 2004 dans le Lot-et-Garonne, aurait été ramené de Chine par un horticulteur.
Les abeilles asiatiques «Apis cerana» luttent contre le frelon «Vespa mandarina» en produisant une «boule de chaleur», c'est-à-dire en l'encerclant et en contractant leurs muscles alaires, ce qui fait monter la température à 47° autour du frelon et celui-ci meurt par choc hyper thermique !
Peut-être que nos abeilles «Apis mellifera» apprendront à en faire autant...

NDLR : Notre frelon (Vespa crabro) est un cousin placide et utile.
Introduit intentionnellement en Amérique du Nord pour lutter contre les insectes ravageurs ; il est protégé en Allemagne, sauf en France, bien sûr...
Lire l'article sur les frelons.

Accouplements multiples de la reine :

On pensait que la reine ne s'accouplait qu'une seule fois au cours du vol appelé «vol nuptial» ; on admet maintenant qu'elle subit des accouplements multiples aussi bien pendant le premier vol qu'au cours de sa vie.
La quantité de spermatozoïdes contenus dans son réceptacle séminal ou spermathèque, est, en effet, beaucoup plus grande que celle que peut émettre un mâle (Robert TOCQUET, voir bibliographie)
 

La glande qui émet des phéromones a été découverte en 1833 par NASSANOF, elle est située entre les deux derniers anneaux abdominaux.
 

Il existe dans la ruche une défense sociale contre les infections (LAVIE).

La mémoire des abeilles :

"On avait posé en automne, du miel sur une fenêtre, les abeilles y vinrent en foule : on enleva le miel, et le contrevent fut fermé tout l'hiver ; au printemps suivant, lorsqu'on le rouvrit, les abeilles y revinrent, quoiqu'il n'y eût point alors de miel sur la fenêtre... un intervalle de plusieurs mois n'avait point effacé l'impression reçue"(François HUBER, in «Nouvelles observations sur les abeilles», 1814)

Les abeilles découchent !

J'ai pu constater de façon irréfutable qu'à la fin d'une journée très favorable à la miellée, 5000 à 8000 abeilles par ruche restaient sur les fleurs du tournesol toute la nuit pour ne revenir à la ruche que le lendemain vers 9 ou 10 heures.
En cas d'orage, les abeilles ne revenaient pas, créant une sérieuse dépopulation en butineuses (Gil RIVIERE-WEKSTEIN, voir bibliographie)

La OLA protège les abeilles !

Les abeilles géantes d'Asie font la "ola"... pour faire fuir les prédateurs !
Sous la menace d'un bourdon qui approche à moins de 50 cm de leur nid, les insectes lèvent leur abdomen les uns après les autres, enchaînant ainsi des vagues d'une durée moyenne de 700 ms.
L'effet visuel effraie le prédateur qui se détourne alors de sa cible.
Découverte de Gerald KASTBERGER, chercheur autrichien. ("science et vie" - nr .1094.novembre 2008. L.F)

OBSERVATIONS DIVERSES

* Charles MICHENER est le plus grand de nos taxinomistes (classification des espèces) en matière d'abeilles (Gould).

* Les primates, dont l'homme, sont doués d'altruisme. Comportement «noble» qu'on retrouve chez les fourmis et les abeilles.

* La proportion des ganglions cérébroïdes a un rapport de 1/174 chez l'abeille, 1/280 chez la fourmi et 1/3290 chez le hanneton (DUJARDIN)

* Les abeilles découvriraient les points d'eau ou les endroits humides à seulement 4 ou 5 mm selon Mathilde HERTZ.

* Transportées dans des régions où le climat est perpétuellement au beau fixe, les abeilles ne font plus des provisions. À la Barbade (Petites Antilles), autour des raffineries où l'on traite la canne à sucre, les abeilles ne visitent plus les fleurs ! (source M.MAETERLINCK, voir biblio)

* L'acide ceto-9 - décène 2 - transoïque (ainsi que d'autres substances) est l'hormone sociale chez les abeilles.

* Il existe chez les abeilles un langage odorant : elles marquent ce qui les intéresse avec des substances d'acceptation (épagines) - Rémy CHAUVIN

* L'abeille calcule la vitesse de vol au sol et la vitesse de vol loin du sol. Des dispositifs nerveux du cerveau comparent les deux mesures de vitesse et calculent d'après elles l'angle de vol qu'elle doit suivre pour ne pas se laisser détourner. (Herbert HERAN, 1964)

* «L'abeille et la guêpe comptent jusqu'à deux. Pour l'abeille, toutes les figures pleines sont pareilles, les cercles, les carrés, les triangles ou les barres forment une seule classe. Les mêmes figures, mais à l'état de contours, formeraient une autre classe. À l'intérieur d'une classe, l'abeille ne fait aucune distinction, mais toute forme d'une classe est distinguée de toute forme de l'autre» (expériences de Mathilde HERTZ de 1929, in «L'empreinte des sens»).

* «Les biologistes parlent» d'innovation redondante» lorsque la nature produit des éléments reproductibles supplémentaires devenus libres pour accomplir des fonctions nouvelles... Des innovations sociales redondantes se produisirent lorsque les sociétés des termites et des abeilles se scindèrent en ouvrières, soldats et reines.» (Lynn MARGULIS).

* «Même les comportements animaux complexes, la communication et les interactions sociales sont contrôlés par les «champs moteurs». Ceci est particulièrement troublant quand on en vient à l'organisation des fourmis, des abeilles, des guêpes et des termites, qui fait que des individus génétiquement identiques remplissent des rôles tout à fait différents. Le contrôle de cette société par un champ moteur expliquerait comment des insectes peuvent accomplir en parfaite coordination des tâches relativement nouvelles et changer de rôle au sein de la société en cas de besoin.» (Rupert SHELDRAKE, voir bibliographie)

* Les abeilles mesurent l'hygrométrie de l'air (HERZ, 1935)

* La reine des abeilles secrète un parfum (phéromone) qui empêche la maturation des ovaires des fourmis, des mouches, et des termites et tue même les moustiques. Il s'agit donc d'un insecticide à l'usage de la ruche (New scientist.nr 453.1965).

* Si elles empruntent plusieurs fois le même chemin pour aller, par exemple, vers un lieu bien fourni en fleurs, les abeilles préfèrent s'orienter par les reliefs du terrain : arbres, maison, haie, etc plutôt que par la position du soleil.

* Les abeilles mesurent l'angle latéral du soleil, mais pas la hauteur. Les pigeons voyageurs, eux, mesurent les deux.

* Si les abeilles peuvent sortir à l'isotherme avoisinant les 10°, par contre les fourmis sont frileuses. Il leur faut une température comprise entre 15 et 20° pour être actives. Depuis 10 ans j'ai une colonie de fourmis installée sous le toit de mon garage, dans des briques creuses du mur sans doute. Elles sortent dans la première quinzaine du mois de mars.    

* «Une espèce de lémures (famille de mammifères quadrumanes) partage son nid avec les abeilles et se nourrit de nectar» (Lynn MARGULIS).

Nota : l'auteur ne dit pas de quel lémure il s'agit et je ne le connais pas.      

* "L'abeille et la guêpe comptent jusqu'à deux". Pour l'abeille, toutes les figures pleines sont pareilles, les cercles, les carrés, les triangles ou les barres forment une seule classe.

* Les mêmes figures, mais à l'état de contours, formeraient une autre classe. À l'intérieur d'une classe, l'abeille ne fait aucune distinction, mais toute forme d'une classe est distinguée de toute forme de l'autre» (expériences de Mathilde HERTZ de 1929, in «L'empreinte des sens»).      

* «Les biologistes parlent» d'innovation redondante» lorsque la nature produit des éléments reproductibles supplémentaires devenus libres pour accomplir des fonctions nouvelles... Des innovations sociales redondantes se produisirent lorsque les sociétés des termites et des abeilles se scindèrent en ouvrières, soldats et reines.» (Lynn MARGULIS).      

* «Même les comportements animaux complexes, la communication et les interactions sociales sont contrôlés par les «champs moteurs».

* Ceci est particulièrement troublant quand on en vient à l'organisation des fourmis, des abeilles, des guêpes et des termites, qui fait que des individus génétiquement identiques remplissent des rôles tout à fait différents.

* Le contrôle de cette société par un champ moteur expliquerait comment des insectes peuvent accomplir en parfaite coordination des tâches relativement nouvelles et changer de rôle au sein de la société en cas de besoin.» (Rupert SHELDRAKE, voir bibliographie)

* La magnétite pourrait expliquer le sens de l'orientation des abeilles («la Recherche» 1984)

 * Martin LINDAUER, élève de K.V.FRISCH, démontra que les abeilles étaient sensibles au champ magnétique terrestre.

* Les bourdons des abeilles ont une sorte de mot de passe qui leur permet d'entrer dans n'importe quelle citée, alors que leurs soeurs et même leur reine seraient immédiatement tuées si elles tentaient l'expérience (STUART, voir bibliographie)

* Il ne suffit pas d'avoir lu les auteurs ayant traité des abeilles, il faut les étudier elles-mêmes de nouveau, les suivre avec une grande attention, s'assurer d'abord si tout ce qu'on en dit est vrai (HUBERT)

La naissance d'une abeille (au centre) et les alvéoles désoperculées et celles à couvain. Photo N&B 1960

La naissance d'une abeille (au centre) et les alvéoles désoperculées et celles à couvain. Photo N&B 1960

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9 février 2014 7 09 /02 /février /2014 00:10

 Abeilles - Ethologie - 2 -

*En observant les mécanismes du cerveau de l'abeille
avec des outils d'imagerie médicale,
les scientifiques espèrent comprendre
comment fonctionne la mémoire humaine
("les échos" - 13.10.2009)

Abeille butinant les fleurs d'un chèvrefeuille. Pas pratique !

Abeille butinant les fleurs d'un chèvrefeuille. Pas pratique !

Longévité : 

Le Dr PHILLIPS a fait remarquer que le fait que les ouvrières d'abeilles se nourrissent en grande partie, sinon uniquement, d'un carbure d'hydrogène (sucre) et non de protéines, explique probablement pourquoi la durée de la vie des ouvrières est déterminée par le travail qu'elles fournissent.
La coutume d'une nourriture spécialisée a modifié tout le métabolisme, et le résultat est une diminution de la longévité. En compensation, une fécondité excessive est nécessaire pour en maintenir le nombre. (HOWARD) 

*La durée de l'existence de l'abeille dépend, pour une grande part, de l'âge et de l'état des éleveuses qui la nourrissait à son état de larve. 

Nota : la durée de vie des abeilles à la belle saison et d'environ 45 jours, de plusieurs mois pour celles qui hibernent à la ruche, jusqu'à 5000 heures soit aux alentours de 6 mois. 

*Les glandes thoraciques, si utiles dans la digestion, ont changé de fonction chez l'abeille, et fournissent un ferment digestif, ou enzyme, qui prédigère le nectar. Le résultat en est que le miel, composé de sucre interverti au lieu de simple saccharose, ne cristallise pas dans les rayons. (HOWARD d'après PHILLIPS) 

*Les reines des fourmis et des abeilles peuvent conserver le sperme de leurs amants plusieurs années ! 

tasse de café

Les abeilles préfèrent la nicotine et la caféine : 

Les abeilles butinent volontiers les fleurs de citronnier ou du tabac.
Sont-elles attirées par la caféine ou la nicotine (nocive) qu'elles recèlent ?
Oui, selon une étude israélienne qui révèle qu'elles préfèrent les nectars où la concentration en nicotine et en caféine est modérée, comme c'est le cas dans la nature. Cela a dû favoriser la pollinisation de ces fleurs. Prochaine étape : vérifier leur éventuelle addiction à ces substances ("Science et vie " - F.G - nr. 1111 - avril 2010) 

Les abeilles affectionnent les fleurs à odeurs aminoïdes, faiblement dégagées par les Spirées et les aubépines, ou celles à odeurs terpénoïdes produites par plusieurs Labiées. (HARDOUIN) 

Chez le docteur ! (humour... scientifique) : 

Chère docteur Tatiana,
je suis une reine abeille et me sens très inquiète.
Tous mes amants abandonnent à l'intérieur de mon corps leurs parties génitales, puis décèdent immédiatement. Cela est-il normal ?

En toute perplexité. 

Le docteur : "Pour vos amants, c'est la manière normale de quitter le monde : non dans l'agonie mais par une sorte d'explosion.
Le mâle de l'abeille, au moment de l'orgasme, éclate brusquement ; ses parties génitales se détachant avec un violent craquement.
Je comprends bien que vous en soyez démoralisée.
À quoi est dû ce phénomène ?
Hélas, Majesté, cette explosion n'a rien de fortuit. Laisser leurs parties dans votre orifice génital, c'est l'obstruer.
Chacun de ces mâles espère ainsi empêcher votre accouplement avec un autre.
En d'autres termes, ce membre mutilé est l'équivalent d'une ceinture de chasteté".  

Olivia JUDSON, doctorat à Oxford, chercheur en biologie évolutive à l'impérial collège de Londres, journaliste scientifique ( voir bibliographie)  

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"La langue ou "glosse" de l'abeille est un organe suceur formé par l'extrémité du labium qui s'est allongé en une tige flexible, avec lequel le nectar est récolté dans les fleurs et le miel manipulé dans la ruche. Les côtés de la langue sont retournés en dessous et vers l'axe de celle-ci, jusqu'à former un tube qui est engainé par les maxilles et les palpes labiaux" (V.B.WIGGLESWORTH, voir bibliographie

1 - Chez l'abeille, les sucres alimentaires (glycogène, tréhalose) contenus dans le jabot peuvent être utilisés directement pour les besoins de l'activité en vol.

2 - Les abeilles possèdent en arrière du cou et de la jonction thorax-abdomen, des sensilles sensibles à l'orientation des courants d'air et qui contribuent à l'orientation et l'équilibre durant le vol
(1-2- : souce «fabuleux insectes» HS «Science et vie» entomologie 1984.) 

*Parmi les Pompiles, les Pseudagenies font des nids en mortier que l'on trouve quelquefois dans les vieilles ruches. 

*Les frelons pénètrent parfois dans les ruches pour piller les abeilles ou les attaquer pour leur faire dégorger le miel (BERLAND). 

Barrières chimiques : 

Les plantes à fleurs se protègent des abeilles comme de leurs prédateurs en dressant des barrières chimiques. Car si elles sont indispensables à la pollinisation, les abeilles pillent à chaque visite jusqu'à 90% du pollen d'une fleur pour nourrir leurs larves.
Pour comprendre ce mécanisme en jeu, l'équipe suisse de Claudio SEDIVY a administré à des larves de "Osmia bicornis" et "Osmia cornuta" un régime constitué uniquement d'un type de pollen.
Étonnement, les larves se sont développées plus ou moins bien à partir d'un même pollen. La preuve, selon les chercheurs, que toutes les espèces d'abeilles ne possèdent pas les adaptations physiologiques nécessaires à la digestion des composés toxiques de certains pollens" (E.H, in "science et vie" avril 2011) 

Les abeilles contrôlent leur vitesse :

À  l'inverse des humains, les abeilles sont dotées d'une vision dorsale leur permettant d'esquiver les obstacles situés au-dessus de leur tête.
Cette vision dorsale participe-t-elle au contrôle de leur vitesse ?
Eh bien oui ! L'abeille se révèle capable d'ajuster sa vitesse en fonction des distances qui la séparent des obstacles, y compris dorsaux (CNRS) 

Émotives ! 

Apis mellifica, selon des auteurs d'une étude menée à l'université de Newcastle (Royaume-Uni) est capable d'émotions ! 

Chez les abeilles, la "royalactine" sacre les reines : Masaki KAMAKURA de la Toyama Prefectural University au Japon, a découvert une protéine baptisée "royalactine" chez l'abeille.
Elle favorise la croissance corporelle, le développement des ovaires et améliore l'espérance de vie.(
V.E in "science et vie" août 2011 - écho)

Même les abeilles maitrisent les concepts abstraits.

Malgré un cerveau de moins d'un millimètre cube, les abeilles sont dotées d'incroyables facultés cognitives.
Une équipe du Centre de recherches sur la cognition animale, à Toulouse, a démontré que les butineuses savent maîtriser les concepts abstraits qui leur permettent de s'orienter comme le fait un automobiliste avec les panneaux sur la route ! (
"Science et vie" nr. 1139 - 2012)

Les abeilles secrètent un violent anesthésique naturel.

La morsure d'une abeille s'accompagne de la sécrétion d'une molécule, la 2-heptanone, dont le rôle était jusqu'alors inconnu.
Une étude européenne vient de révéler que cette molécule sert à paralyser temporairement les intrus. Aussi efficace que la lidocaïne, l'anesthésique local le plus courant, elle présente une toxicité plus faible." (E.D, "science et vie", janvier 2013) 

La défense des fleurs :

Beaucoup de plantes produisent des substances chimiques toxiques pour se protéger contre les herbivores, des chercheurs suisses apportent aujourd’hui la preuve expérimentale que les plantes à fleurs peuvent également utiliser des défenses chimiques pour protéger leur pollen des abeilles. (Revue "science et vie")

Champs électriques :

Les abeilles communiquent par des champs électriques.
Cette capacité leur servirait à communiquer dans les ténèbres de la ruche. (science et vie.L.C - nr. 1149. juin 2013)

Elles savent même compter

Les abeilles ont des facultés cognitives étonnantes pour des animaux dotés d’un si petit cerveau. L’étude des mécanismes neuronaux sous-jacents pourrait inspirer certains dispositifs d’intelligence artificielle. (Pour la science- nr.429)
Vitesse :
 
"l'abeille dispose de deux "compteurs de vitesse" entièrement différents.
Dans l'articulation des antennes, l'organe de Johnston mesure la vitesse de vol de l'insecte, à une certaine altitude par rapport à l'air environnant, tandis que les yeux à facettes, en relation avec des dispositifs nerveux spéciaux, déterminent la vitesse prés du sol au moyens de sondages comparés" (Pr. Herbert Heran - 1964) 
Glu royale
 
Les larves des futures reines de l’Abeille domestique, alias mellifère, sont élevées à cette dignité et surtout à leur fonction de reproductrices par leurs nourrices qui les pourvoient, au-delà du 3e jour, en une alimentation spécialement riche, la gelée royale.
Celle-ci est produite par deux organes pairs situés dans la tête des ouvrière, les glandes mandibulaires et les glandes hypopharyngiennes qui fournissent respectivement des acides gras (pH = 3,9) et des protéines principalement. ("épingle" 1144 - OPIE)
Suspendues

Ce qu’on a jusque-là beaucoup moins étudié, c’est la position particulière des futures reines. Les cellules royales, contrairement à celles du tout venant, sont grandes, verticales avec l’ouverture en bas.
La larve puis la nymphe sont donc pendues au plafond. Elles sont pourtant dépourvues de tout système d’accrochage mais la gelée royale les retient.
Des chercheurs rajeunissent le cerveau des abeilles : lire l'article
 
En comparant les génomes de 11 espèces de fourmis, d'abeilles et de guêpes, des chercheurs américains ont eu une surprise : malgré leur similitude anatomique avec les guêpes, les abeilles sont génétiquement beaucoup plus proches des fourmis (L.C "science et vie" nr.1155)
Le diesel brouille la piste qui mène les abeilles jusqu'aux fleurs !
 
Robbie Girling (université de Southampton, Angleterre) vient de montrer que le dioxyde de carbone émis par les moteurs diesel masque l'odeur des fleurs, perturbant la pollinisation. ("science et vie" - E.H - nr.1155)

 La reine des abeilles est une amante indiscrète !

Les phéromones de la reine dévoilent la teneur de ses débats.
Des biologistes américains et israéliens ont montré que leur composition varie en effet selon la qualité des accouplements, modifiant le comportement des ouvrières.
En effet, si la reine a été bien fécondée, l'avenir de la ruche sera assuré. ("science et vie" - nr.1157 - E.H )
Défense d'entrer !

Un correspondant m'envoie cette photo d'abeilles qui refusent l'entrée de la ruche à une congénère.
Les attaquantes apparemment ne piquent pas la victime qui est une butineuse qui rentre au bercail à vide.
Elle est empêchée de rentrer à l’intérieur de la ruche captée au passage. 
Elles semblent l’étouffer en la serra
nt de très près.
La victime écarte les ailes et est ensuite poussée par les autres hors de la planche d’arrivée."

Réponse d'un apiculteur : deux  possibilités :
- Soit les ruches sont trop faibles et dans ce cas il s’agit de pillage
- Soit les abeilles sont allées dans un endroit infecté et dans ce cas les gardiennes les empêchent de rentrer dans la ruche"
L'abeille du centre attaquée et rejetée par ses consoeurs. 16.01.2017 - Hyères (83) - Photo : Ramon Brunelière

L'abeille du centre attaquée et rejetée par ses consoeurs. 16.01.2017 - Hyères (83) - Photo : Ramon Brunelière

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8 février 2014 6 08 /02 /février /2014 01:40

ABEILLES CORSE ET BRETONNE


ABEILLE CORSE (Abe corsica)

APIS MELLIFERA MELLIFERA CORSICA

L'abeille Corse.
L'abeille Corse.

"Abe" ou "Ape" désigne l'abeille Corse, "u bugnu" l'essaim ou la ruche, et "fàu" ou "fàvu" le rayon de miel.
Diodore disait que l'île produisait du miel en abondance et sous Napoléon III (sautons des siècles !) sa qualité valut au miel Corse la "Grande médaille d'or à l'exposition Universelle de Londres en 1862". Constat plus sévère en 1929, où la Corse ne comptait que 1400 ruchers pour 8600 ruches et une moyenne de 12 kilos par an.

De nos jours (2000) les 6 variétés de miel Corse produisent 150 tonnes par an et, seul avec le miel de sapin des Vosges, "mela di corsica" bénéficie de l'appellation d'origine contrôlée AOC.

Les six variétés de "miel de Corse" sont :
*miel de printemps * miel de maquis de printemps * miel de châtaignier * miel de maquis de l'été * miel de maquis d'automne * Miellat du maquis.

Les producteurs se sont groupés au sein du C.R.I.T.T. (Centre Régional d'Innovation et de Transfert de Technologies) de Corte.
Marie-Jo BATTESTI et les chercheurs de l'université Pascal-Paoli sont arrivés à d'éloquents résultats.
L' abeille Corse - Source Own Work in Wikipedia - auteur Emmanuel Boutet

Photo ci-dessous : l'abeille continentale.
Notez la grande différence entre ces deux abeilles.

abeille-sur-ceanothus-fleurs-bleues.JPG

L'abeille Corse a été définie comme totalement identaire : la colonie Apis mellifera mellifera insulaire se distingue des autres par une langue plus longue, un index cubital plus élevé, une pilosité assez courte.
Cette abeille noire de petite taille travaille toute l'année.
Elle est protégée par un arrêté de 1982 qui interdit toute introduction d'abeilles sur l'île.
(source : «la légende des Corses» Paul SILVANI
avec l'aimable autorisation de l'éditeur. Voir bibliographie 1) 

Abeilles-domestiques/chrono127_1
Repérage d'une source importante de miellat.
Vol dans le sud-sud-est, soleil à 45° à droite pendant 12 minutes,
distance 6000 mètres, abandonnez les butinages isolés.
Exécution ! 

Abeilles-domestiques/chrono128_1
Excellent ce miel de nos amies corses !

ABEILLE BRETONNE D'OUESSANT
Abeille noire et cire blanche

C'est Ouessant qui pourrait jouer un rôle capital dans la sauvegarde de l'abeille noire européenne (Apis mellifera mellifera).
En effet , elle retrouve une fonction capitale dans la préservation des souches d'abeilles indemnes de maladies et des pollutions génétiques qui marquent celles du continent.
L'abeille noire bretonne a, comme son nom l'indique, une pigmentation sombre qui lui permet une meilleure absorption des rayons solaires et ses poils sont particulièrement longs et lui permettent ainsi de rapporter du pollen par mauvais temps ; ses ailes plus puissantes et plus grandes offrent une meilleure capacité à travailler dans le vent.
Par ailleurs, l'abeille noire sort tôt le matin et module sa ponte suivant l'abondance du pollen au printemps.
C'est un petit groupe d'apiculteurs finistériens qui a compris, dès 1987, que la région avait conservé un patrimoine presque unique en France (NDLR : et en Corse).
En décembre 1989, ils se sont regroupés pour fonder l'association pour la conservation et le développement de l'abeille noire. Sous la conduite de leur président Georges HELLEQUIN (malheureusement décédé en 1998) l'association veut tirer parti de l'éloignement de l'île d'Ouessant pour conserver l'écotype breton.
Pendant des siècles, la Bretagne a exporté son miel dans toute l'Europe du Nord. À la fin du XIXe siècle il y avait plus de 100.000 ruches dans le Finistère (le quart aujourd'hui). Le miel était un produit peu prisé et un pot suffisait largement pour l'année.
Les abeilles offraient un produit plus important pour les humains : la cire employée pour les cierges des églises.
Les ruches étaient en pailles tressées avec des lanières de ronce.
En mettant un morceau de cierge bénit sous la ruche, on pensait empêcher les abeilles de partir mais on réaffirmait surtout leur lien avec le sacré.
De même, en mettant avec un crêpe ou du laurier, le deuil aux ruches dont le propriétaire venait de décéder (NDLR : comme en Provence)
En Haute-Bretagne, les mielliers savaient, de père en fils aîné, prendre les essaims en disant une prière spéciale, chapeau tenu sur l'épaule gauche et oeil fixé sur le coeur de l'essaim.

Source : extraits du livre de François de BEAULIEU " Les bretons et leurs animaux domestiques ", 2000 , aux éditions COOP BREIZH - 29540 Spézet.
Avec l'aimable autorisation des éditions citées, avec nos remerciements.

  • Une race pure d'un écotype breton.
  • Une abeille exceptionnelle et unique en Europe : absence de contamination par le varroa -officiellement reconnu en novembre 2014 ; présente un caractère sanitaire remarquable (exempte de virose).
  • Une abeille qui vit sur un site naturel, l'île d'Ouessant, ou elle dispose d'une alimentation (pollen) diversifiée, sans contact avec les produits phytosanitaires (absence de culture intensive sur l'île).

Source : Site "association conservatoire de l'abeille bretonne" (mars 2015)

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Abeilles-domestiques/chrono1321_1
KENAVO !

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8 février 2014 6 08 /02 /février /2014 01:30

Le VENIN des Abeilles 

Composition du venin 

Le venin d'abeille contient une vingtaine de composés. (Banks et Shipolini1986)

Les deux molécules majoritaires sont la mélutine et la phospholipase A2.

Enzymes : phospholipase A2, hyaluronidase, phosphomonoestérase acide, D-glucosidase et lysophopholipase. Pdypeptides : mélittine, mélittine-F, apamine, peptide dégranulant les mastocydes, sécapine , tertiapine, inhibiteur de protéase et procamine A et B. Basses masses moléculaires : histamine, dopamine et noradréaline. La quantité de venin injecté par une abeille est de l'ordre de 50 à 100 microgrammes. De 2 à 10 pour la guêpe.
Source et remerciements : Bernard MAILLERE, CEA de Saclay, département d'ingénierie et d'études des protéines à Gif-sur-Yvette 911191.

Le phéromone de l'aiguillon est un mélange de 13 molécules différentes dont le composé majoritaire est l'acétata d'iisoamyle.

Principes toxiques du venin :

Neurotoxine, Hémolytique, Mellitine, Hyaluronidase, Phospholipase A, Histamine et autres.

* Il existera bientôt un antivenin contre les piqûres d'abeilles.

L'université de Botucatu (Brésil) vient de lancer, chez l'homme, un premier essai d'un sérum capable de neutraliser les principales toxines du venin des abeilles sud-américaines...
Elles ne sont pas plus nocives que les autres espèces, mais elle font preuve d'une agressivité inouïe, pouvant attaquer une centaine de fois un même individu. (science et vie - nr. 1185)

LES ABEILLES - le venin

APIPUNCTURE ou APITHERAPIE

Pour le traitement de certaines maladies ou affections par les piqûres d'abeilles il y a deux méthodes pour y parvenir.
La première utilise directement l'insecte qui est placé sur la partie malade ce qui, entre parenthèses, est fort désagréable, car si en travaillant au rucher une piqûre passe souvent inaperçue, il en est tout autrement dans le cas qui nous occupe.
Le second procédé consiste à utiliser des piqûres intradermiques ou intramusculaires au moyen d'une seringue de Pravaz garnie d'une solution de venin dans du sérum physiologique.
La dose est de 0,1 - 0,2 - 0,3 ml. 
(source : Alain CAILLAS, voir bibliographie)

L'abeille contre l'acné

Selon des expériences publiées en 2014, le venin d'abeille purifié a permis de diminuer, chez la souris, l'inflammation de la peau liée à une infection par "Propionibacterium acnes", la bactérie impliquée dans l'acné (Science et vie - nr.1182 - 2016)

Recette de grand- mère 

Pour soigner une piqûre d'abeille, retirer le dard et frotter avec du persil !
 

Albert CALMETTE (1861-1933) étudia les venins, dont celui des abeilles.

Abeille sur sedum - septembre -

Abeille sur sedum - septembre -

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8 février 2014 6 08 /02 /février /2014 01:20

LES ABEILLES :
CIRE - PROPOLIS - MIEL - GELÉE ROYALE

Abeilles -Miel - Propolis -

Entre 2015 et 2016, les scientifiques neuchâtelois ont analysé 198 échantillons de miel provenant du monde entier.
«La recherche a montré que trois quarts des produits contiennent des néonicotinoïdes, pesticides connus pour leur rôle dans le déclin des abeilles», révèle Alexandre Aebi, de l’Institut de biologie. 
Cette première étude mondiale a suscité l’intérêt de la prestigieuse revue «Science», qui vient de la publier.
Les échantillons nord-américains (86%), asiatiques (80%) et européens (79%) étaient contaminés. Pour l’Amérique du Sud, ce taux est de 57%.
Même si les concentrations sont inférieures aux normes autorisées pour la consommation, l’inquiétude est là. (
20minutes- 11.09.2017 - Neuchâtel - in revue "science" par Abdoulaye Penda Ndiage) 

Abeille sur sédum
Abeille sur sédum

LA CIRE : 

Cire abeilles

Les abeilles secrètent la cire à l'aide de leurs glandes cirières après avoir transformé les substances sucrées, en particulier le nectar. La composition de la cire est complexe : elle contient des hydrocarbures saturés, de la céroléine, de la myricine, des palmitates et des subtances colorantes. On trouve dans la cire de la cérine, de la myricine, de la céroléine et des hydrocarbures saturés. (Alin Caillas 1927, voir biblio)
 

  • Dans les années 20, la production de cire en France était de trois millions de kilos, nous importions beaucoup du Maroc mais surtout de la Turquie.
     
  • En ce qui concerne la formation de la cire, on sait que les abeilles ont souvent de la peine à se procurer suffisamment de nectar.
    Mr TEGETMEIER m'apprend qu'il est expérimentalement prouvé que, pour produire 1 livre de cire, une ruche doit consommer de 12 à 15 litres de sucre. (DARWIN, bibliographie) 
    NDLR : les rayons en cire gaufrée inventés par l'apiculture ont grandement économisé le travail des abeilles.
     

LE PROPOLIS : 

Propolis

La propolis contient 50% de résine, 40% de cire et 10% d'une huile essentielle. Elle est antiseptique.
La propolis renferme une mine d'oligo-éléments (aluminium, cuivre, fer, zinc...), mais aussi et surtout des flavonoïdes antioxydants : chrysine, pinocembrine, galangine, quercétine... Ces substances renforcent ainsi l'ensemble des défenses de l'organisme et l'aident à lutter contre les infections.

On trouve également dans la propolis des composés phénotiques et des acides aromatiques aux effets anti-inflammatoires.
Sans oublier les huiles essentielles aux vertus antiseptiques.
Les abeilles l'ont compris depuis longtemps : la propolis est un aseptisant naturel. (Revue EM-santé, nr.22)

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Abeille butinant une feuille de tilleul qui suinte. Mai.

"On a de bonnes raisons de supposer que le mastic des abeilles a été l'un des produits mystérieux que les luthiers italiens ajoutaient au revêtement des vernis des instruments qu'ils fabriquaient, en vue d'en améliorer encore la beauté du son" (Karl VON FRICH)

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LES ABEILLES :
MIEL & GELÉE ROYALE

Le nectar est un suc renfermant, en proportions variables avec les espèces, du saccharose et du sucre interverti. Il est blanc ou jaunâtre, inodore.

La force du nectar est exprimée par le pourcentage d'hydrates de carbone - principalement de sucre - qu'il contient mais qui peut varier suivant le jour et les conditions atmosphériques. Voici quelques exemples exprimés en pourcentage : Fleurs de pommier (42), moutarde des champs (40), chou frisé (39), framboise (37), pissenlit (34), cerisier sauvage (33), lime (31), trèfle blanc sauvage (30), mûrier (28), lotier (26), cassis (25), poirier (15) et aubépine (13) (Docteur BUTLER).
 

  • L'absence de pluie et de rosée retarde la sécrétion du nectar des fleurs.
     
  • Le goût :
    Un entomologiste allemand, FOREL, a soigné des abeilles au sucre puis a change le régime en leur donnant de l'alun. Les abeilles y ont goûté puis se sont retirées précipitamment pour longuement se nettoyer !
     
  • "Une mer de nectar" ! Oui, mais... sur la lune !
     
  • En moyenne, les plantes des pays tempérés secrètent 0,5 à 5 milligrammes de nectar par fleur.

LE MIEL :  

Vrai :

À peu près aussi calorique que le sucre (307 Kcal/100 gr contre 400-420 Kcal/100grs).
Le miel possède en revanche un pouvoir sucrant 130 fois plus élevé en raison de sa richesse en fructose.
Résultat : on en met moins.
Autres atouts, il s'assimile plus facilement que le sucre ordinaire, n'irrite pas l'appareil digestif et contient divers micronutriments (minéraux essentiellement).

  • ORIGINE VÉGETALE ET ANIMALE DU MIEL
    Un peu (beaucoup) de chimie !
    Composition du miel :
    sucres : glucose, fructose, maltose, saccharose, mélézitose, erloze, kestose, raffinose, destriantriose, isomaltose etc... plus des sucres de formule chimique complexe.
    Acides : acide gluconique, acide formique, acide acétique, acide lactique, acide malique, acide citrique, acide succinique etc... PH voisin de 4.
    Plus 18 acides aminés dont certains non constants par les sécrétions de l'abeille.
    Sels minéraux : potassium, chlore, souffre, calcium, sodium etc...
    Plus vitamine B, vitamines lipo-solubles absentes. La vitamine C dans certains miels.
    Plus des enzymes, dont les plus importants sont une amylase et une invertase etc...
    Plus des substances aromatiques : alcools, aldéhydes, cétones etc...
    (Source : M.LOUVEAUX, voir bibliographie)
     
  • Le miel fait des miracles !
    Les hôpitaux anglais et gallois pourraient bientôt utiliser une recette de l'époque pharaonique pour favoriser la cicatrisation des plaies et des brûlures : le miel, le miel étant un antibactérien efficace. (Science et vie, nr.1083)
     
  • Le miel est la meilleure thérapie contre le rhume. Une étude a montré son avantage face au dextromethorphan, un médicament classique contre les coups de froid. (science et vie, nr.1085)

    Deux mots sur le miel, une autre analyse !

    Le miel n'est constitué que d'eau et de sucres ! Les abeilles aspirent le nectar secrété par les fleurs qui est composé soit de saccharose, soit de plusieurs sucres simples en quantités variables selon les espèces de fleurs et accompagnés d'arômes différents, utiles pour la "physiologie du goût" mais peu utiles pour la santé.
    Le miel est donc le plus ancien produit sucré naturel, ayant une source très faible de minéraux et de vitamines. Pour 100 grammes de miel, la valeur en protéines et en lipides est même nulle ! Le miel n'a en fait aucune valeur thérapeutique. Seule la gelée royale, qui pour 100 gr apporte 12 gr de protéines et 5 gr de lipides, pourrait avoir une utilité pour la santé.
    Dans la réalité, "elle est commercialisée à raison de 1% mélangée à 99% de miel".
    Docteur Louis THILLIER, in postface de "Abeilles : l'imposture écologique" de Gil RIVIERE-WEKSTEIN, voir bibliographie.
     
  • Popeye the sailor bee, bss, bss !
    Le miel devrait être présent dans toutes les cambuses. Le miel est bon pour l'équipage. Riches en glucides (trois quarts de son poids) c'est l'aliment de l'effort musculaire utilisé par les athlètes depuis l'antiquité jusqu'à nos jours. Le miel se digère bien, beaucoup mieux que le sucre. Pauvre en saccharose, son assimilation ne produit aucune toxine dans l'organisme. Le miel est une source de longévité, il active la cicatrisation des brûlures et des blessures en application externe, et atténue les irritations de la gorge.
    Il a des propriétés laxatives douces. Il favorise l'assimilation du calcium. De plus, il est reconnu que le miel possède une action antibiotique et stimulante. (La gazette des pontons, Alain BRIANT)
     
  • De la préhistoire à l'éternité
    "Mais pour l'homme qui ignore encore Jéhovah, il n' y a qu'une manne, d'autant plus admirable que réelle, d'autant plus efficace que discrète, plus appréciée que connue : le miel. Tous les gourmets la recherchent alors qu'aucun préhistorien ne la mentionne, tous millénaires confondus. Pourtant, sans le miel, la préhistoire eût été différente. Peut-être même n'y aurait-il pas eu de préhistoire et partant, pas d'histoire. Sans lui ces lignes n'auraient pas été écrites. Sa seule chance aura été d'être reconnu par un connaisseur. Un seul. Mais quel ? Le temps lui-même. Il n'a pas lésiné à l'heure de l'approbation. Pour nous en tenir à un seul témoin - l'Homme - il était présent dans la ruche avant son arrivée. Il l'accompagne aujourd'hui, il lui survivra demain.
    Vous avez dit Eternité ? Jouez le miel, même sans majuscule." (Raymond DUMAY, voir bibliographie)

La GELÉE ROYALE : 

La Gelée Royale est un gel protidique extrêmement concentré (31% de protides) très riche en substances nutritives (glucides et lipides) ; il constitue un aliment d'une richesse exceptionnelle.
En outre, son abondance en vitamines, notamment du complexe B, représente, suivant l'expression du professeur HELLEU (1955), un véritable cocktail de diverses vitamines du groupe B, en particulier de l'acide pantothénique, un des facteurs principaux de l'activité biologique de la Gelée Royale. Rappelons que la Gelée Royale comprend certains composés directement assimilables, tels que la dextrose, les acides aminés, de même que les oligo-éléments ne subissant pas l'action des fermants digestifs.

(Docteur Yves NICKI, voir bibliographie)

  • Et aussi....
    La gelée royale contient : de l'eau (66% environ), des glucides (sucres) parmi lesquels glucose et fructose (rapport glucose/fructose avoisinant 1), maltose, erlose, trèhalose, mélibiose ; des lipides (acides cétotransdécénedioïque, hydroxytransdécénedioïque, hydroxytransdécénoïque, sébacique, pimélique et palmitique, stéarique) ; des protides (substances azotées dont une grande partie sous formes d'acides aminés les plus riches qualitativement). Ces acides aminés sont les suivants : acide aspartique, acide glutamique, alanine, arginine, cystine, glycine ou glycocolle, histidine, isoleucine, leucine, lysine, méthionine, phénylalanine, proline, sérine, taurine, thréonine, tryptophane, tyrosine et valine.

    Elle contient aussi des éléments minéraux parmi lesquels : calcium, cuivre, fer, phosphore, potassium, silicium et soufre ; des vitamines, en grande quantité : B1, B2, B3 ou vitamine PP, vitamine B, vitamine B, vitamine B7, vitamine B8 ou vitamine H, vitamine B9 ; en faible quantité : vitamine B12 ; et en présence contreversée mais de toute façon négligeable : vitamine A, vitamine C, vitamine D et vitamine E.
    D'autres constituants : l'acétylcholine, un facteur antibactérien et antibiotique, quelques grains de pollen et une possible substance hormonale gonadotrope ; et des substances encore inconnues (1984).
    (Source : docteur Yves DONADIEU, voir bibliographie.)

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Abeille sur caryopse - avril

Galleria mellonella - La grande Teigne des ruches :
ses larves vont servir à dégrader le plastique !  

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8 février 2014 6 08 /02 /février /2014 01:10


LES ABEILLES :
RECETTES ET HYDROMEL

"celui qui a de l'ail, de la sauge et des abeilles dans son jardin
est assuré de vivre longtemps"
dicton provençal.

Confusion !
En France, le mot miel dit bien ce qu'il veut désigner.
Toutefois, en Espagnol, le même mot veut dire
"résidu de la fabrication du sucre de canne" !

Pour les abeilles 🐝

Pour nourrir leurs abeilles les apiculteurs diluent du sucre roux dans de l'eau.
Mais on peut aussi employer du sucre fin ménager (c'est plus cher) dilué au pourcentage de 1 volume de sucre pour 3 volumes d'eau, d'eau tiède et très propre (eau d'Evian, par exemple) et 10% de bon miel.
Déposer très peu de liquide dans une soucoupe et bien l'étaler, sinon les abeilles vont patauger !
Pour éviter cet inconvénient, je fais un lit de quelques graviers qui serviront de reposoir car il arrive souvent qu'une abeille se pose sur le liquide au lieu du bord de la soucoupe.
Elle s'alimente puis décolle pour se poser non loin au soleil et faire une longue toilette avant de repartir vers son abri.

Sirop médicamenteux pour les abeilles :
Versez un litre et demi d'eau bouillante sur une forte poignée de plantes aromatiques : thym, sauge, serpolet, lavande, sarriette etc dans un pot de terre qu'on laisse pendant 20mn à côté du feu.
Ensuite passer l'infusion à travers un linge et la faire tomber sur un kilo de sucre, que l'on fait dissoudre près du feu.
Ne jamais faire bouillir.
Lorsque la dissolution est terminée, ajouter environ deux cuillerées à bouche d'alcool à 50 ou 60° soit de l'eau-de-vie, mélanger et servir tiède à la dose de un demi-litre par colonie pendant plusieurs jours.
Vous serez étonnés de la bonne allure que prendront les colonies ainsi alimentées. (E.ANGELLOZ-NICOUD- voir bibliographie)

Pour les humains 

Recettes

Il est rare de trouver une recette de pâtisserie dans laquelle entre une grande partie de miel.
En voici une :
* 125 gr de semoule, 1/2 litre de lait, 80 gr de miel, un zeste de citron, 30 gr de beurre et sel. 
* 500 gr d'abricots, 125 gr de miel, 50 gr de biscuits à la cuiller, 1 dl. de kirsch et 50 gr de beurre.
1 - Faire bouillir le lait avec le sel et le miel. Mettre un zeste de citron râpé et y jeter la semoule en pluie. Cuire à feu doux jusqu'à épaississement. Incorporer 30 gr de beurre et verser cette préparation en couronne dans un plat à four.
2 - Pendant la cuisson de la semoule, cuire les abricots dénoyautés dans un plat à gratin légèrement beurré. Les abricots sont nappés avec 125 gr de miel. Lorsqu'ils sont cuits, les mettre au milieu de la couronne. Saupoudrer avec les biscuits à la cuiller émiettés. Arroser avec le kirsch, le beurre fondu et passer au four chaud pendant 5 à 6 minutes.
Cuisson : 30 minutes. (Ginette MATHIOT -voir bibliographie)

  • Recettes marocaines au miel :
    Les "tresses au miel" et les "crêpes au miel" sont deux délicieuses spécialités marocaines de Marrakech. Trop long à expliquer ici mais les palais gourmands peuvent me contacter !

crêpes au miel

  • L'Aoudaghost d'El Bekri, tout rempli, au XIe siècle, de macaronis au miel (Th.MONOD,voir biblio)

Connaissez-vous les macaronis au miel ?
La recette n'est pas donnée.

  • Soigner une piqûre d'abeille :

vous prenez un oignon frais que vous coupez et vous appliquez et frottez la partie fraîche sur la piqûre.
Vous pouvez aussi déposer sur la piqûre une pincée de bicarbonate de soude.

  • Des injections intraveineuses de miel très pur et spécialement traité auraient donné d'excellents résultats dans le traitement des maladies du coeur et d'eczémas.

Les vomissements incoercibles de la grossesse auraient été jugulés par ce traitement (M.REBOUX, voir bibliographie)

Si un essaim s'invite chez vous, ne le détruisez pas.
Demandez à l'apiculteur le plus proche de venir l'enlever.
Il le mettra dans une ruche. 

  • La guerba (outre pour le désert) était imperméabilisée avec du goudron, du beurre ou... du miel !
     
  • Du miel mélangé avec du lait entrait dans la composition d'une recette fort compliquée pour soigner la dyspepsie. Inscription d'Epidaure pour les Asclépicions (établissements de bienfaisance de l'antiquité grecque  C.DIEHL)
     
  • Chaptalisation par le miel !
    "On a raison de penser que l'utilisation du sucre existait avant CHAPTAL. En 1772, ROZIER (abbé Jean-François ROZIER, 1734-1793), conseillait dans le cas des moûts trop aqueux, d'ajouter, outre le moût bouilli et concentré, ce qu'il appelait du "muqueux doux" et le miel de préférence. Il préconisait une livre de miel pour cent litres de moût, ce qui ne fait qu'à peine cinq grammes par litre et donc un gain d'alcool insignifiant" (Emile PEYNAUD, voir bibliographie).
    Nota : à cette époque l'emploi du sucre venait d'être découvert et il était très cher.
     
  • Chacun ses goûts !
    Mellifère, Mélissa, Mélisse : une plante mellifère aux vertus oubliées, c'est la mélisse qui tire son nom de mélissa (l'abeille) mais... elle repousse les moustiques !
    Mélissa, avec sa soeur Amalthée, ont élevé Zeus en le nourrissant de miel.
     
  • Sucreries :
    "En 1956, les chercheurs de la "Clinton Corps Products" découvrirent un enzyme autorisant l'hydrolyse du glucose en fructose. Le sirop de maïs à haute concentration en fructose (HFCS) était né. Et, grâce à la biotechnologie, le maïs devint un concurrent potentiel des sucres de canne et de betterave." (William REYMOND, voir bibliographie)
    Est-ce que les abeilles ont goûté au HFCS ou isoglucose ?
  • Pour "doper" un cheval de course !

Prendre un litre d'eau, 500 grammes de miel, un demi-citron et un jus d'orange, avec un peu de phosphate de potasse et de bicarbonate de soude. (Alin CALLIAS, voir biblio)
 

  • Energie !

Ces célèbres sportifs consommaient beaucoup de miel pendant leurs efforts suivant Alin CAILLAS : BLYTH qui a traversé l'Atlantique à la rame et participé à la course autour du monde ; TRUDI EDERLI , première femme a avoir traversé la Manche à la nage avant 1914-18 ; sir Edmund HILLARY, vainqueur de l'Everest...

Et Obed dit à Jésus : "Tu partageras mon repas, des galettes, des sauterelles grillées et du miel...." Puis Obed fourra dans la cendre deux patates douces et, quand ils les eurent mangées, il alla chercher un rayon de ruche et montra à Jésus comment on tirait le miel : avec le petit doigt."  (G.Messadié,biblio)

Le pain d'épices 

Pour préparer le pain d'épices, on mélange, à un kilo de farine de seigle, un kilo de miel et on laisse reposer la pâte ainsi obtenue pendant une semaine dans la huche.
Au moment de cuire, on pétrit à nouveau en incorporant à la pâte quatre jaunes d'oeufs, huit grammes de poudre de cannelle et huit grammes de carbonate d'ammoniaque.
On étend ensuite cette pâte au rouleau sur une épaisseur de deux centimètres, puis on l'introduit dans un four chaud sur une plaque de tôle huilée après avoir décoré sa surface à l'aide de petits morceaux d'écorces d'orange amère et d'angélique confites. (A.L.MARCHADIER).

L'HYDROMEL 

Hydromel

Dans un hectolitre d'eau tiède mettre 50 kilos de miel et remuer jusqu'à ce que le miel soit dissous.
Chauffer ensuite à ébullition, en écumant chaque fois qu'il est nécessaire et en ayant soin de prolonger l'ébullition jusqu'à ce que le volume du liquide soit réduit aux trois-quarts (75 kilos environ).
À ce moment, verser le jus sucré, ainsi obtenu, dans un tonneau, et, quand il est refroidi et reposé, ajouter 20 grammes d'acide tartrique ou d'acide citrique pour régulariser la fermentation, puis pour la nutrition phospho-azotée des ferments, 15 grammes de phosphate d'ammoniaque et 60 grammes environ d'un morceau de rayon (qui contient à la fois pollen et ferments).

Recouvrir alors d'un linge épais et mouillé le tonneau non bondonné et le placer dans un cellier à température constante et voisine de 18°.
Après cinq mois on peut soutirer : l'hydromel et prêt à être consommé. (A.L.MARCHADIER, voir bibliographie)

Tchin, tchin !

  • Hydromel vineux, recette de 1777 !
    NDLR : le texte est transcrit en vieux français.
    Manière de faire l'hydromel vineux : Verfez de l'eau froide fur du miel, favoir une quarte ou près de deux pintes fur chaque livre : il se defoudra au bout de deux ou trois semaines, pour peu que vous le remuez, & il fermentera fans qu'il foit befoin de mettre du levain de bière, qui donne un goût défagréable au vin. Vous le tranfverferez & le boucherez lorfqu'il fera temps. Au bout d'un an cette liqueur fent fi peu le miel, qu'il n'y a perfonne qui ne la prenne pour du vin ; en eftdilpenté par-là de faire bouillir la liqueur.
    ("L'Albert moderne", chez veuve Duchesne,, librairie saint Jacques 1777. approbation et privilège du Roi)

    Formule du chouchen (hydromel en Bretagne) pour le simple particulier :
    Jeter 200 litres d'eau tiède sur 25 livres de miel, de façon de le faire fondre. Quand le miel est bien fondu en délayant, laisser froidir et entonner dans un fût, mettre un kilogramme de raisins de Corinthe, pour hâter la fermentation et boire à la ciel, trois ou quatre jours après. Il est conseillé de boire le mélange dans les plus brefs délais car ce chouchen se révèle instable. (Patrick DENIEUL, voir bibliographie 2)
    NDLR : Donc, quantité à produire suivant les besoins en respectant les pourcentages eau-miel-raisins de Corinthe.
     
  • L'Ethiopie est restée le pays de l'hydromel, le premier alcool élaboré.
  • DE POMIANE nous a certifié avoir dégusté à Varsovie des hydromels de 150 à 200 ans d'âge, et des hydromels à base de miel de tilleul ayant 250 ans de bouteille.
    L'hydromel bien fait, titrant de 9 à 12 degrés d'alcool vieillira comme un vin (MATHIS)
  • Gastronomie phrygienne :
    À la table du roi phrygien MIDAS, il y a 2700 ans, il y avait un cocktail à base de vin, de bière d'orge et d'hydromel. La viande de chèvre ou de mouton était badigeonnée de miel, arrosée d'huile d'olive, parfumée au fenouil ou à l'anis et cuite au barbecue ("Science et vie " , nr.1001, février 2001)
     
  • Miel plus olivier, les remèdes de PLINE :
    En usage externe, des feuilles de l'olivier en duo avec du miel contre la migraine. En décoction avec du miel contre les inflammations des gencives et les panaris, de l'écorce raclée des racines d'un jeune arbre avec du miel pour soigner les expectorations purulentes.
     
  • Selon Platénarinus, le jus de l'écorce du sureau seul avec du miel tue les vers du ventre.
     
  • Fruits confits :

Si les romains, dès l'antiquité, faisaient confire des fruits dans du miel pour les conserver, c'est Nostradamus qui formalise la recette, en 1555, dans son ouvrage "Traité des fardements et confitures".
Il y enseigne comment "confire petits limons et oranges tout entiers, coings en quartiers avec du sucre pour faire du cotignac (pâte de coing), des poires confites"...

  • Petites phrases dans la littérature :

C'est la déesse Flore qui offrit le miel aux hommes - Trimalcion Claque des doigts : le repas commence par des loirs garnis de miel et de pavots (Satiricon) !
Au banquet offert par les Leudes, à côté des verres de bière et d'hydromel destinés aux hôtes chrétiens d'autres gobelets étaient remplis de vin à l'usage des païens
Maurice RHEIMS (voir bibliographie)    

  • Au temps de Jésus-Christ :

À Jérusalem, parmi les plats servis par Hérode : des écorces de citrons amers fermentés dans le miel, pour changer le goût entre les plats.
Hérode : "Vous ne goûtez pas à ce pain de miel ? Savez-vous comment il est préparé ? Plongez du pain dans du miel pendant trois jours et trois nuits, puis laissez-le sécher un jour au soleil, passez-le au four une heure ou deux et garnissez-le de crème fraîche.
Tenez !" (G.MESSADIE, voir biblio)

  • Encaustique à froid
    Préparation de l'encaustique à froid :
    On réduit la cire en très petits morceaux à l'aide d'une râpe ou d'un couteau.
    On jette le résultat dans l'essence ou de la térébenthine.
    On remue bien le tout.
    La solubilité est plus lente à froid qu'à chaud mais elle écarte tout danger (M. de NANSOUTY, "les annales"  1910, nr 1385)

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8 février 2014 6 08 /02 /février /2014 01:00

Pollen : ce que ne savent pas les abeilles 

Il est à peine croyable que chaque espèce de fleurs ait pu inventer son propre pollen, quand on sait qu'il existe environ 250.000 espèces de plantes à fleurs et que leur pollen n'est jamais que d'une seule cellule.
250.000 variations dans l'architecture et le squelette d'un être unicellulaire, voilà qui laisse rêveur !

Le pollen féconde l'ovule de la fleur qui se transformera en graine et l'ovaire donnera le fruit.

Palynologie : science du pollen.

Le pollen : "le pain des abeilles".

*Dimensions des pollens : la longueur de la plus grande dimension va de 2,5 microns chez le myosotis, jusqu'à 200 microns chez la courge.

Abeilles-domestiques/chrono1232_1
6 février 2008.  1° à 5 heures 
Le mimosa est en fleurs et une abeille courageuse
se noie dans le pollen jaune.
Cette floraison providentielle dure environ un mois.

Les grains de pollen

organismes de dispersion des gamètes mâles chez les plantes et les fleurs, sont composés de deux à trois cellules protégées par une paroi.
Cette paroi présente de nombreuses variations, qu'elles se situent au niveau de la structure elle-même, de l'épaisseur, de la composition, de la texture ou encore de l'ornementation de l'exine (couche externe de la paroi).
La plupart des grains de pollen présentent des apertures * éléments essentiels à leur survie.

* Aperture : l'aperture est une région spécialisée du sporoderme (paroi de la spore ou du pollen) qui est plus fine que dans le reste de la microspore, et qui en général en diffère par son ornementation et/ou sa structure (adj. aperturé).

(Laurent PENET. Voir bibliographie)

Magnifique architecture de pollens ! Photo Facebook partagée par C. Pariel

Magnifique architecture de pollens ! Photo Facebook partagée par C. Pariel

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* C'est à l'époque du grand élevage du couvain que les abeilles récoltent le plus de pollen et de nectar.

* Le pollen est uniquement absorbé par les larves car les abeilles ne l'assimilent pas sans la contribution des larves qui possèdent des sucs digestifs nécessaires pour la digestion des grains de pollen (Tropobiose de E.ROUBAUD).

* Les pollens entomophiles sont peu abondants, les grains d'une assez grande dimension,  à exine fortement ornementée, ou couverts de sécrétions gluantes.

Composition du pollen : 

*Dans le pollen, on trouve les vitamines suivantes : parmi les vitamines du groupe B on trouve l'acide folique (anti-anémique), la vitamine B 1 (anti-névritique, facteur d'équilibre neuro-endocrinien), l'acide pantothénique, les vitamines B 2 et B 6. On trouve également la vitamine PP (antipellagreuse), la vitamine C, la vitamine D (antirachitique, facteur de calcification), la vitamine E (facteur de reproduction), enfin la pro-vitamine A (antixérophtalmique et kératomalcique). Le pollen contient également des ferments nécessaires à la digestion des sucres et amidon, à l'utilisation des phosphates par l'organisme. On a aussi trouvé dans le pollen des substances hormonales, dont certaines sont des régulateurs de la croissance des plantes et d'autres des substances oestrogéniques. (Armand PONS)

*Il contient une grande quantité de protides dont la moitié sous forme d'acides aminés libres, des glucides (sucre), des lipides (corps gras), de l'eau, des substances minérales (calcium, cuivre, fer, magnésium, manganèse, phosphore, potassium, silicium, soufre), des vitamines B1, B2, B3 ou vitamine PP, B5, B6, B7, B8 ou vitamine H, B9, B12, C, D, E, et provitamine A, des enzymes (amylass, invertass et phosphatasses), et enfin de la rutine, une substance accélératrice de croissance et une substance antibiotique.
Mêmes propriétés pour la gelée royale (Docteur Yves Donadieu, faculté de médecine de Paris). 

Abeille butinant le chèvrefeuille - 16.05.2019

"Pollinisation : Les fleurs, le plus souvent très visibles et de couleur vive, à généralement pour corolaire la pollinisation par les insectes (entomophile, du grec entomon : insecte), beaucoup plus précise que celle assurée par le vent (anémophile).
Très généralement les organes spécialisés ou nectaires sécrètent du nectar dont se nourrissent les insectes.
On doit ici souligner que l'importance croissante des plantes à fleurs, au tertiaire, s'est accompagné d'un extraordinaire essor des insectes lécheurs et butineurs, l'un appelant l'autre." (J-L.Guignard in "Abrégé de botanique" 1973)

Abeille sur houx "Ilex aquifolium" - 03.04.2020

*On a récemment prouvé que les abeilles au lieu de chercher du pollen sur les fleurs, se servent volontiers d'une substance fort différente, le gruau (DARWIN).

*Record : une seule inflorescence de petite oseille (Rumex acetosa) produit plus de 400 millions de grains de pollen !

*L'odeur des pollens est la plus ancienne des odeurs florales et attirait les premiers agents de la pollinisation bien avant les abeilles et les hyménoptères en général : les coléoptères.

*Il existe environ 250.000 espèces de plantes à fleurs et chaque pollen est différent d'une espèce à l'autre. 250.000 variations dans l'architecture et le squelette d'un être unicellulaire (J-M.PELT, voir bibliographie).

*Les butineuses récoltent 25 % que du pollen, 58% que du nectar et 17 % nectar et pollen.

*Une ruche produit 25 kilos en moyenne de pollen par an, en saison, 62.000 charges individuelles par jour.

*Le pollen de l'olivier n'est jamais transporté par les abeilles et autres insectes, mais par le vent.

*Le rôle du pollen était déjà connu 900 ans avant J-C, gravures sur pierre du palais d' Assurbanipal où l'on voit des personnages féconder artificiellement des dattiers en agitant des spathes mâles (Armand PONS, voir bibliographie).

*L'analyse pollinique est utilisée pour contrôler l'origine botanique des miels pour prévaloir "l'appellation florale" (miel de Lorraine, miel du Gâtinais, miel de Corse). On procède aussi à l'étude polynologique des miels pour éviter les contrefaçons et les fraudes, pour le miel de lavandin, hybride de la lavande, par exemple, qui possède un parfum et un goût d'une grande finesse (Alpes de Haute-Provence). À noter que dans le lavandin, les grains de pollen sont peu nombreux mais caractéristiques. (Armand PONS)

Allergies aux pollens : 

Allergie pollens

Tous les pollens ne sont pas allergisants.
Seules une quinzaine de famille partagent ce "privilège", ayant en commun une taille entre 20 et 60 micromètres de diamètre et d'afficher une forte concentration dans l'air (40 particules/m3).
Les pollens ont aussi en commun de fabriquer des allergènes, ou protéines allergisantes, qui provoquent la réaction du système immunitaire. Les personnes sensibles réagissent en produisant des anticorps IgE, dirigés contre ces substances étrangères. (source : revue " Science et Vie " nr.1064. Mai 2006)

*Des stations de capture des pollens ont été installées sur les toits de 23 villes de France en 1990. Un appareil reproduisant la respiration humaine projette les pollens de l'atmosphère sur un tambour où ils sont récupérés. Les pollens sont toutefois moins nocifs que les gaz des pots d'échappement des voitures !

*Le pollen d'aulne, le "verne" chez les gaulois, est, avec le coudrier, le meilleur des pollens pour les "avettes" (abeilles) VINCENOT le qualifie de "sperme cosmique" !
Avec le sang, c'est la denrée la plus mystérieuse du monde qui tient dans sa structure le secret de la vie.

*Les "pluies de souffre" sont des chutes importantes de pollens dans les forêts de pins et de sapins. Imaginons le nombre de ces pollens !

Paléontologie apicole :

Figée dans l’ambre depuis 15 millions d’années, une abeille portait sur son dos un grain de pollen d’orchidée.
Les chercheurs, à partir des séquences d’ADN, peuvent désormais affirmer que l’ancêtre commun de ces plantes vivait il y a 76 à 84 millions d’années, à la fin du crétacé. (Science et vie, nr.1081,octobre 2007)

Pour contrôler la provenance florale et régionale d'un miel on analyse son pollen - Miel de lavande, miel d'acacia, miel du Gâtinais etc.

Vieilles fleurs :
Des grains de pollen retrouvés au fond d'un forage suisse viennent d'être datés de 240 millions d'années.
Les plantes à fleurs existaient donc dès cette époque, soit 100 millions d'années plus tôt qu'on ne le pensait. ("le point" 10.2013)

Abeilles-domestiques/chrono2281_1

Butinant du sédum spectabile - septembre 

Abeilles-domestiques/chrono2427_1

Avec une belle pelote de pollen aux pattes ! 
Sur ciste cotonneux - avril 

Pour séduire, les fleurs sculptent la chaleur.

* "Sur les 118 espèces de plantes à fleurs que nous avons thermo-photographiées, plus de la moitié présentent des variations structurées de la température avec des différences dépassant les 2°.
Nous savions que les abeilles étaient sensibles à la température globale de la fleur, mais ces formes thermiques spécifiques s'ajoutent aux multiples stratégies de séduction des fleurs"  (Sean Rands in "science et vie" - mars 2018)

* Le pollen est un aliment dans lequel l'insecte trouve beaucoup de protéines, des matières grasses, des sucres en quantité moindre, des matières riches en potassium et en phosphore (Elzer-Gunzmuller)

PALYNOLOGIE

"On a entrepris de nombreux travaux d'analyse chimique du miel. Récemment, l'étude microscopique du miel a révélé, ainsi qu'on pouvait s'y attendre, la présence de nombreux grains de pollen dont la connaissance a permis, mieux que tout autre caractère chimique, de caractériser et contrôler son origine géographique et botanique (et contrefaçons), cause de ses différences de qualités." (Armand PONS "le pollen" PUF.1958) 

Les fleurs plus anciennes que les abeilles !

Il y a 245 millions d'années que les plantes ont des fleurs. Ce sont les plus vieux grains de pollen du monde ! Datés de 247 à 245 millions d'années, des fossiles bien préservés ont été trouvés à 900 mètres de profondeur dans deux carottes de forages prélevées dans le nord de la Suisse. 
Autrement dit, les plantes à fleurs seraient apparues 100 millions d'années plus tôt qu'on ne le pensait !  
(Source : revue "science et vie" - R.B - nr. 1156)

Un apiculteur m'a dit :

Pour les abeilles qui préfèrent les fleurs de la vigne vierge (juin)  à celles de la lavande, c'est parce que le miel de lavande cristallise rapidement, alors les abeilles qui sont au courant ne s'en servent pas pour nourrir le couvain.

Des abeilles s'affairent à récolter le pollen d'un magnolia
dont les étamines chutent.
Le magnolia grandiflora est venu d'Amérique du Nord en 1737.

Le miellat : 
 
il peut être projeté jusqu'à 5 mm. Il était collecté par les israélites  dans les temps bibliques et est encore ramassé par certains indigènes.
Pline, au premier siècle avant Jésus-Christ, le considérait comme un phénomène météorique !
Et c'est Réaumur qui, le premier, vit le rapport avec les pucerons Aphididés.
Les fourmis en sont très friandes et pratiquent "l'élevage" et la "traite" des pucerons ; les abeilles le collectent et l'introduisent dans le miel. (C. Souchon)
 

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8 février 2014 6 08 /02 /février /2014 00:50

À table ! 

"Un fait dont on parle peu est que la plus grande partie du miel consommé par les êtres humains dans le monde est du miellat récolté par les abeilles sur la surface des buissons et des arbres." (Hölldober et E.O.Wilson)

Le 18.11.2004 (3°/13°), seulement deux abeilles viennent en même temps au ravitaillement de ma soucoupe garnie, ce qui laisse supposer qu' elles appartiennent à une très petite colonie sauvage.
Elles me paraissent plus dégourdies que les abeilles des ruches
​​​​

Bombus-terrestris-en-compagnie-abeille

En compagnie d'un "bourdon terrestre".
Au début (12.2004) il y en avait qu'un seul, ensuite (02.2005) ils étaient quatre.
Comme il y a des bacs de pensées tout à côté, ils ont dû trouver la soucoupe par hasard en visitant les fleurs... par contre, ils ont, comme les abeilles, la mémoire du lieu.

chrono2624 5

     "Asterix" et "Obelix" : 

- C'est bon hein ?

- Pas mauvais, surtout en cette saison !

- Je préfère celui des lavandes.

- Moi aussi, mais celui-ci me semble un bon cru "toutes fleurs"

je-fais-bande-a-part.

 On fait parfois bande à part... 

...ou on s'invite à plusieurs !
On-s-invite-a-plusieurs-sur-la-mangeoire-BT

Abeille-et-bourdon-terrestre-sur-sedum-spectabile-2

En compagnie d'un bourdon terrestre à la fin septembre
sur un sédum spectabile.
La nourriture commence à se faire rare.

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Ce frelon s'est invité à la mangeoire des abeilles où il était présent hier soir au crépuscule et ce matin à l'aube (10.10.2011 à 7 h 15) tandis que les abeilles sont venues à 7h 30 - 16°.

Le frelon a fait deux voyages avant que je ne le chasse, car en ces deux voyages il n'est pas reparti avec du sirop mais... avec deux abeilles !

Je l'ai donc invité à quitter les lieux et j'ai changé la mangeoire de place. 

Par contre les bourdons coopèrent avec les abeilles sans danger comme on le constate sur les images.

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8 février 2014 6 08 /02 /février /2014 00:40

Il existait plus de 35.000 ouvrages sur les abeilles en 1946 ! 
Vous ne trouverez donc pas dans ces pages de documents traitant de l'apiculture, mais de l'histoire, de la biologie et de l'éthologie de nos braves hyménoptères.
Des observations aussi, des renseignements 
rares ou insolites, de l'actualité scientifique sur le sujet.
Peut-être ne savez vous pas tout sur les abeilles...

La rubrique sur les abeilles est régulièrement mise à jour en fonction de mes lectures, de mes recherches et de mes observations.
Je vous 
remercie de votre intérêt pour les abeilles.

© P-J. BERNARD

Une variété d'abeille "Apis mellifica"-"ligustica" sous réserve - 16.03.2016 jardin urbain.

Une variété d'abeille "Apis mellifica"-"ligustica" sous réserve - 16.03.2016 jardin urbain.

"Maïa l'Abeille" ainsi baptisée par mon petit-fils,
aux provisions sur un ciste. 

Abeille domestique sur ciste

 

L'orthographe "Maïa" est le plus adéquat, il a été transformé par les nouveaux illustrateurs de la lecture enfantine en "Maya"  (ancien peuple de l' Amérique du sud).
Ce n'est pas grave ! Maïa était chez 
les Hindous, la déesse de la terre, ainsi que dans l'antiquité et la tradition Basque. Tout un symbole !

Abeille : origine

L'abeille est originaire  d'Asie tropicale et a été répandue à travers toute la planète par l'homme.

Mes ailes me donnent une dimension spirituelle.
Née des larmes du dieu-soleil Rê, chez les Egyptiens, je suis symbole de l'âme chez les Grecs (Zeus se nourrit de nectar).
Les Celtes, amateurs de miel et d'hydromel, m'ont associée à l'immortalité.
Avec les chrétiens, c'est la consécration : je suis l'emblème du Christ en raison du miel que je produis (douceur et miséricorde) et de mon dard (exercice de la justice).
Les hommes politiques m'ont voulu maîtresse de l'ordre et de la prospérité, depuis les Chaldéens jusqu'à... Napoléon ! 
Pour Mahomet , dans le Coran, l'abeille était un insecte sacré.

L'offrande des onguents au miel à pharaon.

L'offrande des onguents au miel à pharaon.
Reproduction document au musée du Louvre (2005)

Elle est apprivoisée depuis le temps des pharaons en Egypte (Apis fasciata), 3500 ans avant J-C. et sans doute bien avant suivant une peinture découverte en Turquie (6500 ans avant J.C) ;
mais elle est apparue au Crétacé, il y a 100 millions d'années.

Son ancêtre fossile était Electreapis dont des exemplaires réunis en groupe, ébauche de sociabilité, ont été trouvés dans des pays Balte.

Le plus vieux témoignage du rapport entre l'homme et l'abeille (fin du paléolithique). Il y a 12.000 ans (Revue " Bee world").

Les Hébreux désignaient l'abeille sous le nom de «Deborah».
Le "Bey" en orient.

Les égyptiens "bit" l'abeille et "bity" l'apiculteur.

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Les romains pratiquaient déjà "l'essaimage artificiel" et SCHIRACH,
à Lusale, en 1760, a découvert la transformation en reine d'une larve destinée à donner une abeille ouvrière. (M.MATHIS, voir bibliographie).  

La Fontaine fit une fable sur les abeilles et autres insectes.

Quant à Benjamin Rabier, il était plutôt porté sur les grands animaux.
Il dessina rarement l'abeille, seulement pour cette fable, mais sans 
profil anthropomorphique.

"Adam Gottlob Schirach , dans les années 1760-1770, confirmé par François Huber, découvrit que dans une ruche privée de reine, les reines peuvent apparaître à partir des larves ouvrières"

L' ABEILLE, UN MODELE PARFAIT DU SYMBOLE PARFAIT

"Nous voyons en Egypte, qui est certainement la racine de l'évolution de tout notre Occident méditerranéen, l'équivalence de l'Aigle dans l'abeille ou, généralement, la mouche à miel, comme symbole de la royauté.
Le miel est la plus subtile, la plus légère partie de la 
fleur.
L'aigle est le roi de l'air.
L'abeille fête ses noces dans le vol le plus haut.
L'idée de hauteur, de l'air, de lumière aussi, est 
contenue dans ces images de l'Aigle et de l'Abeille." (SCHWALLER DE LUBICZ, voir biblio)

En Amérique ont les regarde (les abeilles) comme un signe de la civilisation.

Les indiens voient dans les abeilles les avant-coureurs de la race blanche, et dans le buffle celui de la race rouge
(Washington IRWING cité par MICHELET

L'abeille est une particule d’année-lumière.
Elle surplante les grimoires.
Sa langue est celle des planètes.
Elle est atome du silence des astres
Printemps d’un feu cosmique
Écume d’une mer primitive
Diamant d’or d’une lumière séminale
Elle porte en elle le mécanisme de l’univers.
Chaque abeille résume le secret du monde.

in Michel ONFRAY "la sagesse des abeilles" (Galilée) 

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Une belle boule de pollen de caryops aux pattes.

Une vie bien remplie :

l'ouvrière commence par être nettoyeuse de cellules ;
elle devient ensuite chauffeuse de couvain ;
puis nourrisseuse de larves ;
puis pétrisseuse de pollen ;
puis gardienne de la ruche ;
puis abeilles des champs.
Ainsi, les abeilles que l'on voit butiner les fleurs sont des citoyennes sur le retour, au terme de leur carrière. (Jean ROSTAND, voir bibliographie).

Au tout début du printemps, les premiers butinages...

Abeille sur jonquille
Sur une jonquille
Abeille sur violette
Sur une violette

"Lorsque les rayons du soleil couchant frappent horizontalement le propolis qui bouche les fentes dans le tronc d'arbre, une inclinaison miraculeuse diffracte la lumière impalpable suivant un spectre multicolore. Ce prodige s'accomplit particulièrement après un orage ; c'est l'une des multiples merveilles de ce petit royaume."  (F. STUART, voir biblio)

 L'abeille ne distingue que 4 couleurs : le jaune (500-650 nanomètres), le bleu-vert (480-500), le bleu (400-480) et l'ultra-violet (entre 300 et 400 nanomètres). La lumière blanche est formée de toutes les couleurs qu'elle peut percevoir, donc l'ultra-violet y compris.
Le liseron blanc est une enseigne colorée pour notre visiteuse.

Anatomie de la tête d'une abeille :

La tête d'une abeille comprend : les ocelles (NDLR : placées sur le milieu du front comme les trois stemmates de la cigale), les yeux, les antennes, le labre, le clypeus, les mandibules, les galéas de la maxille, les palpes labiaux, la langue, les palpes maxillaires, le cuilleron, la paraglosse, le submenium, le mentum, les stipes, les lacinias, les galéas. (MATHIS)

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À l'automne, le sédum spectabile a du succès

chrono2116_1-4Un essaim printanier sur un cognassier. 

 

Si vous rencontrez un essaim, aucun danger mais appelez un apiculteur pour le récupérer, à moins que ce soit pour vous une occasion de vous initier à  l'apiculture.

François Huber, le célèbre apiculteur aveugle de Genève, construisait des ruches en feuillets pour ses observations en conduisant son fidèle serviteur.

Les ruchers en pierres sèches de la ROYA-BEVERA.

"Des ruchers en pierres sèches bâtis sur des gradins sont appelés "naijour" à Tende et "ca d'arbiné" (littéralement maison des abeilles) à la Brigue.

Il s'agit de constructions généralement en fer à cheval et à ciel ouvert, bâties en pierres sèches ou liées au mortier de chaux, avec une petite porte pour l'accès sur le côté ou, moins souvent, sur le mur antérieur.
Sur ces gradins, de cinq à sept en moyenne, on posait des "bruschi", troncs de châtaigniers ou de mélèzes évidés pour héberger les abeilles, utilisés localement jusqu'aux années 30.

Il existe aussi des ruchers en pierre dans les Asturies et les régions montagneuses de l'Espagne du Nord, qui ont été recensés et étudiés par les frères Robert et Bernard Chevet. Beaucoup de ces ouvrages ont été aussi repérés en Provence et en Vaucluse, et décrits dans une brochure éditée par le musée de la Crau à Salon.

On sait que les "maisons des abeilles" existaient au milieu du XVIIeme siècle, car elles sont mentionnées à l'article 31 d'une ordonnance publiée à Tende en 1752."

 Beaucoup de ces ruchers en pierre ont disparu, ou sont en ruine, quelques- uns abritent encore des abeilles gardées dans des ruches modernes. 

 Source : "le haut pays" , journal de la Roya-Bevera, article sur les "maisons des abeilles" de la Haute vallée de la Roya, par Monsieur L.N.MASETTI 1994

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Il existe aussi une autre forme d'installation des ruches : des niches à ruches étaient enclavées dans des murs en pierres sèches dont une superbe série se trouve à Lurs-en-Provence dans les Alpes de Haute-Provence.
Mais c'est en Angleterre que se trouve la plus forte densité des niches recensées.
Par exemple à LINCOLN HILL HUMSHANGH et à NUTWITHCOTE MASHAM. (Raoul VERHAGEN, 1974).

"Apié" (Apier) appellation provençale du rucher (en pierres sèches ou non "Apièr" en occitan normalisé. Succession d'alvéoles ou niches à ruches, réservées dans un mur. Un bel exemplaire à Bonnieux dans le Vaucluse au lieu-dit "les Rinardas".
(C.LASSURE et D.REPERANT in " Cabanes en pierre sèche de France " Edisud à Aix)

Le rucher en pierres sèches de PLOUGUERNEAU 
(Bretagne, au-dessus de l'Aber wrach)

C'est à THEVEZAN qu'a été identifié un étonnant "mur à abeilles", un mur en pierres sèches d'une dizaine de mètres de long et percé de "niches" incurvées d'environ 45 cm de profondeur, 40 cm de longueur et 50 cm de haut dans lesquelles étaient placées des ruches en osier.
Le mur est tourné vers le soleil et n'est pas exposé à la pluie.
Le propriétaire actuel a fait des recherches avant de découvrir qu'il s'agissait donc d'un mur à abeilles.
Très fréquents au XVIIe, XVIIe et XIXe siècle et ceci dans la France entière, mais aussi dans bon nombre de pays voisins comme l'Angleterre, la Grèce, l'Espagne ou l'Albanie.
Ces ruchers en dur sont souvent situés dans d'anciennes abbayes, de châteaux, de gentilhommières ou de manoir comme c'est la cas à THEVEZAN, le mur de ruches jouxtant un ancien manoir datant du XVIe siècle... (
In journal "Ouest-France" - juin 2012)

les-murs-de-niches-a-abeilles---Thevezan

Les ruches cévenoles se trouvent dans une  portion de tronc d'arbre. 
Dessus était posée une lourde pierre plate.
Bien sûr elles étaient alignées souvent dans une plantation de châtaigner.
On raconte et ça doit être vrai, que lorsque le patron des ruches décédait, son épouse ou ses enfants allaient recouvrir les ruches d'un voile noir.

Quelquefois les abeilles quittaient le rucher à la mort de leur patron.

Comment le savaient elles ? 

Mystère ! J'en ai vu une toujours en service sur un talus.
 

ruche-aveyronnaise

Photo Ramon BRUNELIERES (Hyères)

Dans les Cévennes vit l'abeille noire élevée toujours de nos jours à l'échelle artisanale.
Les ruches sont creusées dans des troncs de châtaignier et peuvent durer plus de trois cents ans !

Lien au service des apiculteurs et des abeilles :  
 Apiservices
galerie virtuelle apicole

A -ruche moderne Epinal-info 08.08

Le nec-plus-ultra moderne ! Une ruche panoramique à 360 degrés.
Photo Epinal-info

Modernisme ! Ruches thermo-isolées dans la masse avec anti-vol.

Photo happy culteur facebook

Par contre celles-ci ont aménagé provisoirement dans un bac ! Photo J-P. Moncelon

Par contre celles-ci ont aménagé provisoirement dans un bac ! Photo J-P. Moncelon

Des apiers, murs des abeilles (enclos à abeilles) à Saumane (Vaucluse) et à Cornillon-Confoux. Ce dernier aménagé vers la fin du XVIII eme. siècle, comporte 53 niches mais devait en posséder environ 200 à l'origine. Copyright Photos  Marie-T et Roger Mouren
Des apiers, murs des abeilles (enclos à abeilles) à Saumane (Vaucluse)

Des apiers, murs des abeilles (enclos à abeilles) à Saumane (Vaucluse) et à Cornillon-Confoux. Ce dernier aménagé vers la fin du XVIII eme. siècle, comporte 53 niches mais devait en posséder environ 200 à l'origine. Copyright Photos  Marie-T et Roger Mouren
et à Cornillon-Confoux.
Ce dernier aménagé vers la fin du XVIIIe siècle,
comporte 53 niches mais devait en posséder environ 200 à l'origine.
Copyright Photos  Marie-T et Roger Mouren

Salon-de-Provence - Apier de la Valentine daté de 1712 avec ruche en paille dans niche.
Salon-de-Provence - Apier de la Valentine daté de 1712
avec ruche en paille dans niche.

 Salon-de-Provence  - Apier de Magatis, celui à deux étages. Documents transmis par Mme Christiane DELAVAL - Auteur de "la pierre sèche" patrimoine rural et bories des collines de Salon-de-Provence.
Salon-de-Provence  - Apier de Magatis, celui à deux étages.
Documents transmis par Mme Christiane DELAVAL -
Auteure de "La pierre sèche"
patrimoine rural et bories des collines de Salon-de-Provence.

Salon-de-Provence - apier en reproduction miniature - Cornillon-Confoux (13). Repro Bernard Battandier (04)

Salon-de-Provence - apier en reproduction miniature - Cornillon-Confoux (13). Repro Bernard Battandier (04)

ÉVOLUTION !

Une ruche "robinet" !
C'est l'invention de deux apiculteurs australiens, les Anderson père et fils.
Elle est composée de sept cadres alvéolés. Chacune de ces trames est composée d'alvéoles ouvertes à leur base, que les abeilles comblent de cire avant de les remplir de miel.
Une fois qu'elles sont pleines, ce que l'apiculteur peut contrôler grâce à des cadres transparents, il lui suffit de tourner d'un quart de tour un "robinet" situé sur le haut du cadre : celui-ci brise la cire à la base de l'alvéole.
Le miel (3 Kg par cadre) s'écoule alors par gravité à travers un tuyau jusqu'aux pots placés devant la ruche.
Un nouveau quart de tour inverse suffit ensuite à remettre le système en place jusqu'à la prochaine récolte.
Plus besoin donc d'ouvrir la ruche pour récupérer le miel.
In revue "science et vie" - A.P - mars 2016.

Abe corsica 

APIS MELLIFERA MELLIFERA CORSICA

L'abeille noire Corse
et
 l'abeille noire et cire blanche : l'abeille bretonne d'Ouessant
.  
Voir l'article 

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8 février 2014 6 08 /02 /février /2014 00:30

Psychisme des abeilles

Selon une étude menée par des chercheurs de l’unité Abeilles et Environnement de l’Inra et de l’Université Macquarie, les abeilles domestiques exposées à un stress voient leur capacité de butinage de pollen diminuer.
Ce déficit de pollen pourrait provoquer un déséquilibre nutritionnel au sein de la colonie et donc impacter son développement. Ces travaux de recherche ont été publiés dans la revue scientifique Journal of Experimental Biology.
 (INRA - 2018) 

* Trépider, autrement dit faire vibrer le rayon de miel, est indispensable à l’Abeille domestique (alias mellifère). Pour communiquer. 
Notamment, la danse frétillante d’une exploratrice, qui indique où trouver nectar et pollen, se fait sur une «piste» de cellules vides.
Les ébranlements imprimés à la cire y sont mieux transmis que par des cellules operculées (habitées) et les congénères prennent connaissance du message plus facilement. 

OPIE - épingle 1131 - février 2018.
 

* L'abeille éclaire notre sens de l'abstraction.
L'abeille sait résoudre des tâches cognitives de haut niveau qu'on croyait réservées aux humains et aux primates" rappelle Martin Giurfa, neurobiologiste du centre de Toulouse.
(science et vie- janvier 2016)

À quoi pense une abeille qui survole un champ ?

"Elle résout des problèmes mathématiques !
Grâce à ses aires sensorielles primaires ultrasensibles et à des corps pédonculés surdéveloppés.

On peut affirmer que l'abeille résout des problèmes en manipulant des concepts abstraits.
Son système cognitif effectue des opérations qui, traduites dans notre langue, ressemblent à un raisonnement dit transitif" (
Martin Giurfa, directeur du centre de recherche sur la cognition animale de Toulouse, in "science et vie" nr. 1192 - 2016) 

* Où l'on lira que tous les naturalistes ne sont pas tous d'accord sur les facultés du psychisme des abeilles ! Psychisme et Instinct vont de pair.  

* "Chez les insectes sociaux, il y a un rapport direct entre les facultés psychiques et la grandeur du cerveau, et, de plus, on peut mettre en évidence chez eux la mémoire, la volonté et les sentiments" (E.CAUSTIER) 

* "Le comportement est enraciné dans la biologie, comme est en train de le démontrer cette nouvelle science, la sociobiologie ; et une très grande partie de ce comportement s'exprime de façon semblable chez tous les animaux, de la fourmi à l'homme."  (Gene BYLINSKI, voir bibliographie) 

* "On a dit, convaincu par toutes ces merveilles,
Qu'un peu d'âme divine habitait les abeilles. "
(VIRGILE , Géorgiques IV, 220-221) 

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Abeille sur feuilles d'automne.

*Observation faite par HUBERT : les ruches du canton de VAUD étaient attaquées par des papillons Grands-paons-de-nuit très friands de miel, et qui s'y introduisaient la nuit.
Les apiculteurs protégèrent l'entrée de leurs ruches avec un treillis qui laissait passer les abeilles mais empêchait les papillons de pénétrer.
Certains apiculteurs ne mirent pas cette barrière ; leurs abeilles construisirent alors avec de la cire des arcades compliquées, une sorte de labyrinthe infranchissable pour ces sphinx !  

*Quant à Gaston Bonnier, il réalisa l'expérience suivante : il plaça dans une ruche des rayons attachés avec des ficelles. Les abeilles firent les raccords puis coupèrent les ficelles.
Une fois les ficelles sorties de la ruche, elles se placèrent à intervalles réguliers de chaque côté du corps étranger, le soulevèrent ensemble en s'envolant et le lâchèrent, toutes en même temps, loin de la ruche. 

*Au milieu d'un petit coteau qui terminait une prairie, on avait placé, au milieu des romarins et des genêts, quantité de ruches à miel. «Remarquez, nous disait Euthymène, avec quel empressement les abeilles exécutent les ordres de leur souveraine ; car c'est elle qui ne pouvant souffrir qu'elles restent oisives, les envoie dans cette belle prairie rassembler les riches matériaux dont elle règle l'usage ; c'est elle qui veille à la construction des cellules et à l'éducation des jeunes abeilles ; et, quand les élèves sont en état de pourvoir à leur subsistance, c'est elle encore qui en forme un essaim, et les oblige à s'expatrier sous la conduite d'une abeille qu'elle a choisie.» («Voyage du jeune Anacharsis en Grèce», 363/337 avant Jésus-Christ., par J-J.BARTHELEMY. Hachette 1860). 

*«Les abeilles ont besoin, pour s'orienter sur le terrain, non seulement de points de repères qu'elles ont appris à reconnaître, mais aussi du soleil dont elles se servent comme d'une boussole. Quoique sa position change du matin au soir, elles peuvent à tout moment retrouver la direction qui les intéresse. Cela nécessite deux données : la connaissance de l'heure et celle de la position du soleil à cette heure précise. Grâce à une horloge interne très exacte et à une connaissance, fondée sur l'expérience, de la course quotidienne du soleil, ces deux conditions sont remplies. C'est ce que nous enseignent les expériences. Mais elles ne nous renseignent pas sur la nature et la qualité des impulsions psychiques sur lesquelles ces animaux ailés se fondent, pour se diriger d'une manière aussi efficace.» (K.VON FRISCH, voir bibliographie).  

*"Un cerveau d'abeille doit gérer la perception visuelle, et bien d'autres affaires encore : les mouvements du corps, la construction de la ruche, la vie sexuelle, la communication sociale... il dispose de 800.000 neurones qui pèsent, en tout et pour tout, un milligramme. Combien faut-il en rajouter pour loger une conscience ?" (Jacques NINIO , voir bibliographie)

NDLR : une ruche ? Si l'on compte 43.000 abeilles pour un essaim (expérience de Réaumur), cela représente un "cerveau" de 34 milliards et 400 millions de neurones ! Alors, pour une colonie entière au maximum de son développement... 

*"Il existe de nombreuses raisons de considérer la ruche et le nid de termites comme des organismes analogues à n'importe lequel des vertébrés complexes, mais nous nous heurtons toujours à la question d'identité." (Lyall WATSON- voir bilbiographie) 

*"Lorsque la récolte de miel est si abondante que les vaisseaux manquent, les abeilles allongent les anciennes cellules, ou bien elles donnent aux nouvelles des dimensions plus considérables que celles des alvéoles ordinaires. Leurs ressources, en l'art de bâtir, sont toujours au niveau de leur besoin. On ne peut donc pas dire que ces insectes font ce qu'ils ont toujours fait sans réflexion, sans calcul, sans intelligence" (Ernest MENAULT, voir biliographie) 

*"Nous sommes, par le nombre et la propriété de nos sens, bornés à être en rapport avec les seules combinaisons et modifications de la matière, dont l'ordre est relatif à notre conservation. Cette réflexion me porte à penser qu'il existe des animaux doués d'organes différents des nôtres, et dont les facultés les mettent en relation avec des matières d'un ordre différent de celles qui nous affectent." (F.A. MESMER, voir biblio) 

*LUBBOCK a pu dire que ce n'est point le primate (gorille ou chimpanzé) qui par l'intelligence se rapproche le plus de l'homme, mais l'abeille et par dessus tout la fourmi. (Jean de FEYTAUD, voir biblio) 

*Enregistrer les événements qui (compte tenu de la gamme des performances spécifiques) sont significatifs, les grouper en classes, selon leurs analogies ; associer ces classes selon les relations (de coïncidence ou de succession) des événements qui les constituent ; enrichir, raffiner et diversifier les programmes innés en y incluant ces expériences : il est douteux que ces fonctions résumées ci-dessus jouent un rôle important chez les animaux, à l'exception, peut-être, de l'abeille. (Jacques MONOD, voir biblio) 

*"Il devrait être entendu cependant que de parler des insectes en termes de psychologie humaine, comme j'ai eu le tort de le faire çà et là et l'aurais encore, c'est du pittoresque, de l'humour, de la plaisanterie, de la littérature...et non l'expression d'une réalité qui est impénétrable et, sans doute, le restera. "Psychologie animale" même est une expression qui ne convient pas." (Jules SAGERET, voir biblio) 

*Plusieurs averroïstes de la Renaissance, comme Cardan, voyaient dans l'instinct des animaux une participation à l'intelligence universelle. (Cyrano de BERGERAC) 

*L'abeille sent l'apiculteur qui a peur. C'est la frayeur odoriférante, même si celle-ci ne se manifeste pas extérieurement. 

*J-H.FABRE refusait la confusion entre les sociétés animales, celle des abeilles par exemple, et les sociétés humaines. Mieux, il voulut "laisser la parole à la bête, plus éloquente", pour contrecarrer des idées fausses (Alix DELAGE) 

*REAUMUR avait noté que les abeilles pouvaient commettre une erreur dans la construction d'une alvéole mais, dans ce cas, elles corrigent leur faute en modifiant les formes ou la longueur des arêtes voisines. (Alix DELAGE,voir biblio) 

Les belles images :

*L'abeille bourdonne jusqu'à ce qu'elle se pose sur la fleur. Dès qu'elle commence à sucer le miel, c'est le silence complet. Tant qu'un homme discute des doctrines et des dogmes, c'est qu'il n'a pas goûté au nectar de la foi véritable. Mais dès qu'il l'a goûté, il garde le silence (RAMAKRISHNA, in Th. MONOD, voir biblio) 

*E.L. BOUVIER fit une communication à l'académie des sciences (7 mai 1906) selon laquelle deux colonies d'abeilles avaient nidifié en plein air à Paris ; leur construction sur la fourche des arbres était tellement intelligemment élaborée que toutes les deux furent ensuite installées au muséum. (M.MAETERLINCK, voir biblio) 

*"L'esprit de la ruche , ce sont des tropismes ou des reflexes, réactions obligatoires inscrites dans le système nerveux de façon innée et dont l'infaillible succession en chaîne assure pièce à pièce un comportement adapté que l'insecte ne dirige nullement, ce sont des effets de masse spécifiques encore mal connus, des nourritures ou des hormones sociales" "La ruche peut sous certains aspects passer pour un super organisme possédant un milieu intérieur constant jamais soumis à une homéostasie sociale." (Paul CHAUCHARD , voir bibliographie) 

*L'allemand BETHE, de Strasbourg, après une étude longue et approfondie des fourmis et des abeilles décida qu'elles menaient une vie purement soumise aux reflexes, et accomplissent simplement comme des machines tous les actes qui paraissent si intelligents (HOWARD, voir bibliographie)  

*"L'insecte social, qui fournit les plus stupéfiants exemples d'intelligence spécifique, reste une unité biologique, un "individu". (Th.MONOD, voir biblio) 

*"L'idée que les abeilles fonctionnent une fois pour toutes comme des machines réglées à l'avance est entièrement fausse. En vérité c'est beaucoup plus compliqué. Nous avons à faire à un groupe social qui "connait" les difficultés et se révèle capable de résoudre les problèmes qui lui sont posés. Il ne s'agit donc pas d'un procédé lié "machinalement" à l'instinct, mais d'une activité d'un ordre supérieur. Je ne voudrais pourtant pas parler d'intelligence, car elle suppose beaucoup d'autres qualités."(Remy CHAUVIN) 

*"L'esprit de la ruche, cette chimère" "l'instinct c'est l'ombre formidable de l'infini sur nous" "L'abeille domestique et la fourmi possèdent, seules, un cerveau relativement lourd et sinué" (J.G.MILLET, voir bibliographie 2) 

*"Qu'est-ce donc que l'opposition entre l'intelligence et l'instinct ?*
 Une barrière que nous cherchons à briser comme toutes les barrières" (G.BOHN)

*Ce qu'il y a d'essentiel dans l'instinct ne saurait s'exprimer en termes intellectuels, ni par conséquent s'analyser - L'instinct est sympathie - (Henri BERGSON)

* Instinct : conscience collective, perception intuitive de l'ordre implicite (Pierre-Jean BERNARD , votre serviteur) 

L'abeille dans les langes !

Le caractère d'une abeille ne dépend ni de son ADN ni d'une imprégnation culturelle lorsqu'elle est adulte. Gene Robinson (université de l'Illinois) a constaté que c'était au stade larvaire que les abeilles acquièrent leur caractère. Mais pour l'instant le chercheur n'a pas découvert comment le mode opératoire des ouvrières agit sur les larves (revue "le point" nr. 2253)

Réflexion ? 

Pour éviter de se percuter à l'arrivée et au départ de la ruche au niveau du trou d'entrée, les abeilles sortantes marchaient plus haut le long de la face externe de la ruche tandis que celles qui arrivaient se posaient plus bas sur la planchette d'envol. (d'après J.K. KHALIFMAN) 

Griffin (1984) fait remarquer que si les animaux non humains ont une pensée consciente et des sentiments subjectifs, alors nous devrions être capables de nous en rendre compte en interprétant les signaux utilisés pour communiquer ces pensées et sentiments aux autres animaux. En ce qui concerne les insectes, des données indiquent que ces animaux, en particulier les insectes sociaux, communiquent de manière réfléchie. Jeffrey A.LOCKWOOD 

Mr. Ed.PERRIER indique que "L'intelligence apparaît déjà dans une foule d'opérations des abeilles et se montre éclatante chez les fourmis". Il serait très embarrassant d'avoir à citer un certain nombre de traits d'intelligence chez l'un ou l'autre de ces insectes sociaux. (in Ch.FERTON, voir bibliographie 2) 

"Konrad (LORENTZ) prétend que la psychologie humaine a beaucoup à apprendre de la psychologie animale et qu'il n'y a pas de différence sensible entre ces deux branches de la science." (Alec NISBETT in Konrad LORENTZ, voir bibliographie 2). 

"La science héréditaire de l'instinct est une des conceptions que les faits imposent, mais que certains se refusent encore à admettre parce qu'ils ne voient pas le moyen de l'expliquer par un mécanisme correspondant à la psychologie humaine. La Nature est-elle donc nécessairement enfermée dans les bornes de notre savoir ? L'intelligence humaine n'est-elle pas qu'une de ses mille émanations et est-il logique qu'un des éléments du contenu puisse et doive nécessairement concevoir tout le contenant ? (Maurice THOMAS , voir bibliographie 2). 

Une abeille qui mémorise le chemin d'un champ de fleurs à sa ruche commence par percevoir la réalité du trajet, puis par intégrer cette réalité dans ce qui constitue sa mémoire avant de faire ressortir l'information sous forme virtuelle (pensée) et de s'en servir pour ses besoins (José CITA, voir bibliographie 2) 

Psychisme collectif : 

Chez les insectes sociaux, abeilles, fourmis et termites, le polypsychisme n'a plus de substratum nerveux ni humoral. "L'esprit de la ruche" ou de la termitière est une réalité d'un autre ordre... Tout ce que nous pouvons dire, c'est que le comportement de l'insecte communautaire présente quelque ressemblance avec certains aspects de paranormal humain. (Robert TOCQUET, voir bibliographie) 

La mémoire des abeilles : 

"On avait posé en automne, du miel sur une fenêtre, les abeilles y vinrent en foule : on enleva le miel, et le contrevent fut fermé tout l'hiver ; au printemps suivant, lorsqu'on le rouvrit, les abeilles y revinrent, quoiqu'il n'y eût point alors de miel sur la fenêtre... un intervalle de plusieurs mois n'avait point effacé l'impression reçue" (François HUBER, in " nouvelles observations sur les abeilles " 1814) 
 

Abeille : un cerveau multitâche :

Au coeur de son cerveau de millimètre cube constitué de quelques centaines de milliers de neurones, l'abeille abrite des structures en forme de champignons : les corps pédonculés. Ils sont impliqués dans l'apprentissage et la mémorisation ; leur taille serait liée à la socialité des insectes et à la maîtrise d'un répertoire cognitif très étendu. Car l'abeille a plus d'un tour dans son sac, les chercheurs lui en reconnaissent même 59 !  ("science et vie" , mars 2011, nr. 1122) 

Oh ! Pau de sèn qu'emé l'escaupre
Furnant la mort, creson de saupre
La vertu de l'abiho e lou secrèt doù méu.

 

Oh ! Insensés qui, avec le scalpel
Fouillant la mort, croient savoir
La vertu de l'abeille et le secret du miel. 

F. Mistral in "Mireille" chant troisième.

Émotive :

Une expérience révèle l'émotivité de l'abeille, elle peut connaître un état anxieux. L'abeille peut manipuler des concepts abstraits, ce que l'on croyait réservé aux primates (Martin GIURPA,  "science et vie" , janvier 2013)

Le temps :

"Nous savons qu'une abeille bourdonne en volant. Et lorsque nous entendons le bourdonnement, nous voyons déjà en nous l'abeille... et nous la cherchons des yeux pour confirmer cette association dont le souvenir s'est ancré en nous.

Nous serions très surpris de voir, tout près de nous, une abeille voler silencieusement..."
(Sur les épaules de Darwin, les battements du temps" J-C.AMEISEN - LLL.France inter)

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Description : Macrophotos, observations et études sur quelques insectes de Provence.

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